22e Journée mondiale de lutte contre le paludisme : Accentuer les efforts pour une Afrique libre

Par Maryse ASSOGBADJO,

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7 avril : Une Journée mondiale de la Santé au ton graveL'Oms s'engage pour gagner la lutte contre le paludisme en comptant sur les efforts des Etats

L’Organisation mondiale de la Santé exhorte l’Afrique à accélérer les actions en faveur d’un continent libéré du paludisme. C’est ce qu’il convient de retenir cette année de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée ce lundi 25 avril. Le Bénin va renforcer son élan en vue d’enregistrer davantage d’acquis.

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Plus l’Afrique s’y met, mieux les impacts pourront se noter. L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) veut gagner la lutte contre le paludisme en comptant davantage sur les efforts des dirigeants du continent.
Le paludisme reste un problème majeur de santé publique et de développement en Afrique. Les femmes et les enfants de moins de cinq ans en sont les principales cibles. Les statistiques que rapporte Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique, permettent de mieux se faire une idée des défis.
« En 2021, environ 95 % des 228 millions de cas estimés ont été détectés dans la Région africaine de l’Oms, pour 602 020 décès ». Les indicateurs renseignent que les six pays les plus rudement touchés par cette endémie dans la région concentrent près de 55 % de la morbidité et 50 % de la mortalité imputable à la maladie dans le monde entier.
Le Bénin n’échappe pas à cette malheureuse réalité. Le Littoral et le Borgou figurent parmi les départements fortement touchés. Il ressort que les enfants de moins de cinq ans ont souffert « du paludisme dans des proportions respectives de 75,76 % et 96,5 % dans ces deux départements en 2020, révèle Akoko Dorothée Kindé Gazard, ancien ministre de la Santé et professeur titulaire de parasitologie-mycologie au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu), faisant référence à une étude du professeur Ogouyémi Hounto et ses collaborateurs.
La barre peut être redressée à condition que les stratégies soient bien peaufinées pour mieux amortir le choc. D’où le thème de la présente journée qui met l’accent sur « les solutions innovantes pour réduire la charge de la maladie et sauver des vies ».
Il s’agit d’un appel à intensifier « d’urgence l’innovation et le déploiement de nouveaux outils dans la lutte contre le paludisme tout en plaidant pour un accès équitable à la prévention et au traitement de la maladie, dans le contexte du renforcement de la résilience des systèmes de santé », peut-on lire sur le site de l’Oms.
L’investissement et l’innovation en vue de nouvelles approches de lutte antivectorielle, de nouveaux produits de diagnostic, de nouveaux médicaments antipaludiques sont également encouragés en vue d’accélérer les progrès.

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Actions

Au-delà de cet appel, la ligne de conduite à suivre cette année pour réduire la maladie tiendra également compte d’une série d’actions de terrain. « Nous devons travailler sur la résistance aux médicaments et aux insecticides, et nous concentrer sur les nouvelles souches de paludisme qui apparaissent dans la région et s’avèrent plus difficiles à détecter et à traiter », recommande Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique.
Elle exhorte les pays à consolider les avancées réelles en ce qui concerne les campagnes de chimio prévention du paludisme saisonnier dont les résultats ont permis de protéger 11,8 millions d’enfants supplémentaires en 2021.
Toutefois, l’éradication du paludisme n’est pas seulement une affaire de médicaments encore moins de procédés techniques. C’est pourquoi la prise en compte des préoccupations des communautés susceptibles de contribuer à la lutte ne doit pas être banalisée.
Le défi pour les décideurs cette année sera de maintenir leur engagement contre ce mal tout en soutenant un investissement continu dans la lutte.
La Journée mondiale de lutte contre le paludisme est l’occasion de souligner la nécessité d’investissements continus et d’un engagement politique durable en faveur de la prévention et de la lutte contre le paludisme.
Le Bénin est appelé à préserver ses acquis avec une attention particulière sur les cibles les plus jeunes et infantiles et en ayant aussi constamment à cœur l’assainissement des zones humides et insalubres, souvent propices au développement des larves.