30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant: Le Bénin renouvelle son engagement aux côtés de la communauté internationale

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant: Le Bénin renouvelle son engagement aux côtés de la communauté internationale


Le Bénin, à l’instar de la communauté internationale, célèbre le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant. Le pays s’engage à offrir les mêmes droits et les mêmes chances à tous les enfants. Cet engagement s’est matérialisé par la signature de ladite convention par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, ce jeudi 21 novembre à Cotonou.

LIRE AUSSI:  Reddition des comptes dans le secteur de la santé : Des échanges entre coordonnateurs de projets et usagers

Le Bénin s’associe à l’élan mondial dans le cadre du 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant (Cde). L’évènement offre l’occasion à l’Unicef, au gouvernement et aux acteurs de la protection des enfants à divers niveaux d’évaluer le chemin parcouru, de faire des projections pour le futur et de prendre de nouveaux engagements vis-à-vis des enfants.
« Une nation qui ne s’intéresse pas à la place qu’elle réserve à l’enfance, se condamne à l’égoïsme… ; de ce fait, la situation de l’enfant resterait fragile, voire précaire. Elle subirait le contrecoup des tensions et contraintes de la vie moderne », relève le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané.
Depuis 1989, que d’actions
réalisées en faveur des enfants! «Depuis sa ratification par le Bénin en 1990, la Cde a contribué à transformer la vie des enfants». Le représentant résident de l’Unicef, Claudes Kamenga, apprécie le chemin parcouru : « Nous pouvons nous réjouir des nombreux progrès tels que l’amélioration du cadre légal et juridique, la réduction de moitié du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, l’amélioration de l’accès à l’éducation primaire en particulier pour les filles, avec un taux brut de scolarisation de 50 % en 1990 à 117 % en 2018 ; l’augmentation du taux d’enregistrement des naissances de 60 % en 2006 à 86 % en 2017».
Ces acquis n’ont pu combler toutes les attentes des enfants. « Plusieurs enfants continuent encore de mourir de maladies évitables, de souffrir de malnutrition chronique, d’être hors de l’école, de vivre dans la pauvreté, et de subir des violences de tous genres », relève-t-il.

LIRE AUSSI:  Reddition des comptes dans le secteur de la santé : Des échanges entre coordonnateurs de projets et usagers

Diagnostic accablant

Le tableau que peint la ministre en charge du Travail, Adidjatou Mathys, relativement au travail des enfants est accablant : «Le travail des enfants mérite notre attention au regard des taux inquiétants qu’on continue d’enregistrer dans certains secteurs tels que le secteur agricole avec un taux de prévalence du travail des enfants de plus de 60 % comportant 72 % des travaux dangereux. Les mines, les Btp, le tourisme et l’hôtellerie et le transport avec des taux encore supérieurs à 50 % ».
La situation interpelle et elle y travaille sérieusement. « J’ai déjà engagé les responsables au plus haut niveau de mon département ministériel et le consensus s’est déjà réalisé sur le déclenchement, à compter de 2020, des actions plus hardies pour renverser dans les meilleurs délais ces tendances conformément au nouveau plan d’action de lutte contre les pires formes du travail des enfants », rassure-t-elle.
Sa collègue des Affaires sociales, Véronique Tognifodé Méwanou, prend également la mesure des défis. « Mon département ministériel prend la mesure de l’immensité de la tâche qui nous incombe. C’est pourquoi, il s’investit dans la vulgarisation du Code de l’enfant pour mieux faire connaître leurs droits. Des actions majeures sont en cours, à savoir le renforcement du système de protection de l’enfant aux niveaux national, départemental et communal, la poursuite de la sensibilisation de toute la population aux dispositions du Code de l’enfant en matière du travail des enfants, le renforcement du système éducatif, la généralisation et l’amélioration des cantines scolaires, le renforcement de la prise en charge institutionnelle des enfants », confie-t-elle.
Mais pour que le pari soit efficacement gagné, les acteurs doivent avant tout tenir compte des doléances des enfants. «Nous rêvons d’un Bénin où les auteurs des violences sur les enfants sont sanctionnés, où tous les enfants sont protégés contre toutes les formes de violences, où les lois et les textes sont appliqués sans faille, la gratuité de l’éducation est une réalité pour tous les enfants et où les communes votent une ligne budgétaire pour appuyer nos initiatives…», souhaite Luc Agbidimè, enfant-maire de Bohicon.
Les regards sont tournés pour l’après 30 ans de la Cde, en vue des progrès plus remarquables en faveur des enfants.