30e édition de la Journée de l’enfant africain: Soutenir une justice adaptée

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Victimes innocentsDisputes au sein des ménages

Le monde entier a célébré les enfants d’Afrique en ce 16 juin. C’est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto par le régime de l’apartheid. Ceux-ci manifestaient pacifiquement contre une loi d’éducation discriminante en 1976.
Cette année, la crise sanitaire n’a pas permis une célébration de masse. L’évènement a été marqué au niveau continental par un webinaire, afin d’examiner les éléments d’un système de justice adapté aux enfants. La rencontre virtuelle entre les acteurs de défense des droits des enfants au plan africain a permis également d’apprécier l’application d’une approche fondée sur les droits de l’enfant comme instrument visant à favoriser l’accès des enfants africains à un système de justice qui réponde à leurs attentes.
Il s’agit également de créer une «plate-forme de dialogue entre les enfants, les décideurs politiques, les organisations travaillant sur les droits des enfants et les universitaires sur les principaux défis à relever pour garantir l’égalité d’accès à une justice adaptée aux enfants sur le continent ». Cet outil encourage le partage d’expériences où les initiatives inspirantes en faveur des enfants sont identifiées.
Au-delà de la question de l’accès à la justice, la commémoration de la Journée de l’enfant africain (Jea), cette année, interpelle les Etats sur la préoccupation raciale qui nourrit l’actualité mondiale ces derniers jours, notamment avec les bavures policières américaines sur des noirs.
« Bien au-delà des États-Unis, le racisme semble structurel. Sur tous les continents et même en Afrique, de nombreux noirs doivent constamment justifier leur raison d’être sur la terre bien que tous s’accordent à admettre que l’Afrique est le berceau de l’humanité et qu’il n’y a qu’une seule race, celle des humains», relève Médard Sané, prêtre jésuite du Burkina Faso.
Son analyse est d’autant plus logique que les enfants sont soumis à plusieurs types de violences sur le continent. Le Bénin ne fait pas exception à la règle. Le cas le plus récent dans le pays est relatif à l’assassinat de Gracia Prunelle, une fillette de 7 ans, froidement abattue en février dernier. Qu’on le veuille ou non, le verdict rendu dans cette affaire ne ramènera plus jamais en vie la victime. Les meurtres et autres crimes odieux continuent malheureusement d’être commis sur des enfants.
Selon Médard Sané, outre la conciliation de la tradition et de la modernité, l’Afrique doit miser sur l’éducation en vue d’honorer la mémoire de ses enfants martyrs. « Les Africains doivent s’armer de puissance spirituelle, anthropologique, scientifique et économique. Celle-ci passe par la ‘’purification’’ des religions importées mais également la conjugaison des sciences modernes avec les mystères des bois sacrés», indique-t-il.
Pour sa part, le Bénin s’évertue au quotidien à faire du respect des droits des enfants la chose la mieux partagée.

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