31e Journée de l’enfant africain: Sos Villages d’enfants Bénin préoccupé par la situation des enfants

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Des enfants présents à cette célébration

La ville de Glazoué dans les Collines a accueilli, mercredi 16 juin dernier, les manifestations marquant la célébration de la 31e Journée de l’enfant africain. Organisée par Sos Villages d’enfants en partenariat avec d’autres organisations, cette célébration a été surtout l’occasion pour les enfants de rue et autres orphelins de faire un plaidoyer à l’endroit des autorités représentées par le préfet des Collines, Saliou Odoubou.

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La 31e édition de la Journée de l’enfant africain est placée sous le thème « 30 ans après l’adoption de la charte : accélérons la mise en œuvre de l’agenda 2040 pour une Afrique digne des enfants ».
Lors de la célébration, les enfants, par la voix de leur porte-parole, Elisabeth Gbadja, élève en classe de 1re, ont peint un tableau qui n’est pas trop reluisant. Beaucoup continuent de subir quotidiennement les affres de la vie de la part des parents et autres adultes. Ils sont par milliers dans les rues, la maçonnerie, les marchés, les ateliers, les champs et bien d’autres encore subissent silencieusement les abus sexuels. Pour les enfants, le monde reste encore redoutable. Et c’est un devoir d’évaluer, chaque 16 juin, la situation pour connaître les avancées comme les reculs en matière de la protection des enfants.
Schadrac Agbato, chef d’orchestre des manifestations, rappelle que le but visé par Sos Villages d’enfants est d’améliorer de manière considérable la situation des enfants qui ont perdu la prise en charge parentale ou qui risquent de perdre l’environnement familial. Et en la matière, Sos Villages d’enfants, une organisation à but non lucratif, et qui ne vit exclusivement que de dons, prend en charge au Bénin plus de 2 000 enfants répartis dans ses centres d’Abomey-Calavi, de Dassa-Zoumé et de Natitingou. Un grand effort surtout quand on sait que la crise sanitaire a des effets drastiques sur la mobilisation des ressources.

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Des droits et du bien-être de l’enfant

Tour à tour, Louis Gnansounou de Plan Bénin, Pascaline
Fagninou-Gbaguidi de l’Ong Barcar et Moutcharaf Adiga Komanbani, directeur départemental des Affaires sociales, sont revenus sur l’historique et l’importance de cette journée célébrée chaque année en souvenir du 16 juin 1976 où des milliers d’étudiants sud-africains ont manifesté à Soweto (Afrique du Sud) pour exiger une éducation de qualité. Des centaines d’enfants ont été tués et blessés par le régime de l’apartheid en place à l’époque.
A la lumière du thème de l’édition 2021 de la journée de l’enfant africain, et au regard des difficultés auxquelles les enfants sont confrontés, le porte-parole des enfants,
Elisabeth Gbadja, plaide pour une application intégrale du Code de l’enfant. Une loi qui reste l’avancée majeure réalisée par le Bénin depuis la ratification de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant le 17 avril 1997. Abandonnés par leurs parents, un nombre de plus en plus élevé d’enfants errent dans la rue, sans que personne ne puisse prendre soin d’eux. On déplore aussi le décrochage scolaire massif des enfants en raison de la quasi-inexistence d’un système de protection des enfants les plus vulnérables. Il y a aussi l’inexistence d’un système formel de prise en charge des enfants ciblés par l’article 133 du code de l’enfant, c’est-à-dire les orphelins et enfants abandonnés ou sans référence parentale, pour ne citer que ces difficultés-là.
Répondant aux préoccupations des enfants, le préfet des Collines, Saliou Odoubou les a rassurés. Pour lui, les réformes entreprises par le gouvernement depuis 2016 améliorent au jour le jour, les conditions de vie des populations et par ricochet, celles des enfants, particulièrement les plus vulnérables.
Il reconnaît les efforts inlassables déployés pour le bien-être des enfants par Sos Villages d’enfants et les autres organisations de la société civile. Il promet de travailler dans les limites de ses prérogatives à la prise du reste des décrets d’application du Code de l’enfant, notamment les décrets visant les articles 174 et 178 et à veiller à la remise en selle du centre d’accueil et de protection des enfants du département des Collines. «Nul n’est au-dessus de la loi et nous allons nous conformer à la loi que nous nous sommes donnée», indique-t-il.
Pour l’heure, les enfants disent vouloir aussi grandir dans de bonnes conditions, pour être à l’âge adulte en capacité de contribuer au développement de leur pays. « Nous ne voulons pas être plus tard des problèmes pour notre société mais plutôt des hommes et des femmes en bonne santé et bien formés qui participent à la recherche de solutions aux problèmes qui vont se poser à la société demain. Aidez-nous à être les enfants que le code de l’enfant veut que nous soyons ! », implore Elisabeth Gbadja.
Avant cette célébration, le nouveau préfet des Collines s’est rendu avec sa délégation sur le site devant abriter le Centre d’accueil et de protection (Cape) de l’enfant des Collines. Un chantier abandonné depuis 2014.