3e sommet des AfricTivistes : des engagements pour contrer l’Infox

Par Fulbert Adjimehossou,

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3e sommet Afric Tivistes

Au troisième sommet des AfricTivistes qui s’est tenu, les 11 et 12 novembre à Abidjan, des engagements ont été pris pour contrer la désinformation et favoriser la souveraineté numérique.

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A l’heure du tout numérique, avec d’un côté une nouvelle colonisation des Etats et de l’autre les ravages de l’Infox, l’Afrique décide d’agir. Les AfricTivistes, une ligue africaine de blogueurs et de web activistes du continent, se sont engagés à Abidjan pour une utilisation responsable de l’internet.
Ainsi, contre la désinformation, la déclaration issue du 3e sommet d’AfricTivistes est sans ambages. « Nous affirmons avec énergie notre rejet de la désinformation et de tout discours de haine dans le cyberespace, toutes choses qui fragilisent le vivre-ensemble dans nos Etats et constituent autant de menaces pour la garantie de l’Etat de droit et de la démocratie », soulignent les participants.
Ces derniers entendent sensibiliser l’opinion publique au droit d’accès à internet, la souveraineté numérique et la protection des données. L’exercice va aussi cibler la jeunesse africaine sur l’utilisation responsable des outils du web 2.0 et les opportunités économiques qu’offre le numérique. Le fact-checking ou la vérification des informations qui circulent sur les réseaux sociaux est l’un des piliers sur lesquels journalistes et blogueurs comptent s’appuyer pour contrer la menace. Cependant, la collaboration entre ces différents acteurs n’y est pas encore. «Nous encourageons les acteurs de l’information que sont les blogueurs et les journalistes à constamment rechercher des cadres de collaboration formels ou informels afin de mettre en place des synergies d’actions pour faire face aux enjeux socio politiques des menaces du cyberespace », recommande la déclaration d’Abidjan.

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En quête de souveraineté

Au-delà du virus de l’Infox et de celui de la haine, la question de la souveraineté à l’ère du numérique reste préoccupante. Il y a lieu de rattraper les retards accusés par les Etats africains en matière de régulation et de gouvernance digitale, et d’harmoniser les législations dans les matières y afférentes, sous l’impulsion d’organisations régionales et continentales. Mais le plus urgent, c’est le combat à mener pour la souveraineté face aux risques de nouvelle dépendance. Puisque le continent affiche déjà une nouvelle carte aux couleurs des super puissances du numérique. « Nos maux d’hier constituent nos fardeaux d’aujourd’hui. Nos tares d’hier nous font subir les trois précédentes révolutions industrielles qui ont façonné le monde. Nous avons regardé les autres faire et nous dépendons de leurs technologies. Aujourd’hui, nous risquons de subir cette révolution numérique si nous commettons les mêmes erreurs », fustige Cheikh Fall, président des AfricTivistes.
Les dirigeants africains sont alors interpellés par les blogueurs, journalistes et web activistes du continent. A travers la Déclaration d’Abidjan, ces derniers se sont engagés à sensibiliser les pouvoirs publics africains à la nécessité de protection des données numériques nationales et les États à privilégier les expertises nationales dans la mise en place de politiques publiques numériques responsables. «Nous encourageons les Etats africains à collaborer avec les organisations de la société civile sur la collecte des données en plaçant celles-ci au cœur des processus d’élaboration des politiques publiques et ce, sur la base de règles éthiques », précise-t-on dans la déclaration. De son côté, la Banque africaine de développement, représentée à ce sommet par Luther Tarwin Yaméogo, veut accroître les investissements axés sur les technologies.

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