4e Conférence internationale des grands bassins fluviaux africains : la gestion des ressources en eau préoccupe

Par Ariel GBAGUIDI,

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4e Conférence internationale des grands bassins fluviaux africains

Des acteurs intervenant dans les domaines en lien avec l’hydrologie sont réunis à Cotonou, depuis ce mardi 16 novembre, dans le cadre de la 4e Conférence internationale des grands bassins fluviaux africains. Durant trois jours, ils vont échanger sur les problématiques de gestion des ressources en eau dans les grands bassins hydrologiques africains.

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Sans eau, pas de climat, pas de végétation et pas de trace de vie sur terre. Malheureusement, de nombreuses menaces pèsent sur les ressources en eau depuis plusieurs années, notamment en Afrique. C’est pour participer à la protection des ressources en eau et contribuer à la sécurité alimentaire en Afrique que des scientifiques intervenant sur les questions en lien avec l’hydrologie se sont retrouvés à Cotonou à la faveur de la 4e Conférence internationale des grands bassins fluviaux africains dont le thème est « Hydrologie des grands fleuves d’Afrique ».
L’objectif de cette conférence est de renforcer les capacités des techniciens et chercheurs de l’eau d’une part, et d’échanger sur les problématiques de gestion des ressources en eau d’autre part, dans les grands bassins hydrologiques africains. Dr Ernest Amoussou, coordon-nateur du réseau Friend Water, initiateur de cette biennale, souligne que le thème retenu cette année est très pertinent et d’actualité au regard des effets environnementaux globaux.
«… Si nous avons choisi de faire l’hydrologie des grands fleuves d’Afrique, c’est compte tenu des menaces du réchauffement climatique et de l’occupation anarchique au niveau de nos bassins versants », précise-t-il.
Carine M. N. Kelome, vice-recteur, chargée de la coopé-ration universitaire, se réjouit de la tenue de cette rencontre au regard de la vulnérabilité du continent africain face aux effets néfastes du changement climatique, malgré les efforts collectifs et individuels d’atténuation et d’adaptation.

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239 communications

Ainsi, durant les trois jours de travaux, 239 chercheurs présenteront les résultats de leurs recherches afin de promouvoir une éducation de gestion autour des bassins hydrologiques dans un contexte de changement climatique. Ces différentes communications tourneront autour de 11 sous-thèmes de recherches appliquées et fondamentales.
Pour atteindre les objectifs, les organisateurs ont structuré la conférence en deux phases à savoir : la phase des formations et celle des communications. Les participants seront outillés en hydrométrie et sur les mesures de bathymétrie et autres. Ils auront également droit à des formations sur l’hydrologie spatiale et l’utilisation des modèles Gr à des fins de développement opérationnel et des excursions témoins dans la basse vallée de l’Ouémé. Cette première phase de la conférence sera aussi consacrée à la formation des acteurs sur la thématique liée aux événements hydrométéorologiques et à la modélisation dans un contexte où l’accès aux données constitue un problème majeur.
« Au cours de cette conférence, des chercheurs et techniciens de différentes nationalités et spécialisés en hydrologie, en climatologie, en sciences sociales, en sciences économiques et autres sciences connexes présenteront des communications et partageront leurs connaissances et expériences sur la gestion des différents bassins hydro-graphiques d’Afrique. Les scientifiques aborderont également les approches de solutions de gestion des ressources en eau à travers la détermination du bilan de l’eau, la modélisation hydrologique et hydraulique, les effets des changements climatiques, les risques des inondations en milieux rural et urbain, la sécheresse, les problèmes liés aux activités humaines, les conflits autour de l’eau, les défis de mise en œuvre des Odd, etc. », indique le vice-recteur au sujet de la seconde phase.
Au total, une vingtaine de pays sont représentés, plus de 50 jeunes chercheurs et cadres techniques et des acteurs de la société civile africaine sont inscrits pour participer aux différentes formations. Les livrables de cette conférence seront publiés dans quatre revues scientifiques. Le vice-recteur Carine M. N. Kelome rassure les participants que les 239 chercheurs donneront le meilleur d’eux-mêmes pour un partage de connaissances dont les conclusions vont rehausser le niveau de développement des pays africains.

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Place à l’hydrologie africaine

Si les scientifiques du réseau Friend Water et leurs partenaires ont initié cette conférence, il y a environ dix ans, c’est aussi parce que l’hydrologie africaine est sous représentée dans les grandes réunions internationales. Pour Gil Mahé, coordonnateur des réseaux Friend intervenu par visioconférence, il est clair que l’hydrographie africaine mérite plus de place dans l’hydrologie internationale. Aussi, au cours de la rencontre de Cotonou, « nous allons pouvoir constater l’ouverture de l’hydrologie vers d’autres disciplines en particulier l’éco hydrologie et les sciences écologiques et sociales », informe-t-il tout en invitant ses collègues à poursuivre les collaborations dans toutes les directions où l’hydrologie peut avoir un impact. La particularité de cette 4e conférence, précise-t-on, c’est la parution, ce mardi 16 novembre, du livre rouge n°384 qui comporte 130 articles. La rencontre de Cotonou se tient grâce à l’appui de plusieurs partenaires dont l’Institut de recherche pour le développement (Ird).

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