50e Assemblées annuelles à Abidjan: La BAD gage sur l’avenir du continent

Par LANATION,

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Les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, démarrées hier mardi 26 mai à Abidjan, marquent en même temps le cinquantenaire de l’institution financière panafricaine. Le président de la République Boni Yayi a pris activement part aux réflexions qui proposent des pistes pour une croissance inclusive sur le continent africain.

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50 ans déjà que la Banque africaine de développement (BAD) est présente dans le quotidien des Africains à travers ses nombreuses réalisations. Deux illustrations au Bénin : la construction de la route N’Dali-Nikki-Tchikandou-frontière du Nigeria et le projet d’appui aux infrastructures agricoles de la Vallée de l’Ouémé (PAIAVO) portent la signature de l’institution financière panafricaine.

Retour à Abidjan

L’âge d’or de la banque, célébrée avec faste sur les bords de la lagune Ebrié à Abidjan, marque également le retour de la BAD en terre ivoirienne, 10 ans après son exil forcé en Tunisie, pour raison de crise. Abdallah Albert Toikeusse Mabri, ministre d’Etat ivoirien chargé du Plan et président du Conseil des gouverneurs de la BAD ne peut que s’en réjouir. «La BAD est de retour chez elle sur la terre qui a connu dès 1965, les balbutiements de son enfance, son adolescence difficile et son âge de maturité plein de certitude. Abidjan est content du retour de l’enfant prodige », évoque-t-il, remerciant au passage les autorités tunisiennes pour leur générosité à l’endroit de la banque qui a écrit une bonne page de son histoire au bord de la Méditerranée.
Donald Kaberuka, président du groupe de la BAD, qui boucle ses 10 ans de service à la tête de l’institution entrevoit l’avenir de la banque avec beaucoup d’optimisme. Pour lui, la solidité financière de la BAD ne fait plus aujourd’hui l’ombre d’aucun doute et ces dix dernières années, elle a pu s’affirmer comme une institution sûre sur laquelle l’Afrique devra s’appuyer pour relever les défis futurs. Les défis, Donald Kaberuka les perçoit sous le prisme d’un accroissement du financement des infrastructures d’intégration, du secteur privé et un renforcement de l’investissement dans le secteur TIC. «Nous devons construire le futur de la banque, renforcer le secteur privé, investir dans le secteur de l’énergie et des TIC», confie-t-il. Pour accompagner le continent dans cette perspective, la banque lance le concept Africa 50, avec l’ambition d’investir environ 750 milliards de francs CFA dans des secteurs névralgiques de l’économie africaine pendant un demi-siècle.

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Affronter les grands défis !

Les leaders africains adhèrent totalement à cette initiative.
«La BAD a contribué à la réduction de la pauvreté, de la dette, à l’amélioration des infrastructures, au renforcement des capacités, à l’intégration régionale, de l’amélioration des conditions d’accès à l’éducation et à la santé, l’agriculture, et au renforcement des capacités des entreprises », commente Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Pour lui, la célébration des 50 ans de la banque offre l’opportunité unique de se projeter dans le futur du continent africain. «L’Afrique regorge de talents et de ressources naturelles qui sont autant d’atouts que nous devons mettre à profit pour accélérer notre développement. Nous ne devons pas pour autant baisser les bras car les défis sont énormes et requièrent beaucoup plus d’efforts pour les affronter avec succès», assure-t-il. Le président ivoirien soutient que la BAD doit jouer un rôle déterminant dans la réalisation de ce pari. Il insiste qu’il revient aux Africains eux-mêmes de planifier leur développement afin qu’il soit mieux coordonné. Il défend la nécessité de se doter de moyens pour assurer de façon pérenne le financement des économies africaines. Alassane Ouattara se fait aussi le chantre de la promotion du secteur privé qui, à l’entendre, doit s’investir dans la croissance économique du continent. Les initiatives de partenariat public-privé qui se déploient un peu partout sur le continent, sont à saluer. Mais il conseille aux Etats de créer les conditions pour améliorer le climat des affaires. «Nous devons aller plus loin en accroissant la capacité de nos marchés de capitaux, ceci passe par un secteur boursier dynamique», martèle-t-il. Il préconise également une forte capacité d’adaptation au défi de la jeunesse du continent pour les 50 ans à venir, notamment en matière de formation professionnelle, pour permettre aux jeunes d’être mieux préparée pour affronter le marché de l’emploi.

L’énergie, un réel challenge

La question énergétique constitue un réel challenge pour le continent, rappelle le président de la République de Côte d’Ivoire. «L’ensemble de l’Afrique subsaharienne produit moins d’énergie qu’un seul pays européen. C’est inacceptable», se désole-t-il. Aujourd’hui, seulement 5% du potentiel hydroélectrique de l’Afrique est utilisé. Il urge, selon Alassane Ouattara, que le continent agisse pour renverser cette tendance qui plombe les économies africaines. «Il faut faire des propositions pour que l’Afrique gagne dans le nouveau paysage mondial. La BAD est le meilleur partenaire à même de réfléchir et de trouver les solutions avec nous», conclut-il.

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Boni Yayi prône un marché unique

La construction d’un marché unique semble encore utopique pour l’Africain lambda, souvent confronté aux difficultés de la libre circulation à travers le continent. Pourtant la question occupe une place de choix dans les foras présidentiels initiés par la Banque africaine de développement dans le cadre de ses assemblées annuelles. Et pour le président de la République du Bénin Boni Yayi, le marché unique est nécessaire si l’Afrique veut relever convenablement les défis qui sont les siens. « Pour nous, il y a nécessité d’aller à un marché unique pour améliorer nos capacités de production et profiter des économies d’échelle. Nous avons pris un bon départ avec les communautés régionales, il nous faut progresser pour parvenir au marché unique », soutient-il. Le processus de construction de ce marché unique suit bien son cours, selon le chef de l’Etat, qui indique que dès le mois de juillet prochain, les Etats africains vont se réunir en Ethiopie pour définir la feuille de route de la mise en place d’une zone de libre-échange au niveau des communautés régionales. «Nous sommes au-dessus de l’afropessimisme. Aujourd’hui l’espoir est permis pour le continent», insiste-t-il. Boni Yayi pense que la construction d’un marché unique doit être précédée d’investissements conséquents dans les infrastructures d’intégration. Les projets d’interconnexion routière et ferroviaire doivent être accélérés pour créer les conditions de facilitation des échanges entre les Etats du continent, propose-t-il.
L’intégration régionale figure dans la stratégie décennale de la BAD 2013-2022 comme l’un des axes prioritaires de la Banque et concourt largement à la concrétisation de la vision Afrique 2063.
Le forum sur le marché unique africain a permis de se pencher sur la façon dont l’Afrique répond au Programme de financement du développement post-2015 et les actions que la BAD met en œuvre pour aider le continent à atteindre les buts connexes. Il se tient en prélude à la troisième conférence internationale sur le développement qui aura lieu en juillet prochain à Addis-Abeba, en Éthiopie.

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BAD, partenaire financier de taille

Lorsqu’on revisite le parcours de la Banque africaine de développement, l’on mesure à sa juste valeur sa contribution au développement du continent africain. Entre 1967, date du début de ses activités et fin 2013, elle a approuvé, plus de 4 500 projets, pour un total de 118,7 milliards de dollars US.
La coopération entre la Banque africaine de développement (BAD) et le Bénin remonte à 1972. Les financements accordés par la BAD depuis lors s’élèvent à 709 millions d’unités de compte, soit près de 550 milliards FCFA. Ces engagements couvrent plusieurs secteurs d’activités, notamment les transports (27,8 %), l’agriculture (26,3 %), le social (15,8 %), l’électricité, eau, assainissement et communication (10,5 %), les finances (0,5 %), l’industrie (0,3%) et autres opérations multisectorielles (18,8 %).
Pour accompagner le gouvernement béninois dans la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté, le Groupe de la BAD a adopté, en septembre 2012, une stratégie d’intervention dans le pays qui couvre la période 2012-2016. Cette stratégie s’appuie sur deux axes, à savoir : le développement des infrastructures de soutien à la production et à la compétitivité, la promotion de la bonne gouvernance. La mise en place récente du Projet d’appui aux infrastructures agricoles de la Vallée de l’Ouémé (PAIAVO) répond donc à l’ambition de la banque de contribuer à la mise en place d’une croissance inclusive et durable.

Par Gnona AFANGBEDJI, Envoyé spécial à Abidjan