56e anniversaire du Bénin à la souveraineté internationale: Sobriété et modestie comme marque à Cotonou

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le Bénin se prépare activement pour marquer d’un sceau particulier, le 56e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Les différents corps qui traditionnellement étaient associés à ce rendez-vous annuel ne seront pas du reste cette année. Même si la Rupture a opté pour la sobriété dans les préparatifs sur le terrain augurent d’une célébration belle et impressionnante.

Au niveau des Forces armées béninoises (Fab), l’entrain du personnel rassure que le 1er août ne souffrira d’aucune faille. Comme à l’accoutumée, le défilé aura lieu sur le boulevard des armées. Dans ce cadre, explique le porte-parole des Fab et chef pôle logistique, le colonel Didier Ahouanvoédo, il y a des répétitions, depuis hier jeudi. Lesquelles prendront fin demain samedi 30 juillet, en vue d’une bonne préparation. Au menu de la célébration, les personnalités et autorités à divers niveaux et le public auront droit aux prestations des forces de défense et de sécurité, à savoir l’Armée de terre, la Gendarmerie nationale, les Forces aériennes et les Forces navales, pour le compte de la défense. En ce qui concerne les Forces de sécurité, le public suivra le défilé de corps constitués de la Police nationale et des autres forces assimilées à savoir les Douanes, Les Eaux, Forêts et Chasses.
A l’affiche, il est également prévu trois types de marches: la marche française, celle prussienne et les marches spécialisées qui regroupent celles des commandos parachutistes et de la Mante religieuse.
Le tableau des défilés ne sera pas trop garni cette année, même s’il s’annonce imposant. Contrairement aux années antérieures où la fête de l’indépendance est marquée par trois défilés, le tableau des prestations cette année en affiche plutôt deux: le défilé pédestre et celui motorisé. «Il n’y aura pas de défilé équestre cette année, conformément aux directives du Conseil des ministres qui voudraient que l’on limite certaines dépenses », annonce le colonel Didier Ahouanvoédo. L’exception cette année repose également sur l’absence des troupes étrangères, a-t-il ajouté. Aussi, le défilé motorisé ne connaitra pas la même envergure des années antérieures. Autant de modestie requise par le gouvernement de la Rupture pour limiter les dépenses faramineuses, explique le chef pôle logistique des Fab.
Pour le compte des célébrations annuelles, il est retenu un thème qui retrace l’atmosphère géopolitique et géostratégique du pays. Celui de cette année est intitulé «Rôle des forces de défense et de sécurité dans la consolidation du processus démocratique». Ce thème, explique le porte-parole des Forces armées béninoises, traduit l’engagement des personnels des armées à la consolidation de la démocratie, car, vante-t-il, «ce que le Bénin a de plus cher aujourd’hui est sa démocratie qui fait école sur le continent».

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Le choix de Cotonou

Les indiscrétions avaient laissé croire que Porto-Novo, la capitale administrative, abriterait les festivités marquant le 56e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Mais cette ambition ne sera concrétisée que les années prochaines, au regard du souci du gouvernement de ne pas ébranler les ressources financières du pays. Mais au-delà de ce paramètre, beaucoup d’autres critères entrent aussi en ligne de compte. Le choix de délocaliser la cérémonie officielle de Porto-Novo pour Cotonou émane du gouvernement sur la base des propositions formulées par les hommes en uniforme. Il se justifie par des raisons d’ordre sécuritaire et stratégique, au regard des menaces terroristes dans la sous-région.
«Nous avons expliqué les risques sécuritaires auxquels pourraient faire face notre pays, si la célébration venait à être célébrée à Porto-Novo, aux voix les plus autorisées, qui ont compris notre démarche, en délocalisant la fête à Cotonou», souligne le colonel Didier Ahouanvoédo. A l’en croire, les terroristes ne sont pas toujours des civils. «Les adversaires ne sont rien d’autres que les anciens militaires, radiés ou déçus de leur carrière, et qui connaissent les mêmes modes d’actions que ceux en activité ».
La célébration de la fête du 1er août à Cotonou cette année reste par ailleurs l’idéal pour éviter certaines irrégularités. Cette option, soutient le porte-parole des forces armées béninoises, permettra de limiter les tracasseries et d’éviter certaines situations malencontreuses. « Il n’y a qu’une seule porte d’entrée à Porto-Novo si l’on quitte Cotonou. Imaginez-vous l’embouteillage au niveau du seul pont qui relie Cotonou à Porto-Novo, lorsqu’il se produira le moindre incident», justifie-t-il.
Il est vrai que dans la plupart des pays du monde, la fête nationale se célèbre dans la ville capitale. L’objectif du gouvernement en portant premièrement le choix sur Porto-Novo vise donc à lui redonner son statut de ville capitale, a-t-il poursuivi.