6e édition du Festival Eclosions urbaines à Porto-Novo: Entre rénovation des places Vodun et développement du tourisme

Par Collaboration extérieure,

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Le Festival Eclosions urbaines initié par le Centre culturel, artistique et touristique Ouadada, s’attèle, depuis six ans, à sauvegarder et valoriser le patrimoine matériel de la ville capitale. Cette année, c’est la place Sakpata Dohami qui a été rénovée à l’occasion de ce grand rendez-vous culturel. Spectacles, ateliers, expositions et conférences-débats ont également meublé le programme de la 6e édition du festival, qui s’est déroulée du 1er novembre au 31 décembre 2020.

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Une place rénovée, pour Gérard Bassalé, directeur du Festival Eclosions urbaines, est comme un œuf qui a éclos. « C’est donc la vie qui éclot, c’est le patrimoine qui éclot… », explique ce dernier, très enthousiaste. Historien d’art de formation et grand passionné de la culture, Gérard Bassalé dirige depuis plus d’une dizaine d’années le Centre culturel, artistique et touristique Ouadada à Porto-Novo. L’idée de créer un festival qui valorise les cultes endogènes au Bénin est partie d’une étude scientifique qu’il a réalisée sur les places Vodun dans la ville capitale. D’après cette étude, la plupart des espaces publics de la ville de Porto-Novo sont en réalité des places Vodun qui appartiennent à des collectivités locales. Mais au fil du temps et avec l’urbanisation, ces places tendent à disparaître, emportant avec elles, aussi bien le patrimoine matériel qu’immatériel de la ville de Porto-Novo.
Le projet Eclosions urbaines, porté aujourd’hui par de nombreuses institutions partenaires telles que l’Agence française de Développement (Afd), l’Agglomération de Cergy-Pontoise, la Métropole de Lyon… ambitionne de rénover et de mettre en circuit touristique une série de vingt places Vodun à Porto-Novo. En six ans d’exécution des travaux, Sakpata Dohami est la neuvième place Vodun rénovée. Le site a été complètement transformé en l’espace de deux mois (novembre à décembre 2020) qu’aura duré le festival. L’assainissement de la zone d’une façon générale a été pensé. Plusieurs puisards ont été construits dans les maisons environnantes pour accueillir les eaux usées autrefois déversées ici et là dans la rue. Désormais, c’est un joyau patrimonial aux couleurs locales qui se dresse, majestueux, au milieu de la place à Houinmè Château. De quoi émerveiller les touristes en visite sur le site à Porto-Novo.

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« Asseoir le développement du tourisme sur le patrimoine Vodun »

« En rénovant les places, c’est une manière de donner l’opportunité aux touristes d’accéder au patrimoine Vodun très préservé », confie Gérard Bassalé. Le directeur du festival est convaincu qu’il faut plutôt s’appuyer sur ce patrimoine pour développer le tourisme au Bénin. C’est pourquoi, sur les espaces Vodun qu’il rénove, les touristes ont accès à toutes les divinités présentes : les Lègba, Tolègba, Dan, Sakpata jusqu’aux arbres sacrés. Ce qui permet par la même occasion de démystifier ce culte souvent mal perçu par les non-adeptes ou même pris pour de la magie noire par les occidentaux. Or, à en croire Gérard Bassalé, il n’en est rien. « Le Vodun est lié à la nature, à la forêt, c’est pour cela qu’on parle d’ailleurs de forêt sacrée. Donc le Vodun en fait, préserve l’environnement », explique l’historien d’art qui ne manque pas aussi de souligner la place importante de la femme dans ce culte.
C’est ce qui justifie, dira-t-il, le thème ‘’Femme et Pouvoir’’ choisi pour la 6e édition du festival cette année. A travers ce thème, les promoteurs du festival voudraient insister sur la place importante qu’occupe la femme dans le panthéon Vodun, contrairement aux religions monothéistes importées où les femmes sont écartées. Elles ne peuvent ni célébrer la messe, ni occuper des fonctions importantes. Or, dans le culte Egungun par exemple qui est le culte des revenants, c’est nécessairement une femme du nom de Iya Allatchè qui lance le rituel. Il en est de même pour le culte dans l’autel des morts appelé Yohô. Seule la « Tangni non » peut officier la messe et prier sur les « assins » qui sont en fait les symboles représentatifs des morts dans l’autel. Ce sont-là autant d’exemples que citera le promoteur culturel béninois pour démontrer le pouvoir de la femme dans le culte Vodun. De plus, il soulignera que 95 à 99 % des adeptes de la place rénovée Sakpata Dohami sont des femmes.
Outre la place Sakpata Dohami à Houinmè, les places jumelles à Adjina ont été également visitées par les douze artistes sélectionnés dans le cadre de l’édition 2020 du Festival Eclosions urbaines. Sur cette place, de part et d’autre des escaliers, ils ont créé de nouvelles œuvres qui resteront exposées comme à l’accoutumée, jusqu’à la prochaine édition du festival en 2021. Les autres activités qui ont meublé le festival cette année, concernent entre autres, les ateliers d’écriture de conte et de composition musicale, les spectacles, les conférences-débats, les vernissages et expositions. Y ont pris part les autorités locales, ambassadeurs, et autres figures du monde de la culture et du tourisme tels que Luc Raimbault, directeur de l’Office du tourisme de Cergy-Pontoise en France.

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Par Mariam TIKADA (Coll. ext.)