Abattage de palétuviers à Grand-Popo: Une atteinte à la réglementation

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Les palétuviers sont sous menace de destruction dans la commune de Grand-Popo. A l’origine de cet acte en contradiction avec la réglementation en vigueur et la décision du Conseil des ministres du 26 octobre 2016, un promoteur hôtelier qui a entrepris des travaux de construction au bord du fleuve à Louis-Condji dans l’arrondissement d’Agoué, selon nos sources. Les populations riveraines n’ont constaté les dégâts que plus tard.

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Les travaux de construction d’un hôtel à Louis-Condji, à Agoué, ont amené le promoteur à entreprendre la destruction d’une forêt de mangroves au bord du fleuve Mono qui sépare le Bénin de Kouvidonou, une localité du Togo. Cette espèce protégée par les textes, pour son utilité dans l’équilibre de l’environnement, a été abattue sur cent cinquante mètres de long et dix mètres de large. C’est le point de la destruction des palétuviers fait par un agent des Eaux, Forêts et Chasse, en service à Grand-Popo, il y a quelques semaines selon nos sources. Alerté, le maire de la commune de Grand-Popo a fait arrêter les travaux, mais depuis lors, la situation n’a pas évolué selon un agent en service à la mairie. Il est à noter que cette coupe de palétuviers a été réalisée en contradiction avec la décision du Conseil des ministres en date du 26 octobre 2016. Au titre des mesures d’interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et d’abattage des cocotiers dans la zone du littoral, le conseil a fait constater que la préservation des écosystèmes fait partie intégrante de la protection de l’environnement, du développement durable et de la promotion de l’écotourisme. Selon le relevé du même Conseil des ministres, une évaluation de l’état de certains écosystèmes au Bénin a révélé une dégradation avancée et une destruction des mangroves et des espèces qui y sont abritées.
A l’origine, l’exploitation incontrôlée du bois, l’érosion des berges des cours d’eau et l’urbanisation. « La dégradation des mangroves empêche la régulation et la stabilisation de l’environnement par l’absence du rôle tampon que ces dernières jouent à travers les bilans hydrique, nutritif, et de stabilisation du climat, etc.», a précisé le relevé du Conseil des ministres. Outre cet aspect important, la décision du gouvernement se fonde aussi sur le fait que les palétuviers ont une fonction de puits de carbone qui régresse, parce qu’il a été prouvé que cet écosystème fragile est celui qui capture le plus de carbone net, estimé à 100 kg par hectare par jour. « Au regard de cette situation préjudiciable pour la préservation de nos écosystèmes fragiles et le développement de l’écotourisme balnéaire, un des programmes phares du Programme d’action du gouvernement, le Conseil des ministres a réitéré l’interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et l’abattage des cocotiers dans la zone littorale », a précisé Pascal Koupaki, ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence dans un point de presse.
Dans la même perspective, le gouvernement a instruit le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale et celui du Cadre de Vie et du Développement durable aux fins d’accompagner les actions des préfets et des maires des zones concernées dans la sensibilisation de leurs populations contre la destruction anarchique des palétuviers dans les zones humides et l’abattage sauvage des cocotiers dans la zone littorale du Bénin. Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable a été également instruit à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d’étendre le « Projet de restauration du site RAMSAR 1017», développé avec la Fao, et couvrant les communes d’Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassé, Comè, Bopa et Grand Popo. Ce projet concerne notamment la mise en terre des plants forestiers à croissance rapide pour constituer une source d’énergie alternative pour les populations, afin de les détourner de la coupe des palétuviers et des cocotiers. Il vise également la restauration des mangroves par la plantation intensive de palétuviers. Du côté du gouvernement, toutes les dispositions sont donc prises pour protéger l’environnement, mais des citoyens font preuve d’une résistance qui le compromet.

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