Abdel Rahman Ouorou Barè, président du Comité national paralympique du Bénin: « Le handisport peut révéler le Bénin »

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Abdel Rahman Ouorou Barè, président du Comité national paralympique du Bénin

Le Bénin était présent au 3e Meeting international d’athlétisme de Marrakech au Maroc du 26 au 28 avril dernier à travers le handisport. Au terme de la compétition, Fayssal Atchiba, l’un des deux athlètes béninois, a remporté deux médailles en or sur 100 mètres et 200 mètres. Dans cet entretien, le président du Comité national paralympique du Bénin, Abdel Rahman Ouorou Barè, s’est réjoui de l’exploit des athlètes et a levé un coin de voile sur ce qui se fait au niveau du handisport pour le rayonnement du Bénin.

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La Nation : Le handisport béninois est honoré avec deux médailles en or au 3e meeting international d’athlétisme de Marrakech. Parlez-nous de cet exploit.

Ouorou Barè : Je vous remercie de cette opportunité que vous me donnez pour relayer l’exploit de nos deux ambassadeurs à Marrakech au Maroc. Au fait, le Comité national paralympique du Bénin (Cnp) a pris donc part au 3e meeting international d’athlétisme de Marrakech au Maroc, avec deux athlètes et un encadreur. Des deux athlètes, il y a un qui a pu rafler deux médailles d’or en 100 mètres et en 200 mètres. C’était important pour nous. Pour une première sortie, revenir au pays avec deux médailles d’or, c’était important. Donc nous remercions tous ceux qui ont permis cette participation. D’abord, le comité d’organisation qui nous a invités à ce meeting. Ensuite, les autorités ministérielles, notamment le ministre des Sports en personne qui, grâce à la subvention qui a été donnée à temps, nous a permis de supporter une partie des charges inhérentes à cette participation. Je remercie tout le comité exécutif fédéral du Comité national paralympique, toute la famille paralympique du Bénin, les coachs sans oublier les journalistes sans qui tout ce que nous faisons va rester entre les quatre murs.

Quelles ont été les difficultés de vos athlètes au cours de ce meeting ?

La problématique qui a été posée là-bas, c’était qu’un certain nombre de dossiers, notamment des dossiers médicaux des athlètes, a été demandé et là beaucoup de pays se sont retrouvés dans cette situation. Les organisateurs mêmes ont reconnu qu’il leur revenait lorsqu’il était en train d’inscrire les athlètes de demander à fournir toutes les pièces qu’il faut. Il n’y a pas eu de difficultés relatives à la qualité de l’organisation de ce meeting.
Pour nous, l’essentiel, c’est d’avoir participé et d’avoir pu engranger deux médailles. Ça veut dire que sur le plan international, notamment au niveau de la communauté internationale Handisport, on peut aujourd’hui parler d’un Béninois qui a pu avoir deux médailles à un meeting. Il y a d’autres meetings qui viennent et il nous revient de faire le travail qu’il faut et de repérer la qualité, la compétence qu’il faut pour faire représenter notre pays par des qualités, des gens qui sont à même de nous ramener des médailles et de permettre aux sportifs de voyager lorsque le sport est en jeu. Il ne nous revient pas en tant que président ou membres du Cef de suivre les athlètes, nous sommes administratifs. Si un athlète voyage, s’il y a deux places, il faut que l’athlète et son coach personnel voyagent. C’est vrai que nous avons eu de difficulté pour avoir le visa pour celui qui est médaillé. Mais lorsqu’on a saisi le consul du Maroc pour lui expliquer les tenants et les aboutissants de cette participation et de l’intérêt que tire le Cnp à y participer, il a rapidement donné le visa à Fayssal. S’il n’était pas parti, on n’aurait pas eu de médaille. Mais puisque Dieu avait voulu, il a facilité l’obtention en dernière heure de ce visa-là.

Dans un contexte où le gouvernement veut révéler le sport en général au monde entier, comment percevez-vous cet exploit de vos athlètes ?

C’est un exploit qui montre que lorsque les autorités nous font confiance, nous allons apporter des résultats. Lorsqu’on nous a permis d’aller participer avec des athlètes valeureux, voilà les résultats. Par le passé, c’est beaucoup de fédérations qui sont concernées. Vous savez, la sélection se fait souvent dans des conditions peu orthodoxes. Lorsque vous envoyez quelqu’un qui ne s’est pas entrainé alors qu’il veut aller en compétition, il n’y a pas de miracle. Donc, c’est le travail d’abord et le reste vient après. Voilà autant de révélations qui nous permettent aujourd’hui de montrer à la communauté nationale que le handisport peut révéler le Bénin. Vous savez, il y a beaucoup de pays dans la sous-région notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigéria qui ont déjà eu de l’avance en matière de handisport parce que les autorités ont placé ce sport à la place qu’il faut. C’est un puissant moyen d’intégration et d’inclusion pour les handicapés. Avec le handisport, on peut parler du Bénin et, par voie de conséquence, nous allons contribuer au développement du sport béninois.

Comment se porte le mouvement paralympique aujourd’hui au Bénin ?

Au niveau du mouvement paralympique, nous évoluons avec des difficultés d’ordre matériel. La plupart de nos disciplines se pratiquent avec des matériels qui coûtent cher. Quand vous prenez le basketball, un fauteuil roulant professionnel, ce n’est pas moins de 8 millions F Cfa. Mais nous ne demandons pas aux autorités de nous acheter dix fauteuils de basketball professionnels. Nous encourageons juste les autorités à avoir plus d’égard. Ils ont déjà commencé avec cette subvention qui est arrivée très tôt et qui est en hausse. Notre souhait est que d’année en année, la subvention augmente pour permettre au Cnp de faire face aux multiples implications financières et de dépenses. Voilà donc la recommandation fondamentale que je tenais à à l’endroit des autorités politico-administratives de notre pays faire, au nom du Comité national paralympique.

Quel est donc l’accompagnement du gouvernement et spécifiquement que souhaitez-vous pour plus de résultat ?

Le gouvernement est en train de jouer sa partition. Le fait d’abord de nous faire obtenir la subvention à temps, c’est déjà un grand pas, parce que sans argent nous ne pouvons rien. Maintenant avec la subvention qui est disponible, nous allons mettre en œuvre notre plan d’action. Notre souhait est que, pour les fois à venir, la subvention soit augmentée parce qu’au Cnp nous avons toutes les disciplines Handisport. Il y a le basketball fauteuil roulant, toutes les disciplines d’athlétisme pratiquées par les personnes handicapées, le goal-ball ; un football joué par les personnes déficientes avec les personnes aveugles, le badminton, le tennis de table en fauteuil roulant, le lancer de javelot, de poids, de disque. Bref, toutes les disciplines sportives qui existent mais pratiquées dans des conditions de handicap. C’est une grosse mission que nos mandants nous ont confiée. Et avec la subvention, il va s’en dire que le gouvernement ne peut pas à lui seul tout faire. C’est le lieu de sensibiliser les sponsors qui font vivre le sport même à l’international. J’invite aussi les personnes handicapées qui ne font pas encore le sport à venir grandir la maison handisport béninois. Merci au ministre des Sports pour son soutien. Je salue également la mémoire de notre secrétaire général Ferdinand Adéchi qui nous a quittés à la veille du départ des athlètes.

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