Abdoul Malik Séibou Gomina, maire de Djougou: « Ma priorité, c’est l’école »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Abdoul Malik Séibou Gomina, journaliste de profession, porte le rêve du développement de la commune de Djougou. Docteur en communication environnementale, le nouveau maire de la cité des Kpétoni, entend favoriser l’accès aux services sociaux de base, avec un point d’honneur sur l’éducation. Il nous parle ici de ses priorités et des stratégies de mobilisation des ressources pour concrétiser ses ambitions.

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La Nation : Monsieur le maire, quelles sont vos ambitions pour la commune de Djougou ?

Abdoul Malik Séibou Gomina : La première des priorités, c’est l’école. Vous savez que c’est du ressort de la mairie, l’école primaire. Notre souci, c’est comment faire pour que nos enfants puissent aller à l’école dans de meilleures conditions, parce que le taux de déperdition est très élevé dans la commune de Djougou.
Ensuite, il y a l’électrification et l’eau. Dans le monde d’aujourd’hui, il est inconcevable dans une grande agglomération comme celle de Djougou qu’il y ait de quartier de ville sans énergie et sans eau, parce que l’extension des réseaux conventionnels n’a pas atteint ces quartiers-là.

Docteur en communication environnementale, l’assainissement fait certainement partie de vos priorités aussi …

Cela va de soi. C’est une priorité évidente, parce que tout ce que nous envisageons ne peut se faire que dans un cadre de vie sain. L’assainissement est indéniable, la question ne se pose même pas. Nous comptons impliquer tout le monde pour que nous vivions dans un environnement sain. On peut être pauvre mais propre. Nous avons commencé à sensibiliser pour que les populations comprennent l’enjeu. Plus elles seront propres, moins elles dépenseront dans les soins de santé et le traitement des maladies. Et ainsi, elles pourront économiser des ressources pour pouvoir assurer la scolarité des enfants.
La question de l’environnement est une question transversale qui est même la base de toute action de développement. Là-dessus, c’est une question de principe pour moi parce que j’ai fait ma thèse sur la gestion des déchets et donc déjà, j’ai saisi l’université d’Abomey-
Calavi (Uac) pour demander un partenariat avec le centre Valdera, afin qu’ensemble nous puissions voir comment gérer la question de l’insalubrité, des ordures à Djougou. Nous espérons aussi qu’après les communes du Grand Nokoué, que le gouvernement central pense aussi aux grosses agglomérations comme Djougou sur la gestion des déchets.

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Comment comptez-vous mobiliser les ressources pour concrétiser ces rêves ?

Nous voulons œuvrer à ce que la diaspora de Djougou qui est très nombreuse puisse contribuer au développement de la commune comme cela se passe ailleurs. Dans la région de Kayes par exemple au Mali, ce sont les émigrés qui contribuent énormément au développement de cette région. Nous pensons amener la diaspora à y participer activement. Cela passe par des projets intégrés à travers lesquels ils se sentiront en confiance.
Outre l’appel à la diaspora, nous travaillerons à ce que l’assiette fiscale soit élargie, non pas pour asphyxier la population. Djougou,
c’est la troisième commune du Bénin en termes de population, mais nous n’allons pas faire de l’impôt sur les individus mais plutôt sur les activités, sinon très vite on va devenir impopulaire. Nous ferons en sorte que les gens puissent véritablement participer ;
au niveau du régime foncier urbain, que les gens puissent participer tant pour le foncier bâti que pour le foncier non bâti.
Ensuite, étant une commune de production de produits tropicaux, nous allons faire en sorte que la taxe de développement qui est très faible, soit mieux recouvrée. Nous prendrons le temps de faire des études sérieuses pour que les ressources soient effectivement mobilisées et qu’elles puissent véritablement impacter la commune.

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Quelle place à la gestion participative ?

Si ce n’est pas de façon participative, nous aurons une victoire à la Pyrrhus et cela ne va pas durer longtemps. Si la population comprend mieux son rôle et pourquoi et comment sont gérées ses ressources, elle participera davantage au développement de la commune. Une fois rassurée que sa participation va vers la satisfaction de ses attentes et le développement, l’adhésion se fera. C’est quand les gens ne sont pas sûrs que le dernier kopeck est géré de façon optimale, qu’ils sont réticents à participer.