Abdoulaye Bio Tchané à propos des négociations gouvernement-syndicats: « La bonne foi du gouvernement ne souffre d’aucune ambiguïté »

Par Didier Pascal DOGUE,

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Abdoulaye Bio Tchané à propos des négociations gouvernement-syndicats

Le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a rassuré, ce jeudi 15 mars à Cotonou, de la main tendue et de la bonne foi de l’Exécutif dans le cadre des négociations avec les centrales et confédérations syndicales. C’est à travers une déclaration de presse faite au ministère des Affaires étrangères, en présence de ses collègues en charge du Travail, Adidjatou Mathys, et de la Santé, Alassane Séïdou.

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« Le gouvernement, convaincu que seul le dialogue permettra de satisfaire les différentes revendications, les y invite instamment et rassure les populations que sa main tendue et sa bonne foi ne souffrent d’aucune ambiguïté », a déclaré, ce jeudi, le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. C’est la raison pour laquelle, justifie-t-il, le gouvernement lance un appel solennel, républicain et patriotique à tous les travailleurs du Bénin en grève, afin qu’ils reprennent le travail, dans l’intérêt supérieur de la nation. Il a, dans sa déclaration, invité les écoliers, élèves et étudiants à reprendre le chemin des classes et a convié les parents d’élèves à les accompagner dans ce sens.
« Le gouvernement du président Patrice Talon rassure l’ensemble du peuple béninois, de son engagement à apporter des solutions pertinentes aux préoccupations des travailleurs, dans la limite des ressources de la Nation et dans l’équité vis-à-vis de toutes les couches de la société », a souligné Abdoulaye Bio Tchané.
Faisant la genèse des pourparlers, le ministre d’Etat a rappelé que c’est depuis le 16 janvier 2018 que les syndicats de l’éducation, de la santé et de la justice soutenus par les centrales et confédérations syndicales ont déclenché un mouvement de grève de 72 h qui est passé plus tard à 96 h par semaine.
Le gouvernement privilégie le dialogue en toute circonstance selon sa logique, affirme-t-il. Plusieurs rounds de discussions se sont tenus avec les partenaires sociaux dans le souci de trouver une issue rapide pour éviter la paralysie de l’Administration publique et des différents secteurs sensibles du pays. Il n’a pas occulté la rencontre du 6 février dernier au palais de la Marina où le chef de l’Etat avait réaffirmé la disponibilité du gouvernement à appliquer tout accord qui ferait l’objet de consensus.
« Nonobstant ces différentes rencontres, les partenaires sociaux ont suspendu leur participation au dialogue social le 22 février dernier en faisant du reversement des défalcations opérées pour fait de grève illégale, un préalable à leur participation aux négociations », a rappelé le ministre d’Etat. Malgré le durcissement de ton, le gouvernement, relève-t-il, a maintenu sa main tendue, en appelant à plusieurs reprises les partenaires sociaux à revenir à la table de négociations.

Blocage inattendu

Ces dernières, rappelle-t-il, ont repris sans préalable le 13 mars avec beaucoup d’espoir, d’ouverture d’esprit et de flexibilité avec six centrales et confédérations syndicales. A ce niveau, s’est-il réjoui, des avancées significatives ont été enregistrées sur la plateforme revendicative des syndicats, notamment dans le secteur de l’éducation : six arrêtés d’application des statuts particuliers des enseignants sont prêts et les montants de la prime de craie et celui des indemnités de documentation ont été relevés,des avantages appréciés par les partenaires sociaux, apprécie-t-il.
L’incidence financière induite de l’application desdits arrêtés fait, selon le ministre d’Etat, plus d’un milliard de francs pour 2018 et 1,5 milliard pour 2019.
Pour permettre la levée des motions de grève, selon le ministre d’Etat, il a paru utile de rédiger un relevé de conclusions des discussions. « A notre grand étonnement, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales ont indiqué, mercredi 14 mars, que la rétrocession des défalcations opérées sur salaires pour fait de grève est une «question préjudicielle « à la reprise du travail dans les administrations publiques », déplore Abdoulaye Bio Tchané. Il s’agit là d’une position surprenante, car justifie-t-il, on ne peut faire d’une condition préjudicielle ce qui n’est pas un droit. Cependant, indique le ministre d’Etat, la délégation gouvernementale a proposé aux partenaires sociaux qu’elle soumettra au Conseil des ministres cette requête sur les défalcations, une fois la reprise constatée. Ce que les responsables des centrales et confédérations syndicales n’acceptent pas. Vivement le bout du tunnel pour le bonheur des élèves et étudiants et le dégel de la tension sociale.

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