Abrogation du décret n° 2018-341 du 25 juillet 2018: Sens et portée d’une décision

Par Paul AMOUSSOU,

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Il était légitime pour le chef du gouvernement d’intervenir, en réaction à la rebuffade relevée, face aux tollés constatés suite aux nouveaux tarifs de forfait internet mis en œuvre par les opérateurs Gsm. C’est du reste une traduction du serment prononcé par le président de la République : « ….de consacrer toutes nos forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale…».
Certes, comme dirait le général De Gaulle, on ne gouverne pas les yeux rivés sur la rue, en fonction des sautes d’humeur de l’opinion qui, d’ailleurs comme l’on sait, est versatile et n’est pas toujours consciente de ce qui est à son avantage. Autrement dit, une décision gouvernementale peut être diversement appréciée, voire impopulaire sans que le gouvernement concerné soit tenu de revenir là-dessus ! Et ce, malgré les récriminations. Sur ce registre, le président Talon a déjà donné, prouvant à satiété qu’il savait faire, Dieu seul sait, preuve d’autorité et de fermeté, au point même de se voir targué de « dictateur » par ses détracteurs.
De même, il est tout à fait naturel pour lui de lâcher du lest quand il le faut, de donner du mou lorsque la situation le requiert. C’est la fonction du père de famille également dévolue peu ou prou à un chef d’Etat. C’est le cas, avec cette affaire dite de ‘’forfait internet’’ qui défraye la chronique. Sans que les réels déterminants de cette affaire soient connus, l’opinion est allée dans tous les sens car frappée là où ça fait le plus mal, par les opérateurs Gsm qui ont revu à la hausse leurs tarifs de forfait internet, c’est-à-dire dans le porte-monnaie.
Tancé et accusé de tous les péchés véniels, le gouvernement ne pouvait rester inactif et atone. D’où l’initiative prise par le président Patrice Talon de prendre langue avec lesdits opérateurs afin d’y voir clair et d’aviser.
Révélation ! La décision prise par le gouvernement de prélever une contribution sur la consommation des services électroniques fournis par les opérateurs Gsm est dictée par un impératif : celui de compenser le manque à gagner provoqué par « l’explosion des usages tels que les services de contournement qui génèrent plus de trafic de données mais, paradoxalement, moins de recettes». Rien de plus légitime pour un gouvernement qui fait un tel constat de changer de fusil d’épaule pour conforter la Trésorerie nationale.

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Le gouvernement en soutien aux consommateurs

Cependant, le renchérissement des tarifs par les opérateurs Gsm, en réaction au décret n° 2018-341 du 25 juillet 2018 portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin, a fait tourner la mayonnaise. Et bien évidemment, les consommateurs n’ont pas manqué de donner de la voix. A qui doivent-ils s’en prendre ? Contre le gouvernement leur courroux ou contre les opérateurs Gsm dont les bénéfices (colossaux) ne seraient pas réduits à peau de chagrin pour si peu ? A chacun de se faire sa raison.
Il apparaît clairement, selon les termes du communiqué qui a sanctionné la rencontre de samedi dernier, que le gouvernement s’est fait le porte-voix des consommateurs, déplorant les conditions de mise en œuvre dudit décret, mise en œuvre qui ne relève pas des compétences du gouvernement, mais de la charge des opérateurs Gsm et hélas marquée par des difficultés techniques causant des désagréments aux consommateurs, le renchérissement des tarifs amenuisant le pouvoir d’achat des plus modestes…Un détail important dans le communiqué rendu public par l’Exécutif est celui relatif à l’entente que le gouvernement qualifie « d’illicite » relativement à la similitude des nouveaux tarifs présentés par les deux opérateurs…Preuve que le gouvernement tout comme les consommateurs sont les dindons de la farce ? Les jours à venir nous édifieraient davantage…

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