Accès à l’eau potable : Des défis subsistent

Par Fulbert Adjimehossou,

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Eau fraîche et transparente. Mais cette ressource n’est pas toujours à l’abri de polluants et bactéries. Raison pour laquelle, avant qu’une eau ne soit mise en consommation au Bénin, sa qualité doit être garantie.
« Une eau peut être très claire et être remplie de microbes. Une eau peut être apparemment colorée et ne pas du tout porter de microbes. Nous savons tous que le premier élément dangereux pour l’homme, c’est d’abord l’aspect microbiologique. Ils ont un effet immédiat. C’est pourquoi l’Oms dit que la qualité microbiologique est primordiale. Nous y veillons de façon pointue», rassure Calixte Akotegnon, chef du département qualité eau à la Soneb. C’était au cours d’un Café média Wash organisé, le 15 mars 2022, à l’intention du Réseau des acteurs des médias pour l’Eau et le Climat (Ramec-Bénin). En réalité, en milieu urbain et périurbain, c’est à cette société d’Etat qu’il revient de garantir l’accès à une eau de qualité aux populations. Mais il n’y a pas que cette structure qui fournit de l’eau à la population. Beaucoup d’acteurs privés s’invitent dans le secteur, de diverses manières. D’où le besoin d’une veille assurée par l’Agence nationale de contrôle de qualité des produits de santé et de l’Eau (Ancq). « Nous avons d’autres distributeurs et producteurs, que ce soit en sachets, en bidon que nous devons surveiller. En dehors de ceux-là, il y a le petit groupe, qui va capter la ressource et le mettre à disposition de la population. Ce sont des situations qui peuvent échapper au contrôle. Le dispositif du monitoring de la qualité de l’eau oblige toute personne qui fournit de l’eau à la population, c’est-à-dire à plus de dix personnes en dehors de son ménage, de s’assurer que cette eau est de bonne qualité », explique Constant Adandédjan de l’Ancq.

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La qualité à tout prix

Il est donc exigé des acteurs, un Plan de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau (Pgdsse) qui retrace tout ce que la structure doit mettre en œuvre pour veiller à la qualité de l’eau. Ces plans doivent être approuvés par le ministère de la Santé conjointement avec le ministère de l’Eau. L’Etat veille à ce que toutes ces dispositions répondent aux normes et standards définis. « Nous disposons d’un plan triennal de surveillance de la qualité de l’eau qui nous permet de parcourir les réseaux et de faire des contrôles. Dans ce plan, il n’y a pas que l’eau produite. Nous allons aussi dans les ménages prélever l’eau pour voir la qualité de l’eau consommée. Les résultats des analyses sont reversés à l’Agence nationale de soins de santé primaires qui va les utiliser pour accompagner les populations dans le maintien de la qualité de l’eau, depuis la source au lieu de consommation», fait-il savoir.
Mais au-delà de ce dispositif fait, entre autres d’inspections et d’audits, beaucoup de défis sont à relever. Des tricheries sont à combattre dans le rang des producteurs et distributeurs. Il y a lieu de cerner les producteurs d’eau conditionnée, les propriétaires des postes d’eau autonomes privés qui distribuent de l’eau aux populations dans les maisons. L’enjeu est encore de taille, surtout dans le rang des producteurs de pure water. Selon Constant Adandédjan, un recensement fait en 2020 estime le nombre de ces producteurs à environ 450, alors que Cotonou et Porto-Novo, devraient en disposer d’au moins 1000. « Ça veut dire qu’il y a beaucoup de clandestins. En 2021, nous avons répété l’opération et on a constaté un début d’amélioration. Mais c’est un grand défi », a-t-il souligné. C’est un combat de longue haleine pour la qualité de l’eau et le bien-être des populations.