Accès aux services financiers: Le Bénin enregistre un taux d’inclusion de 77,83 % en 2019

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le marché financier reste dynamique au Bénin où l’inclusion s’est quelque peu améliorée au cours de l’année 2019. Plus des trois quarts de la population active utilisent les services financiers via les banques, les institutions de microfinance et autres établissements de monnaie électronique.

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Le Bénin a enregistré un taux global d’utilisation des services financiers de 77,83 % en 2019 contre 74,5 % en 2018, selon un dernier rapport de la Bceao sur l’Evolution des indicateurs de suivi de l’inclusion financière dans l’Uemoa. C’est le deuxième taux d’inclusion financière le plus élevé de la sous-région, après la Côte d’Ivoire : 77,92%. Pour l’ensemble de l’Uemoa, il est noté un taux global de 60,11 % en 2019 contre 57,1 % en 2018, soit une augmentation de 3 %.
Ressortant à 0,614 (0,60 en 2018), l’indice synthétique d’inclusion financière (Iif) (calculé à partir de tous les indicateurs) est le plus élevé, avec une moyenne globale de 0,499 pour l’ensemble des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Cette performance constante du Bénin depuis quelques années s’explique par le fort Taux d’utilisation des services de monnaie électronique (Tusme). Sur la base des comptes ouverts, il est chiffré à 97,48 %, traduisant le nombre très élevé de personnes physiques titulaires de comptes de monnaie électronique auprès des établissements de monnaie électronique (Eme), des banques émettrices de monnaie électronique et d’autres institutions financières au sein de la population adulte.Le Bénin reste le premier de l’Uemoa en la matière, suivi du Burkina Faso: 87,92%, du Togo: 84,27% et des autres pays.
Aussi, le Taux global de pénétration géographique des services financiers (Tgpsfg) s’est légèrement amélioré, passant de 644,50 en 2018 à 645,23 points de services sur 1000 km2 en 2019, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). C’est le taux le plus élevé de l’Uemoa.
Par contre, le taux de pénétration démographique des services financiers décentralisés (Tgpsfd) chiffré à 115 points de services pour 10 000 adultes en 2018 a chuté pour s’établir à 111,79 points en 2019, derrière la Côte d’Ivoire : 114,89 points et le Sénégal : 113,47 points. Le Bénin avait fait un bond remarquable après 2017 où le taux n’était que de 69,21 points. En effet, il est observé ces dernières années une floraison d’infrastructures de prestation des services de monnaie électronique, avec les boutiques et kiosques proposant des services «Mobile money ». Installés aux coins de rues dans les villes et campagnes, grâce aux réseaux de téléphonie mobile (Gsm), ces établissements utilisent un réseau de distribution de proximité pour offrir leurs services, lesquels ne nécessitent pas un lourd investissement.

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Performances à renforcer

Au Bénin comme dans les autres pays de l’Uemoa, les performances en matière de bancarisation sont encore faibles. En 2019, seulement 14,32 % de la population âgée de 15 ans et plus disposait de compte de dépôt ou de crédit dans les banques. Elargi aux services postaux, aux caisses d’épargne et au Trésor, le taux est estimé à 24,80 % (23,81 % en 2018).
Le Taux d’utilisation des services de microfinance (Tusm) reste plus élevé avec 47,40 % en 2019 contre
46,19 % en 2018 ; le Togo a le plus fort taux estimé à 53,35 %. Ce qui fait que le Taux de bancarisation élargi (Tbe) est quelque peu fort : 72,20 % en 2019 alors qu’il était de 70,00 % un an plus tôt, contre 39,70 % pour l’ensemble de l’Union.
Il importe donc d’innover et d’introduire le numérique dans les offres de ces administrations financières réputées plus proches des populations, surtout en zone rurale, afin de renforcer davantage l’utilisation des services de la microfinance qui est un des vecteurs de l’inclusion financière au Bénin et dans l’Uemoa.
En fait, les taux relativement forts cachent un certain décalage avec la réalité, du fait de la « multibancarité»; plusieurs comptes étant détenus par une seule et même personne, dans une ou plusieurs institutions financières. Un problème qui sera résolu par la mise en place d’un système d’identification unique des usagers des services financiers envisagée par la Bceao.
Une réduction de l’asymétrie d’information sur la disponibilité des services financiers et un maillage exhaustif de la zone Uemoa permettront d’améliorer les performances en termes de répartition géographique des points des services financiers. Un laboratoire d’innovations financières devrait également permettre d’accompagner et de stimuler, à travers des politiques et réglementations adaptées, la conception et la distribution de produits et services.
Par ailleurs, chaque Etat est appelé à élaborer une stratégie nationale pour coordonner les initiatives en matière d’inclusion financière et à mettre en place un dispositif statistique de suivi des progrès réalisés, en vue de pallier le récurrent problème d’indisponibilité à temps des données fiables sur la demande et l’offre financière.

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