Accès aux vaccins et relance durable post-Covid : Un agenda politique mondial décliné

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le Fmi propose un agenda politique mondial pour surmonter les obstacles liés à l’accès aux vaccins en vue de la reprise économique durable. Le programme se concentre sur trois priorités : « Vacciner, calibrer, accélérer».

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La croissance mondiale devrait ressortir à 5,9 % pour cette année, soit une baisse de 0,1 % par rapport aux dernières prévisions du Fonds monétaire international (Fmi). Pour l’année prochaine, la projection est maintenue à un taux de 4,9 %, dans l’espoir que les vaccins seront déployés convenablement et que d’autres variants du nouveau coronavirus ne viennent perturber davantage l’activité économique.

« Le chemin à parcourir reste plus difficile », admet Kristalina Georgieva, directrice générale du Fmi, face à la presse, mercredi dernier, en marge des Assemblées annuelles du Fonds et de la Banque mondiale qui se tiennent du 11 au 17 octobre. Alors que les économies émergentes sont déjà à un taux de vaccination de 60 %, l’Afrique est encore à la traîne avec seulement 4 % en raison du faible accès aux vaccins, de l’espace budgétaire limité, du niveau d’endettement accru, mais aussi de l’insécurité et des conflits dans certains pays. En plus, des incertitudes planent quant aux perspectives d’inflation et de production.

« Nous estimons qu’en 2024, près de 160 économies seront toujours confrontées à des pertes de production par rapport aux tendances pré-pandémiques ; ces pays n’auront toujours pas rattrapé leur retard en 2019 », laisse entendre Mme Georgieva.

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Pour surmonter les obstacles et inverser la tendance, un Agenda politique mondial est élaboré et se concentre sur trois priorités à savoir « vacciner, calibrer, accélérer ». Dans un premier temps, il est question d’intensifier les efforts de vaccination partout, notamment dans les pays en développement, et supprimer les contraintes commerciales et financières pour que les vaccinations y accélèrent. « Si nous le faisons, nous pourrons toujours atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé de vacciner au moins 40 % des personnes dans chaque pays d’ici la fin de cette année et 70 % d’ici mi‑2022 », estime la Dg/Fmi. A l’en croire, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) et l’Organisation mondiale du commerce (Omc) s’y sont engagées, afin d’éviter 5300 milliards de pertes de produit intérieur brut mondial (Pib) mondial que pourrait entraîner la crise sanitaire au cours des cinq prochaines années.

Inflation, climat et dette

 Pour la seconde priorité, les politiques devront être calibrées en fonction des circonstances très différentes dans les pays. « Nous nous attendons à ce que les pressions sur les prix s’atténuent dans la plupart des pays d’ici le milieu de l’année prochaine, et nous savons que les banques centrales peuvent généralement faire face aux pressions inflationnistes transitoires, mais elles ne peuvent pas baisser la garde », espère la directrice du Fmi. Pour ce faire, préconise-t-elle, les Etats doivent être prêts à agir rapidement si les risques de hausse des anticipations d’inflation deviennent tangibles, alors que les pressions sur les prix sont déjà plus persistantes dans certaines économies.

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La troisième priorité porte sur l’accélération des réformes fondamentales pour renforcer la durabilité et la résilience. En cela, l’action climatique est absolument essentielle tout comme l’investissement numérique, souligne Kristalina Georgieva. « Le bon ensemble de politiques vertes pour chaque nation : un prix élevé du carbone, une augmentation substantielle des investissements verts, peuvent créer 30 millions de nouveaux emplois au cours de cette décennie », indique-t-elle.

Le Fmi envisage d’amplifier l’impact de l’allocation des droits de tirage spéciaux (Dts) en faisant appel aux pays les plus riches pour prêter volontairement aux pays qui en ont le plus besoin. Pour rappel, le Fonds monétaire international, pendant cette crise, a fourni 118 milliards de dollars à 87 pays et un allégement du service de la dette à ses membres les plus pauvres. Suite au Sommet sur le financement des économies africaines en mai à Paris, il a émis l’équivalent de 650 milliards de dollars de Dts dont 275 milliards pour les économies émergentes et en développement qui voient leurs réserves officielles augmenter. Certaines envisagent l’utilisation des Dts pour des besoins prioritaires, comme les importations de vaccins et autres dépenses vitales.

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Selon les dernières Perspectives de l’économie mondiale du Fmi, l’Afrique a besoin d’environ 245 milliards de dollars d’investissements au cours des cinq prochaines années pour être en mesure de surmonter la crise économique induite par la pandémie de Covid-19