Accès des femmes à la terre et aux ressources foncières: Plaidoyer de Wildaf Bénin et de la Fondation Konrad Adenauer

Par Bruno SEWADE,

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Le Réseau Wildaf Bénin sensibilise les acteurs politiques et les acteurs de la Société civile sur les droits d’accès des femmes à la terre et aux ressources foncières. Le rapport d’une étude réalisée sur la situation, avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer, leur a été présenté au cours d’un dîner-débat, mercredi 5 juillet dernier à Cotonou.

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Malgré leur présence et leur rôle important dans la production des richesses agricoles, les femmes ont difficilement accès aux ressources foncières pourtant indispensables à leurs activités. Face à la situation, la Fondation Konrad Adenauer, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet «Un seul monde sans faim 2 : les droits fonciers des femmes en Afrique de l’Ouest», a commandité une étude sur « l’accès des femmes au foncier et à la propriété foncière ». Cette étude qui a été réalisée par le cabinet Sydel Afrique avec l’appui financier de la Fondation Konrad Adenauer dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, du Plateau, du Zou, était au menu d’un dîner-débat, mercredi dernier à Cotonou.
Organisé par le Réseau Wildaf Bénin, ce débat a réuni des députés, des membres du Gouvernement, des membres des groupements et associations de femmes et autres Organisations de la Société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
La représentante résidente de la Fondation Konrad Adenauer, Elke Erleck, a rappelé qu’en Afrique de l’Ouest, le Bénin est un exemple en matière de démocratie. Malgré la stabilité de sa démocratie et les réformes engagées depuis des décennies avec l’appui des partenaires et une implication des organisations de la Société civile, notamment celles des producteurs, les femmes béninoises continuent d’être victimes d’injustices en matière de droits fonciers. C’est dans ce contexte que se situe l’étude qui a été présentée mercredi dernier.
Pour la coordonatrice du Réseau Wildaf Bénin, Huguette Bokpè-Gnacadja, il n’y a pas de loi plus tenace qu’une coutume. Et l’un des problèmes cruciaux au Bénin, selon elle, est l’accès des femmes à la terre et aux ressources foncières. Elle estime qu’on ne peut pas parler de développement aujourd’hui sans la femme. C’est pourquoi, elle a invité les députés, les membres du Gouvernement et les acteurs de la Société civile présents au débat du mercredi dernier, à un langage de vérité pour mieux soutenir à cette initiative de son réseau.

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Appliquer les lois

Selon la présentation du rapport faite par le directeur du cabinet Sydel Afrique, François Kossi Lègonou, l’étude s’est déroulée dans huit communes des départements de l’Atlantique, du Littoral, du Plateau et du Zou. Les données collectées auprès de 369 enquêtés dont 148 femmes et 221 hommes ont permis de connaître la situation de manière générale des hommes et des femmes sur l’accès à la terre et à la gestion foncière dans les zones de l’enquête. Autrement dit, celle de la femme spécifiquement, les différents modes d’accès des hommes et des femmes, les conflits liés au foncier dans les zones de l’étude.
Cette étude intervient dans un contexte marqué par des inégalités fortes entre hommes et femmes dans les rapports familiaux, notamment dans le domaine de l’héritage, de l’accès aux ressources naturelles et aux opportunités économiques, au pouvoir et à la prise de décision.
Les différents intervenants sur le rapport qui a été présenté, que ce soient les députés, Eric Houndété, Orden Alladatin, le ministre en charge du Cadre de vie José Tonato, ou les membres de la Société civile, sont tous unanimes à reconnaître que les femmes sont défavorisées en matière d’accès à la terre et aux ressources foncières. Pour corriger le tir, certains ont suggéré qu’il faille commencer à appliquer les lois et les règlements qui existent en la matière, intensifier les séances de sensibilisation non seulement au niveau des acteurs, mais également et surtout au niveau des mairies, des arrondissements et des villages.