Accusé de pratique de charlatanisme:Emmanuel Ketekoua condamné à huit ans de réclusion criminelle

Par Didier Pascal DOGUE,

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A l’affiche du 11e dossier inscrit au rôle de sa première session criminelle de l’année 2021, la pratique de charlatanisme dont devait répondre Emmanuel Ketekoua. Au terme du jugement, ce lundi 22 février, le tribunal de première instance de deuxième classe de Natitingou a condamné l’accusé à huit ans de réclusion criminelle.

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Pour les faits de pratique de charlatanisme dont il devait répondre, lundi 22 février dernier, Emmanuel Ketekoua déclaré coupable a été condamné à huit ans de réclusion criminelle.
À la barre, l’accusé n’a pas reconnu les faits mis à sa charge. Les questions du tribunal, celles du ministère public et de son avocat ne lui ont pas fait changer d’avis. Il clame avoir été trahi par la victime, son cousin. Il n’a rien fait d’autre que d’avoir demandé aux ancêtres de régler le cas du traître. Il ne reconnait pas les aveux contenus dans le procès-verbal d’enquête préliminaire et dont rend compte par ailleurs celui d’interrogatoire au fond.
Le ministère public s’est appuyé sur lesdites pièces pour battre en brèche ses dénégations à la barre. Il a montré la culpabilité de l’accusé légalement, matériellement et du point de vue intentionnel. La défense assurée par Me Émile Dossou-Tanon pense, quant à elle, que les faits sont légers. L’avocat se demande s’il a le même dossier que son contradicteur. L’interrogatoire au fond est léger et fait référence à l’interrogatoire de première comparution qui est vide, s’écrie la défense.
Au principal, soutient la défense, aucun indice, aucune preuve justifiant les faits reprochés à l’accusé. Au subsidiaire, un flou indescriptible qui ne permet pas d’asseoir une quelconque responsabilité. Au très subsidiaire, il relève l’insuffisance de charges et l’absence du lien de cause à effet entre les prétendues incantations prononcées et la mort de la victime.
Les répliques et contre-répliques n’ont pas ému le tribunal qui a déclaré Emmanuel Ketekoua coupable des faits de pratique de charlatanisme. Il a été condamné à huit ans de réclusion criminelle. Mis sous mandat de dépôt le 19 avril 2017, il retourne en prison pour 26 mois encore.

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Résumé des faits

Boniface N’Tadé, chef village de Sinni, arrondissement de Kountori, commune de Cobly et Emmanuel Ketekoua, son premier conseiller sont des cousins. Les deux hommes se disputaient le poste de chef de village qu’occupait Boniface N’Tade depuis trente ans. En mars 2017, ces rivalités ont conduit Emmanuel Ketekoua à envoûter son cousin, Boniface N’Tade, le plongeant dans une longue maladie, puis mort s’en est suivie.
Interpellé et inculpé pour pratique de charlatanisme, Emmanuel Ketekoua a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure?

Composition du tribunal

Président : Wilfrid Igor
Guèdègbé
Assesseurs : Idossou Vignon Rodrigue Sèdonougbo
Pacôme Doukloui
Michel Agbodjogbè
Auxence Tingbo
Ministère public: Odette M’Boma
Greffier : Me Hilaire Siankou