Activité économique au Bénin: Le taux de croissance tablée sur 7,6 %

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’activité économique table sur une hausse de 7,6 % en 2019 au Bénin, avec des contributions respectives des secteurs primaire, secondaire et tertiaire à la croissance du Produit intérieur brut (Pib) de 1,2 ; 1,4 et 5 points.

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Le taux de croissance se veut optimiste à 7,6 % en 2019 au Bénin. Le Fonds monétaire international (Fmi) dans ses prévisions se montre prudent avec une estimation de 6,4 %. C’est du moins ce qui ressort du Rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale de l’Uemoa de décembre 2019. Cette embellie est portée par le dynamisme de l’ensemble des secteurs de production, notamment la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag) et le bon niveau de la production du coton, des céréales et autres spéculations agricoles.
En effet, la production cotonnière culmine à 700 000 tonnes pour la campagne 2019-2020, selon les prévisions, contre 678 000 tonnes de coton lors de la campagne précédente. Les produits vivriers, notamment les filières maïs, riz, anacarde et ananas, semblent suivre la même tendance, en raison de la poursuite des mesures d’amélioration initiées par le gouvernement. Grâce à la mise en place des intrants spécifiques et des semences améliorées au profit des producteurs, la production vivrière avait atteint 11 269 403 tonnes pour le compte de la campagne 2017-2018, selon l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le secteur agricole poursuit donc son dynamisme avec une croissance de 4,3% en 2019 et contribuerait pour 1,2 point dans la croissance du Produit intérieur brut (Pib).
L’activité du secteur secondaire croîtrait de 9,2% en 2019, après 4,8 % en 2018, pour une contribution de 1,4 point au Pib. Il est noté une bonne performance dans le secteur des Btp : 18,0% de progression en 2019, grâce notamment aux réalisations du projet Asphaltage pour l’aménagement et la construction des voiries sur 200 km environ.
A cela s’ajoutent les activités au niveau des carrières qui croîtraient de 15 % après 10,4% en 2018, des industries agroalimentaires (+ 4,4%) et des industries manufacturières.
La croissance de l’activité du secteur tertiaire connaît un accroissement, passant de 5,7% en 2018 à 7,7 % en 2019. Quant au commerce, il a connu une augmentation de 5,8 % en 2019 avec l’amélioration du trafic au port de Cotonou qui mise sur une hausse de 13,0 % par rapport à 2018.

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Critères de convergence

Le rapport de l’Uemoa signale un taux d’inflation annuel moyen qui s’établirait à -1,3 % contre 0,8 % en 2018. Ce qui traduit une maîtrise des prix sur le marché.
Le déficit global ressortirait à 2,2 % du Pib en 2019, contre 2,9% en 2018. En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit du compte courant se situerait à 6,6% du Pib en 2019, contre 7,5% en 2018. La masse monétaire s’est établie à 2266,7 milliards à fin août 2019, en augmentation de 53,8 milliards ou 2,4% par rapport à fin décembre 2018. Au dernier trimestre 2019, ce dynamisme pourrait connaître quelques perturbations en raison de la fermeture des frontières du Nigeria, principal partenaire du Bénin en matière de commerce.
En somme, comme en 2018, le Bénin respecterait en 2019 l’ensemble des critères de convergence de premier rang que sont le déficit budgétaire, l’inflation et l’encours de la dette publique intérieure et extérieure dont le ratio, rapporté au Pib nominal, se situerait à 40,5 % en 2019 contre 41,0 % en 2018.
Quant aux critères de second rang, le Bénin a encore du grain à moudre. Le ratio de la masse salariale sur les recettes fiscales reste toujours élevé. Il s’établirait à 42,5 % contre 44,0 % un an plus tôt, largement au-dessus de la norme communautaire de 35 % maximum. Le taux de pression fiscale passerait de 10,2 % en 2018 à 11,0 % en 2019, mais il reste encore loin de la norme fixée à 20 % minimum.

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