Adaptation aux changements climatiques : Place aux solutions locales au Bénin

Par Fulbert Adjimehossou,

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Glasgow n’est pas loin d’être un fiasco. La Cop 26 n’a pas tenu la promesse des fleurs, surtout par rapport à la finance climatique. Les pays vulnérables poursuivent au mieux leurs engagements pour la résilience climatique. Au Bénin, en attendant que les lignes bougent, les instruments locaux, dont le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (Fnec) sont mis à contribution pour la mobilisation des ressources. « Le Fnec doit impérativement modifier l’échelle de sa vision, élargir la dimension de son ambition, sortir du confort de l’administration qui fonctionne tout court, pour relever rapidement de plus grands défis, tant au plan national qu’international, en mobilisant des ressources financières de plus en plus importantes auprès des institutions et mécanismes dédiés, ceci pour faire définitivement la preuve de sa capacité technique effective à transformer l’essai et se mettre à la hauteur des ambitions du Programme d’actions du gouvernement », martèle José Tonato, ministre du cadre de Vie et du Développement Durable.

En réalité, la mobilisation des ressources internes concerne les éco taxes prélevées pour amener les populations à contribuer à la réparation des dommages causés à l’Environnement. La mobilisation de ces taxes permet de financer des projets d’adaptation au changement climatique à travers plusieurs modes, dont les initiatives locales. « C’est le financement de l’adaptation au changement climatique au niveau des communes. Nous avons commencé avec trois communes. Nous sommes ensuite passés à neuf communes. Avec l’accréditation du Fnec au Fonds vert pour le climat (Fvc), nous passerons désormais à 28 communes », explique Dr. Appolinaire Gnanvi, directeur général du Fnec.

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Le Bénin fait partie des pays ouest africains vulnérables face au changement climatique. Ces dernières décennies, les températures maximales, ont-elles accru d’environ + 1 °C et celles minimales ont augmenté d’environ + 2 °C. Non seulement les pluies sont mal réparties, mais les hauteurs sont en baisse. Dans ce contexte, s’adapter devient impérieux. Ainsi, depuis son adhésion à la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, le Bénin s’est résolument engagé dans la mise en œuvre des mesures.

 

Des stratégies intégrées

Le contexte de réchauffement climatique avec ses revers sur les secteurs clés de développement a poussé le pays à élaborer divers documents stratégiques, dont les Contributions déterminées nationales (Cdn) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (Pna) adopté en 2021. Mais bien avant, le Bénin dispose depuis le 6 août 2018 d’une loi et d’une politique sur les changements climatiques.

L’enjeu est de permettre aux populations d’être plus résilientes. « Le gouvernement a intégré dans la planification de la budgétisation, les changements climatiques. Il n’y a plus de politique ou de stratégies au Bénin qui ne tiennent pas compte des changements climatiques. Ce sont des avancées énormes que nous avons effectuées en termes d’adaptation au changement climatique et en même temps en termes de réduction des gaz à effet de serre. Outre la loi sur les changements climatiques, le Bénin a défini sa politique nationale sur les changements climatiques, sa stratégie de développement à faible intensité carbone », expose Prof. Martin Pépin Aina, directeur général de l’Environnement et du Climat.

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Dans le cadre du Pna, huit secteurs ont été identifiés par le Pna adopté en 2021 : Agriculture, Ressources en Eau, Santé, Énergie, Infrastructures et Aménagements urbains, Littoral, Foresterie et le Tourisme. Entre autres actions, il y a la construction de retenues d’eau pour permettre aux populations agricoles d’avoir de l’eau en permanence, la réhabilitation d’ouvrages de franchissement pour faciliter le transport des produits agricoles.

Les appuis sont orientés aussi vers l’amélioration des variétés résistantes aux changements climatiques. De grandes mesures sont définies dans le nouveau plan national d’adaptation du Bénin. « Si on arrive à mobiliser les ressources dont nous avons besoin et que les projets identifiés, je crois que le Bénin va rentrer dans les pays qui s’adaptent effectivement au changement climatique », rassure Dr Oscar Tèka, consultant dans le cadre de l’élaboration du Pna.

Avec les grandes inondations de 2010, les constructions dans les communes à risque ont été améliorées. Les pilotis sont plus remontés en milieu lacustre, tenant compte du niveau de montée des eaux. Les pratiques ancestrales entrent aussi en jeu. « Vous avez des pratiques magico-religieuses qui sont également utilisées comme stratégies d’adaptation au phénomène des changements climatiques qui bouleversent la vie des paysans. Il y a des cérémonies qui sont organisées pour faire appel à la précipitation pendant qu’on l’attend et que ça ne vient pas », fait remarquer Dr Akibou Akindélé, ethno climatologue.

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Pour 2022, le budget du ministère du cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd) affiche 170,252 milliards de Fcfa. L’écart est considérable quand on fait une comparaison avec le précédent qui s’élevait à 101,302 milliards de F Cfa. La cagnotte a tout simplement connu une hausse de 68,06 % et dépasse toutes les prévisions budgétaires des exercices antérieurs. Le Bénin a de l’ambition.