Adhésion au Haut conseil des rois du Bénin : La cour royale des Tossonou accueillie sur tapis rouge

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Sa Majesté Tossoholou Zoundjè Wandji Ganmasizo Toli Yélian et toute sa cour, la dynastie royale des Ayato Ganmènou Tossonou, adhèrent officiellement au Haut conseil des rois du Bénin (Hcrb). C’est à la faveur d’une cérémonie qui s’est déroulée, dimanche 17 juillet dernier, à Wémé-Djigbé dans la commune de Dangbo.

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Forte mobilisation, dimanche 17 juillet dernier, des membres du Haut conseil des rois du Bénin (Hcrb) à Wémé-Djigbé dans la commune de Dangbo. Les têtes couronnées étaient nombreuses à avoir effectué le déplacement pour l’admission officielle de Sa Majesté Tossoholou Zoundjè Wandji Ganmasizo Toli Yélian et toute sa cour, la dynastie royale des Ayato Ganmènou Tossonou, au sein de la grande organisation faîtière royale du Bénin. La cérémonie marquée par des coups de canons traditionnels, était dirigée par Sa Majesté Kpodégbé Toyi Djigla, roi d’Allada et président du Hcrb. Ce dernier reconnait désormais le roi des Tossonou comme membre à part entière de l’organisation faîtière. « En vertu des pouvoirs hautement sacrés qui nous sont conférés, nous vous acceptons au sein de la grande famille royale du Bénin », a solennellement déclaré Sa Majesté Kpodégbé Toyi Djigla. Le président du Hcrb a officiellement remis un certificat d’adhésion à Sa Majesté Tossoholou Zoundjè Wandji Ganmasizo Toli pour servir et valoir ce que de droit. Il lui a ensuite souhaité un long règne à la tête du royaume de Wèmè-Tosso sous les bénédictions divines et des mânes des ancêtres. Mais avant, le roi de Kika, Gangorosuambou, secrétaire général du Hcrb a rappelé les critères édictés par les textes de l’association et que doit remplir un roi avant son admission. Selon lui, il faut avoir des racines historiques; avoir une reconnaissance juridique et politique et enfin avoir une base géographique, c’est-à-dire territoriale de commandement.

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Critères bien précis

Mieux, le royaume doit avoir été fondé depuis les temps coloniaux avec la preuve qu’il a été dirigé par un authentique roi. Pour sa part, le président départemental Ouémé/Plateau du Hcrb, Sa Majesté Signon, roi central de la Vallée, dit accueillir à bras ouverts à ses côtés le roi des Tossonou. L’honneur est revenu à Dah Gbéli, l’ancien député et ancien préfet du Littoral, Epiphane Quenum, consacré la veille, Premier ministre de la cour royale des Tossonou, de retracer toute l’histoire du royaume de Wèmè-Tosso, son évolution dans le temps et dans l’espace jusqu’aujourd’hui. Selon lui, le royaume des Tossonou existe depuis les XII et XIIIe siècles. Il est l’une des toutes premières entités royales qui ont même aidé à l’installation du royaume de Danxomè, c’est-à-dire d’Abomey au XVIe siècle. Les Ayato Tossonou, explique Dah Gbèli, sont venus d’Oyo au Nigeria pour s’installer, les premiers, à Wèmè-Djigbé, autour des rives du fleuve Ouémé. Cela se passait 300 ans avant l’arrivée au XVIe siècle des Agassouvi, fondateurs du royaume d’Abomey, eux venus d’Adja Tado, a-t-il poursuivi. Mais les relations entre les deux royaumes se sont très tôt détériorées avec des guerres répétées. Ayant fait l’option d’agrandir leur royaume, les Agassouvi se sont longtemps battus contre le royaume de Wèmè. Le roi des Wémènou Kpolou Yahassa a trouvé la mort dans ces batailles, raconte-t-il. Depuis ce temps, plus personne n’a le droit d’évoquer le royaume de Wèmè-Tosso ni du roi Kpolou Yahassa, raconte Dah Gbèli.

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Justice rendue

« Nous sommes en train de relever un défi, celui de la renaissance du royaume de Wèmè-Toso. On ne cachera pas l’histoire. Nous avons été battus mais nous restons vaillants », a martelé le premier ministre de la cour royale des Tossonou. Il annonce l’organisation très bientôt d’un symposium pour réécrire l’histoire de l’installation du royaume de Danxomè où les Tossonou ont joué un rôle clé. Il se réjouit que les Ayato Tossonou, dépositaires du dieu Gou, aient décidé de relever le défi, celui d’en finir avec la vacance du trône de leur cour royale qui a duré un siècle. Quelques effets du dernier roi au trône de cette cour, Sa Majesté Ahoudé, ont été même présentés au public. Officiellement intégré au Hcrb, Sa Majesté Tossoholou Zoundjè Wandji Ganmasizo Toli Yélian, a remercié tous ses sujets qui se sont engagés à ses côtés, depuis son accession au trône, il y a un an, pour que sa dynastie royale puisse renaître de ses cendres après un siècle de vacance. Il a félicité les membres du comité d’organisation de la cérémonie présidé par le professeur d’université Albert Tingbé-Azalou. L’universitaire a mis les petits plats dans les grands pour faire de l’évènement une réussite. Le roi de Wèmè-Tosso a ensuite précisé que sa mission principale est de restaurer les traditions et cultures pour contribuer à la paix et au bonheur du peuple béninois. Il a témoigné sa gratitude au président de la République, Patrice Talon, et à tous les membres de son gouvernement pour avoir décidé de réhabiliter les anciens royaumes avec les réformes en cours sur la chefferie traditionnelle déjà constitutionnalisée.