Administration territoriale et gouvernance locale: Les préfets du Borgou et de l’Alibori prennent le commandement

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Mohamadou Moussa et Moussa Djibril Maman Cissé, respectivement préfets de l’Alibori et du Borgou, ont pris le commandement de leurs départements, mercredi 29 juin à Kandi et à Parakou. Les défis qui les attendent et les mérites du préfet sortant, Salamatou Kora Ponou, ont été soulignés lors des cérémonies de passation de charges.

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Après deux ans et dix mois passés à la tête des départements du Borgou-Alibori, Salamatou Kora Ponou passe le témoin à Mohamadou Moussa et Moussa Djibril Maman Cissé, promus respectivement préfets de l’Alibori et du Borgou. C’est à ces administrateurs que revient désormais le rôle d’assurer la représentation de l’Etat et la coordination des missions régaliennes et des services déconcentrés dans lesdits départements, précise Mouhamadou Sonsaré, directeur général de l’Administration d’Etat. Avant de les renvoyer à leurs fonctions, le représentant du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale les a exhortés à travailler à mériter la confiance du chef de l’Etat, en faisant preuve de professionnalisme, de loyauté, d’impartialité et surtout de disponibilité.

« Cette mission, je m’emploierai à l’assumer non seulement avec dévouement et rigueur mais aussi avec tact et beaucoup de circonspection… Dans ma gestion, je serai très attaché au dialogue mais très rigoureux en ce qui concerne les textes et règlements de la République. » Tel est le serment fait par le nouveau préfet du Borgou, lors de la cérémonie de passation de charges hier à Parakou. Moussa Djibril Maman Cissé dit appréhender à sa juste valeur l’immensité des tâches et les sacrifices à consentir, avant de remercier le président de la République pour avoir cru en lui.
A Kandi fixé chef-lieu du département de l’Alibori, le nouveau préfet Mohamadou Moussa a, lui aussi, assuré de sa détermination à servir avec dextérité, loyauté et abnégation, en mettant l’accent sur la qualité de la gouvernance locale aussi bien au niveau des services déconcentrés que des administrations locales. Pour ce faire, il invite les maires des six communes sous sa tutelle, les directeurs départementaux et les populations à ne pas lui marchander leur soutien.
Le préfet sortant, Salamatou Kora Ponou, faisant le bilan de ses actions, se félicite entre autres de l’organisation d’un forum sur l’éducation, l’initiation de plusieurs chantiers de construction à la préfecture, la récupération du village d’Ogamoin longtemps resté dans le giron du Nigeria, la diminution significative des affrontements entre agriculteurs et éleveurs peulhs grâce à la sensibilisation.

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Des chantiers

Le représentant des maires du Borgou, Souradjou Karimou Adamou, celui des membres de la Conférence administrative départementale, Orou Pibou Sanni,
ont salué le leadership et la tutelle apaisée sous la houlette de Salamatou Kora Ponou. Ses mérites en termes d’accélération des travaux initiés par l’Etat en matière d’électrification, d’adduction d’eau, de reboisement, sont également reconnus. Comme eux, le représentant du personnel, Orou Bourké Bio Dagui, a rassuré de la disponibilité des agents de la préfecture. Mais il n’a pas manqué d’attirer l’attention du préfet entrant sur les difficultés de la maison. Elles sont relatives aux impayés de cotisations sociales et à la suspension du paiement des allocations familiales, à la vétusté du parc automobile et informatique, à l’insuffisance du personnel, l’insuffisance de locaux, à la formation et au suivi de carrière des agents. L’insécurité grandissante, les dissensions au sein de certains conseils communaux notamment à Karimama, la malnutrition et les maladies récurrentes, les tensions au niveau des chefferies traditionnelles comme à la royauté de Parakou, le faible taux de consommation des crédits délégués, les grossesses en milieu scolaire, les échecs massifs aux examens scolaires, le manque d’eau potable et le déficit en énergie électrique, sont également des défis à relever pour assurer un décollage économique et un rayonnement socioculturel du Borgou et de l’Alibori. ?

Déré Chabi Nah appelle à la mobilisation sans faille de tous dans l’Atacora

Nommée en Conseil des ministres le mercredi 22 juin dernier, Déré Chabi Nah est entrée mercredi 29 juin dans ses fonctions de préfet du département de l’Atacora. A l’occasion de la cérémonie de passation de charges, elle n’a pas caché sa volonté de relever les défis qu’incombent ses nouvelles responsabilités avec la collaboration de tous les acteurs du département.

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Par Kokouvi EKLOU A/R Atacora-Donga

«Mes actions s’inscriront dans le cadre des défis majeurs à relever à l’heure actuelle et dont l’impact permettra entre autres à notre processus de décentralisation d’atteindre sa vitesse de croisière ». Ainsi s’est exprimée Lydie Déré Martine Chabi Nah, tout nouveau préfet du département de l’Atacora à la cérémonie de passation de charges avec celui qu’elle nomme affectueusement ‘’papa’’, Gervais N’dah Sékou. En présence des élus locaux, des directeurs départementaux et des agents de la préfecture de Natitingou, celle qui passe pour une jeune cadre de l’administration publique avec des atouts dont peu doute, a dit son engagement à travailler en lien étroit avec les élus, les autorités académiques, les forces de sécurité et de défense, les acteurs sociaux, économiques et associatifs du département dans le respect des attributions de chacun, mais toujours dans le sens de l’intérêt général. Mieux, à la tête de la préfecture de Natitingou, elle sent comme un devoir filial d’œuvrer au renforcement des capacités de l’administration préfectorale en moyens humains, matériels et financiers afin que la mission de tutelle et d’assistance conseil à elle dévolue soit mieux assumée durant cette troisième mandature des élus communaux. Parlant de la mission désormais à sa charge, elle la trouve passionnante, délicate et exigeante. Elle exige, souligne-t-elle, une mobilisation sans faille, non seulement de tous les services déconcentrés de l’Etat, mais aussi des collectivités locales. Des charges qui se révèlent à l’ère de la Rupture assez contraignantes, selon Bruno Ounsoukpoé, représentant du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. « Le préfet sera suffisamment investi dans sa mission et vous serez évaluée en fonction de la qualité de vos résultats qui dépendront de votre démarche en matière de gestion des ressources humaines à votre disposition et de la collaboration que vous aurez avec les services déconcentrés de l’Etat », a-t-il relevé dans ses propos. Comme si la jeunesse de la nouvelle élue pourrait donner du grain à moudre à ses détracteurs, il a tenu à rassurer les invités à la cérémonie que le choix porté sur elle est loin d’être immérité tant il a été bien mûri par l’autorité au plus haut niveau et constitue une prime à la qualité et au dévouement. Il l’a exhorté au sens de l’écoute et de la rigueur dans la prise des décisions entrant dans ses prérogatives.
En bon sage, le préfet sortant n’a pas manqué de prodiguer à son successeur ses précieux conseils pour de probants succès. « Votre brillante nomination à la tête de notre département est un grand honneur qui vous est fait et vous devez pouvoir mesurer, à sa juste valeur, le poids des responsabilités qui vous incombent désormais dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations de toutes les entités sous votre responsabilité ». Et de l’inviter à la patience, à la pondération, l’impartialité pour relever les défis qui l’incombent.
Née le 6 novembre 1978 dans la commune de Kérou, Déré Chabi Nah est administrateur civil nantie du diplôme du Cycle II de l’Ecole nationale de l’Administration et de la Magistrature (ENAM). Stagiaire à ses débuts à la préfecture de Natitingou puis fonctionnaire de l’Etat, elle était assistante du préfet sortant au moment de sa nomination. ?