Affaire de faux médicaments: Le procureur de la République clarifie

Par Didier Pascal DOGUE,

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Affaire de faux médicaments: Le procureur de la République clarifie

Le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Gilbert Ulrich Togbonon, a fait vendredi 23 février dernier à Cotonou, une déclaration à la presse. Il a levé un coin de voile sur les tenants et les aboutissants de l’affaire dite de faux médicaments dans laquelle seraient impliqués le député Atao Mohamed Hinnouho, son épouse et leurs complices, ainsi que des grossistes-répartiteurs pharmaceutiques.

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«… Les grossistes répartiteurs Ubphar, Came, Ubipharm, Promo Pharma et Gapob ont violé les dispositions de l’ordonnance n°75-7 du 27 janvier 1975 portant régime des médicaments au Bénin, de l’Ordonnance 73-68 du 27 septembre portant définitions des conditions d’importation de produits pharmaceutiques et objets de pansements au Dahomey et du décret n°2000-450 du 11 septembre 2000 portant fixation des conditions d’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales et relatives à l’ouverture des sociétés de grossistes répartiteurs en République du Bénin », selon Gilbert Ulrich Togbonon, procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Puis il justifie que les grossistes-répartiteurs pharmaceutiques se sont consciemment approvisionnés en produits pharmaceutiques du laboratoire New Cesamex auprès de la société Cab Sarl et auprès des nommés Hinnouho Mohamed Taofick et Karimou Salamatou sachant bien que ceux-ci ne sont ni grossistes, ni pharmaciens.

Sur cette base, « En tant que procureur de la République (…), j’ai décidé de poursuivre les personnes impliquées dans ces différentes opérations », s’est résolu Gilbert Ulrich Togbonon. Il souligne, malgré les charges à leur encontre, que les personnes impliquées conformément aux dispositions constitutionnelles bénéficient de la présomption d’innocence. Le dossier sera évoqué à l’audience des flagrants délits du 6 mars prochain, annonce-t-il.
Les médicaments vendus par la société Cab Sarl, les nommés Hinnouho Mohamed Taofick et Karimou Salamatou sont stockés dans des endroits malsains et impropres à la conservation des produits pharmaceutiques comme l’a reconnu le rapport d’enquête complémentaire n° 001/SDAEF/DCPJ/DGPN /SA du 3 janvier 2018, fait observer le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. De même, les locaux servant d’entrepôt n’ont reçu aucun avis technique des services compétents de la direction de la Pharmacie, du Médicament et des Explorations diagnostiques (Dpmed) pour servir de magasins de médicaments. Dès lors, apprécie-t-il, « Ce sont des médicaments qui sont servis à la population en violation des dispositions de la loi n° 2007-21 du 16 octobre 2007 portant protection du consommateur en République du Bénin et celles de l’arrêté n° 251/MS/DC/SGM/CTJ/DPMED/DA/SA du 1er juillet 2014 portant adoption des guides de bonnes pratiques, de distribution et d’importation au Bénin des produits pharmaceutiques.
Poursuivant la justification du faux qui entoure le dossier, le procureur Gilbert Ulrich Togbonon relève que l’analyse des documents révèle que plusieurs sociétés sans existence légale, fournisseurs de médicaments non autorisées par le ministère de la Santé et inconnues de l’Agence de promotion des investissements et des exportations (Atao Pharm, Atao Sarl, Tamh Pharm Sopharb, Sophab, Sophabe, Saint Joseph Sarl et l’Agence de représentation des laboratoires pharmaceutiques font livraison de médicaments aux hôpitaux, centres de santé cliniques et autres.
Les statistiques relatives aux importations de médicaments de la direction générale des Douanes et Droits indirects ne mentionnent aucune importation de médicaments par le laboratoire New Cesamex de 2012 à 2017. Et pourtant, plusieurs tonnes de produits de ce laboratoire ont été découvertes et saisies dans les entrepôts des nommés Hinnouho Mohamed Taofick et Karimou Salamatou.
Les personnes impliquées dans ce dossier et leurs complices seront appelées à comparaitre le 6 mars prochain pour avoir violé les textes de la République.

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