Affaire placement « hasardeux » des fonds de la Cnss: Le dossier renvoyé au 30 janvier prochain

Par Didier Pascal DOGUE,

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Laurent Mètongnon et consorts devront attendre jusqu’au 30 janvier 2018 pour voir leur cause examinée par le juge des flagrants délits devant lequel ils comparaissent. Le dossier de placement des fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale à la Bibe qui les oppose à l’Etat béninois, a été renvoyé, ce mardi 19 décembre, à l’issue d’une audience houleuse.

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Affluence inhabituelle, ce mardi 19 décembre, jour retenu pour la comparution de Laurent Mètongnon et consorts impliqués dans l’affaire de placement « hasardeux » de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe). Dans l’enceinte du tribunal, hier, des sympathisants et militants d’un parti se sont portés sur les lieux et scandaient des slogans et mots pour encourager leur « idole » et lui apporter leur soutien. « Libérez Laurent Mètongnon ! », lancent-ils à tue-tête.
Dehors, à quelques encablures de la Médiathèque des diasporas, venant de la Poste Cadjèhoun, des pneus brûlés distillaient de la dioxine dans l’atmosphère. Plus proche du Palais de justice, deux véhicules anti-émeutes de la police sont positionnés et vu la hargne des manifestants, venus soutenir le syndicaliste, des grenades lacrymogènes ont été tirées.
Au prétoire, l’on a assisté à une audience houleuse. Les accusés refusent de répondre aux questions du juge, parce que, soutiennent-ils, ils l’ont récusé. A la question du juge de savoir s’ils ne répondaient pas à ses questions, ils ont clairement servi la négative. C’est alors que face à cette attitude, le juge ordonne une suspension qui a duré environ cinq minutes. A la reprise de l’audience, Dramane Diatéma, directeur général de la Cnss, poursuivi dans le même dossier et appelé à la barre, explique, pour sa part, que le placement des dépôts à terme à la Cnss est une initiative de la direction générale mais qui est entérinée par le Conseil d’administration. Il déclare ignorer l’existence de rétro-commissions.
Me Aboubakar Baparapé a fait observer au juge qu’il ne pouvait continuer à connaître du dossier dans la mesure où il a été récusé par les accusés. Cela a suffi pour que le ton monte et que la défense soit menacée d’expulsion de la salle d’audiences. Le calme reviendra plus tard mais le juge a renvoyé l’audience au 30 janvier prochain.
Pour mémoire, Laurent Mètongnon était le président du conseil d’administration de la Cnss au moment où les fonds de la caisse ont été placés en dépôt à terme auprès de la Bibe. Le Conseil des ministres, en sa séance du 2 novembre dernier, avait instruit le ministre de la Justice à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des anciens dirigeants de la Cnss « qui ont commis des actes de gestion frauduleuse et bénéficié de commissions occultes et/ou autorisé des placements hasardeux à la Banque internationale du Bénin (Bibe), une banque déclarée en faillite par la commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) ». Au total, sur la période d’avril 2014 à octobre 2015, a souligné le Conseil des ministres, plus de 17,5 milliards de francs Cfa ont été placés auprès de la Bibe, contre le versement de commissions d’un montant de plus de 71 millions de francs Cfa?

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André Assè arrêté

Le sieur André Assè, chef de file des manifestants, hier, devant le tribunal de première instance de première classe de Cotonou où a eu lieu l’audience de l’affaire de placement de fonds de la Cnss, a été arrêté par la police. Le militant du Parti communiste du Bénin, ancien président de l’Union des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) qui galvanisait la foule réclamant la libération du syndicaliste Laurent Mètongnon, est pris pour trouble à l’ordre public. Lui et ses acolytes scandaient des slogans hostiles au gouvernement et au président Patrice Talon.
Des échauffourées ont eu lieu. La police a usé de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. La circulation a été bloquée pendant un certain temps du fait des attroupements et des pneus brûlés aux alentours du tribunal?
D. P. D.