Affaire tricherie sur les âges des joueurs U-17: Les grands enseignements à tirer du procès

Par Christian HOUNONGBE,

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Le tribunal a rendu son verdict, mardi 30 octobre dernier, après un procès où dirigeants du football, joueurs, encadreurs sportifs et autres ont comparu dans l’affaire dite tricherie sur les âges des joueurs U-17. Entre la volonté des accusés de dire la vérité, les débats et la décision du tribunal, des enseignements doivent être tirés afin que de tels faits ne se reproduisent plus.

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« Dura lex, sed lex », la loi est dure mais c’est la loi, dit une sagesse antique. Les mis en cause dans l’affaire dite tricherie sur les âges des joueurs U-17 ont été sanctionnés suivant les lois de la République du Bénin après un procès dont le verdict a été rendu mardi 30 octobre dernier. Après la disqualification du Bénin à Niamey, le gouvernement a jugé utile de situer les responsabilités. Ainsi les personnes coupables ont-elles pu répondre de leurs actes. Mais, il apparaît essentiel de tirer des leçons de ce procès qui constitue une première dans l’histoire du sport-roi béninois. Plusieurs informations jusque-là inconnues du grand monde ont été révélées, depuis les auditions jusqu’à la décision finale. Les déclarations de certains accusés à la barre, laissent croire en effet que l’administration de la Fédération béninoise de Football souffre d’un réel problème de gestion. Certains responsables administratifs de la fédération et les membres du staff technique de l’équipe nationale U-17, se sont présentés au tribunal comme de simples exécutants. Ils ont montré ainsi les limites de l’instance, confirmant le manque de professionnalisme, la complaisance et l’amateurisme qui a caractérisé cette institution depuis plusieurs décennies.Quid des contradictions entre les propos de l’ancien président Anjorin Moucharaf , du secrétaire administratif, Zéphirin Déguénon et celui de l’ancien directeur des compétitions, Quentin Didavi, au prétoire? Pour l’un, l’IRM est nécessaire pour la compétition U-17 et pour l’autre cela n’est pas utile. Au cours du procès, l’opinion publique nationale et internationale a eu la confirmation que les dirigeants du sport-roi ont envoyé une liste de joueurs ayant de faux papiers à la Confédération africaine de Football, pour participer aux éliminatoires de la Can U-17.Plaidant tous coupables, les 12 joueurs ont reconnu les faits à eux reprochés, affirmant détenir de fausses pièces d’identité. «En 2014, j’avais 23 ans normalement mais je détenais un papier qui me donnait 12 ans comme âge de footballeur » admet l’un d’entre eux.

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Respecter les âges et éviter la cupidité

Cette déclaration lors de l’audition s’est répétée et a fait réagir le juge Rodolphe Azo, appelé non seulement à dire le droit mais aussi à donner la mesure du scandale. Il a invité par conséquent les acteurs du football à cesser avec cette pratique qui consiste à engager de vieux joueurs avec de faux actes de naissance aux compétitions de catégories d’âge. Selon lui, les dirigeants du football s’exposent aux rigueurs de la loi en mettant la vie de ces jeunes sportifs en danger. Expressivement, il a invité les responsables à différents niveaux du football béninois et les acteurs à éviter de tels actes. Un conseil que les nouveaux responsables du football béninois doivent prendre à leur compte pour pallier cette situation récurrente dans le milieu du football béninois, selon la plupart des acteurs ayant comparu. D’ailleurs, Pavlek Ehoué n’a pas hésité à confirmer ce fait quand le juge lui a demandé si c’est une pratique permanente dans le milieu. «Oui, monsieur le président, c’est une pratique dans le milieu du football, certains de mes camarades sont aussi dans le cas », a-t-il reconnu. Cela pose le problème de l’inexistence des compétitions de catégories d’âge. Car, bien que pensionnaires de centres de formation sportive tous ces joueurs épinglés sont détenteurs de faux documents d’état civil. La réorganisation du secteur de la formation sportive et l’organisation régulière des compétitions de catégories d’âges s’imposent pour que le Bénin respecte les normes internationales requises.
Le nouveau comité de la Fédération béninoise de Football dirigé par Mathurin de Chacus, qui prône la transparence, doit travailler à mettre fin à des pratiques tendant à discréditer le pays. Selon Me Bastien Salami, représentant de la partie civile, c’est la recherche immodérée de gains qui a motivé les dirigeants à engager les frais de l’Etat, sachant bien, depuis Lagos, que 18 des 25 joueurs sont déclarés être inéligibles au tournoi. Ce qui fait dire au ministère public dans son réquisitoire que « les responsables en usant d’une stratégie pour légitimer le faux» ont favorisé cette honte du pays à Niamey.