Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste du Bénin: « C’est une fiction que de dire qu’on a opéré une réforme qui a exclu »

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste du Bénin, s’est prononcé, mercredi 31 mars à Lokossa, sur quelques sujets relatifs à l’actualité électorale au Bénin. Il s’agit, entre autres, des soupçons d’exclusion que certains acteurs politiques prêtent à la réforme du système partisan, de la question des exilés politiques et du renforcement des dispositifs sécuritaires dans certaines villes.

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La réforme du système partisan béninois ne cesse d’alimenter le débat public. La polémique enfle avec le démarrage du processus devant conduire à l’élection, le 11 avril prochain, d’un nouveau président de la République. Selon une certaine opinion, la réforme aurait notamment pour objectif d’exclure nombre d’acteurs politiques de la compétition électorale. Sur la question, Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste, a essayé de démontrer, ce mercredi 31 mars, à la faveur d’une sortie médiatique effectuée à Lokossa, la mauvaise foi des défenseurs de la thèse d’exclusion. Il explique que « Ceux qu’on dit exclus l’ont été parce qu’ils se sont mis eux-mêmes en marge de la société ».
« Lorsqu’un délinquant décide de rompre les règles du vivre en commun, on ne l’exclut pas. Il s’exclut surtout lorsqu’il ne veut pas rendre compte », fait savoir le ministre.
De la genèse de la réforme du système partisan, le ministre retient que le besoin a été exprimé par tous les acteurs politiques. En lieu et place de ce qui existait comme partis politiques, rappelle-t-il, de grands regroupements ont été souhaités, c’est-à-dire des formations politiques représentatives de tout le Bénin et représentées dans tout le pays. Pour ce faire, le nombre de membres fondateurs a évolué. Au lieu d’un représentant par département, on a demandé qu’il y en ait dix par commune, clarifie le ministre, en justifiant que cette réforme a été voulue pour qu’on ait des partis forts et non des hommes forts. Pour lui, ceux qui disent qu’ils ont été exclus ne sont que quelques individus qui ne veulent pas se retrouver dans le système collectif. « C’est une fiction que de dire qu’on a opéré une réforme qui a exclu », soutient-il.
Relativement à la question des exilés politiques, Alain Orounla parle d’un faux procès. « Ça n’a rien de politique d’autant que nous n’avons pas de déni d’opinion dans notre pays », se défend le ministre. « Dans notre pays, appuie-t-il, on n’est pas obligé d’être mouvancier. On peut être opposant et vivre tranquillement sur le territoire béninois. La preuve en est que les vrais opposants, les vrais contradicteurs au régime sont au Bénin. Pas en fuite ». Pour le ministre, ceux qu’on désigne sous le vocable « exilés politiques » sont quelques acteurs politiques ayant géré les finances publiques dont ils sont accusés de prévarication, de détournement ou ceux qui ont été en rupture avec les lois de la République qu’ils ont eux-mêmes établies mais qu’ils refusent de subir.

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Renforcement de la sécurité dans quelques villes

Par rapport aux dispositifs de sécurité qui se trouvent un peu plus impressionnants par endroits dans le pays, le ministre estime qu’il s’agit d’une mesure préventive.
« Nous sécurisons nos frontières et des localités dans lesquelles il y a déjà eu quelques troubles et où nous avons des soupçons que des troubles pourront se produire », argumente-t-il. Les derniers développements de l’actualité électorale ont aussi contribué à la prise de cette mesure. « Il y a quelques semaines, vous avez appris l’information de l’agression de notre compatriote Ganiou Soglo », rappelle le ministre. Egalement, « vous avez été témoins des menaces proférées par certains acteurs politiques et d’autres activistes qui sont allés jusqu’à se voir accusés d’avoir recruté des mercenaires pour ôter la vie à des Béninois », ajoute M. Orounla. Pour lui, face à de telles menaces, il est du devoir et de la responsabilité du gouvernement de prévenir plutôt que d’avoir non pas à guérir mais à déplorer des pertes en vie humaine, des atteintes à l’intégrité physique des citoyens, ou tout simplement des troubles à l’ordre public. Par rapport aux dispositifs de sécurité donc, le ministre appelle à ne pas en avoir peur. « Au contraire, ça devrait être rassurant pour les Béninois », soutient-il.

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