Allaitement maternel : Quels avantages pour l’enfant ?

Par Eric TCHOGBO,

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Les spécialistes de la santé et même les institutions internationales comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent aux mamans de donner exclusivement le sein à leurs bébés pendant les 6 premiers mois révolus. Ensuite, lors de la diversification alimentaire, l’allaitement peut être poursuivi jusqu’à 2 ans voire au-delà.

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Au cours d’une discussion entre amies, Rose Atinlamey, revendeuse des tickets de la Loterie nationale du Bénin a déclaré que le fait de nourrir son bébé exclusivement au lait est une manière de l’affamer. Il faut aussi, selon elle, lui donner de la bouillie diluée. C’est aussi le point de vue de Jocelyne Anagonou, une vendeuse de fruits, qui complète au lait maternel le lait cérélac. C’est avec ce lait, insiste-t-elle, qu’elle a toujours nourri ses deux premières filles pendant leur enfance. Aline Sossoukpè estime qu’on peut toujours donner de l’akassa ou de la pâte accompagnée de la sauce gluante aux enfants même s’ils sont âgés de moins de six mois. Pour ces mères, le complément de nourriture au lait maternel est indispensable. Comme elles, nombreuses sont les femmes qui pensent que le lait maternel ne suffit pas pour nourrir un nouveau-né. Ainsi, d’autres préfèrent le compléter avec de la tisane.
« La suprématie de l’allaitement maternel est communément admise mais sous-estimée car les fondements et l’ampleur de cette supériorité sont encore souvent méconnus», souligne l’OMS. Ainsi, l’allaitement maternel présente des avantages qui, à court et long termes, sont attribuables soit à la composition même du lait féminin, soit à la relation privilégiée qu’il instaure entre la mère et l’enfant, ces modes d’actions étant difficiles à discerner l’un de l’autre. L’inventaire des avantages de l’allaitement maternel comporte en miroir celui des risques de l’allaitement artificiel. En dépit des difficultés méthodologiques, de nombreuses études portent sur les effets de l’allaitement maternel. Deux facteurs semblent essentiels lors de leur analyse critique, c’est-à-dire, le caractère exclusif ou non de l’allaitement et sa durée.

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Le lait maternel, nourriture de l’enfant

Selon l’OMS, le lait maternel nourrit l’enfant. Il est spécifique de l’espèce. Quantitativement, il existe une corrélation entre les nutriments et le temps pour accroître son poids de naissance. Il conviendrait de parler des laits plutôt que du lait. Le lait maternel est caractérisé par une teneur en protéines plus faible que celle des autres mammifères et plus riche en lactose qui est une source d’énergie nécessaire au développement du système nerveux. Le poids à la naissance de l’enfant est multiplié de 2 à 4 au cours des 5 mois. Qualitativement au niveau des protéines, on note l’absence dans le lait maternel de bêta lactoglobulines à l’origine des allergies. Les caséines diffèrent selon l’espèce en fonction de leur poids moléculaire et de leur composition en acides aminés. Le rapport protéines solubles sur caséine est élevé pour le lait féminin, donnant lieu à un coagulum plus fin et donc une digestion plus rapide et plus confortable. A noter l’absence de lactoferrine dans le lait de vache. Les laits ne sont pas interchangeables entre les espèces. Rappelons que les préparations pour nourrissons ne sont que du lait de vache plus ou moins modifié.

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Le lait maternel adapté à l’enfant

« Le lait maternel est adapté aux besoins de l’enfant», conseille l’OMS. Il est admis que pendant les six mois et peut-être plus, l’allaitement exclusif assure une croissance parfaite en taille et en poids. Et que l’allaitement maternel doit être poursuivi et associé à une alimentation diversifiée et adaptée jusqu’à deux ans.
La croissance des bébés allaités et de ceux nourris au biberon sont subtilement différentes. Il existe un infléchissement du poids vers 4 à 5 mois alors que la taille et le périmètre crânien sont comparables. Les bébés allaités règlent spontanément leur consommation énergétique à un niveau énergétique plus faible. Ceux nourris au biberon reçoivent un excès de calories et de protéines, fabriquent plus de masse grasse, moins de masse maigre, moins de muscle. Le lait maternel est adapté à son développement sensoriel et cognitif. Des études à court et à long termes ont montré de meilleures performances à certains tests pour les enfants allaités. La composition du lait maternel est variable dans le temps en fonction des besoins du nourrisson selon l’âge. La concentration en protéines est plus élevée en cas de prématurité, mais le volume est plus faible, puis diminue dans le lait nature et au cours de la lactation.

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Protection contre les infections et certaines maladies

« Les agents infectieux comme les bactéries, les virus, les parasites, pénètrent dans l’organisme par effraction. Le système immunitaire de la sous muqueuse qui s’oppose à cette pénétration est très peu développé chez le nouveau-né. A la naissance, les anticorps maternels sériques ont été transmis par le placenta à l’enfant, et disparaissent en quelques semaines ou mois. Le lait maternel complète cette action », expose l’OMS qui ajoute que l’allaitement maternel permet une croissance et un développement neurosensoriel et affectif optimal, protège contre certaines affections, ne coûte rien à la famille, permet une baisse des dépenses de santé à l’échelon collectif, comporte des avantages pour la santé maternelle et respecte l’environnement.
L’allaitement artificiel permet dans les pays industrialisés seulement une croissance et un développement neurosensoriel correct, est responsable d’une augmentation de la morbidité infantile, des coûts élevés pour la société et pour les familles. Elle nuit à l’environnement. Par rapport à l’allaitement maternel, son utilisation manque de recul. Des effets à long terme restent sans doute à découvrir.