An 1 du Nouveau départ;Enseignement supérieur : entre innovations et controverses

Par LANATION,

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S’il y a un secteur qui a agité beaucoup de réformes ces derniers mois, c’est sans doute celui de l’Enseignement supérieur. Bien que discrète dans les actions, la détentrice du portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Atanasso a souvent fait montre de bravoure dans la prise d’une série d’initiatives visant à bousculer les habitudes dans ce secteur. 

La première décision phare du gouvernement a été celle de la restructuration de la carte universitaire. Entre 2012 et 2015, le Bénin est passé de deux à sept universités publiques avec vingt-quatre centres universitaires. Mais pour le régime du Nouveau départ, cette politique pose plus de problèmes qu’elle n’en règle d’autant que les nouveaux centres se retrouvent confrontés, entre autres, à l’insuffisance d’enseignants qualifiés, d’infrastructures d’accueil des étudiants et par ricochet la baisse effrénée de la qualité de l’enseignement. Il a été donc décidé de la création de deux universités pluri-thématiques (Abomey-Calavi et Parakou) et deux universités thématiques, à savoir l’université nationale d’Agriculture de Porto-Novo et l’Université des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques d’Abomey.
Le ministère s’est aussi illustré dans la réorganisation du système d’attribution des bourses. Avant, ce système était caractérisé par un dispositif où tout se fait manuellement. Le paiement était effectué suivant un calendrier aléatoire. La bourse était payée à la fin de l’année académique avec des retards de paiement allant de 1 à 2 ans. La réforme globale de réorganisation du système d’attribution des bourses vise à le mettre en adéquation avec le système LMD en application depuis 2010 au Bénin. Elle vise aussi à moderniser le système par l’informatisation et la mise en réseau de tout le dispositif, à ouvrir le paiement des allocations à d’autres banques. Il s’agit aussi d’assurer le paiement mensuel des allocations universitaires afin qu’elles soient véritablement utilisées par les bénéficiaires en temps réel, améliorant ainsi leurs conditions d’études. Par décision adoptée en Conseil des ministres, la mensualisation des allocutions universitaires est devenue effective pour le bonheur des apprenants.
Mais la réforme qui a suscité plus de remous dans le secteur est sans doute celle de l’organisation des examens nationaux Licence et Master pour les établissements privés d’enseignement supérieur (Epes). En dépit des réprobations de certains promoteurs privés, il a été décidé de l’organisation, dès 2017, des examens nationaux niveau Licence et Master pour les étudiants fréquentant ces Epes. Cette nouvelle disposition, défend le ministère, permettra de faire la promotion de l’excellence, de réduire substantiellement les inégalités et injustices observées dans l’accès aux concours de l’Etat, d’assurer l’équité de fait à tous les apprenants et enfin de légitimer davantage le travail remarquable que font les Epes. De même, le Mesrs a procédé à l’harmonisation des filières et des programmes d’enseignement de Licence, à la publication annuelle de la liste des établissements privés d’enseignement supérieur à jour vis-à-vis du ministère. Elle envisage aussi à très court terme l’immatriculation en ligne de tous les étudiants des Epes.

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Le Ciss bientôt une réalité

Le chantier de la création de la Cité internationale de l’innovation et du savoir (Ciss) cher au président Patrice Talon est du ressort de l’Enseignement supérieur. La Ciss se veut un cluster d’écoles et d’universités, d’institutions d’enseignement technique et professionnel, ainsi que de centres de recherche et d’incubateurs. Cette cité axée sur le savoir et l’innovation comprend des écoles et universités, des institutions de formation technique et professionnelle, des centres et laboratoires de recherche, ainsi que des incubateurs et des startups innovants. Pour réaliser cet important projet phare inscrit au Programme d’actions du Gouvernement, le ministère a pu négocier et obtenu l’inscription, au titre du Programme d’investissements publics (Pip) 2017, d’un montant de 16 milliards F CFA. Ce budget sera exclusivement consacré aux travaux préalables dévolus à l’Etat ainsi qu’à la construction des infrastructures hors site et des premiers bâtiments.
La Ciss sera construite en plusieurs phases sur une superficie de 100 hectares dans une zone periurbaine à fort potentiel de croissance, à proximité des infrastructures majeures (routes nationales, aéroport, programmes immobiliers). Un campus ainsi que des installations résidentielles, commerciales et récréatives sont développés aux meilleurs standards internationaux pour créer un environnement “Live-Work-Play”.
D’autres réformes du secteur de l’enseignement supérieur porte sur la définition des critères de collaboration avec les mouvements et organisations estudiantins, la suppression progressive du BTS au profit du Diplôme universitaire d’enseignement professionnel (Dup), orienté vers les métiers destinés à pourvoir le système de développement en ouvriers spécialisés qui manquent pour accompagner l’économie nationale, la dématérialisation de la gestion des examens et concours. La création de l’Institut national supérieur des classes préparatoires aux Etudes d’Ingénieurs (Inspei) est une avancée notable. A ce propos d’ailleurs, une soixantaine d’étudiants boursiers avec régime d’internat a commencé l’année académique 2016-2017.