André Zogo, secrétaire exécutif du Pne-Bénin : « Il faut veiller à maintenir la qualité de l’eau »

Par Fulbert Adjimehossou,

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André Zogo, secrétaire exécutif du Pne-Bénin « Il faut veiller à maintenir la qualité de l’eau »André Zogo

La communauté internationale a célébré le 22 mars 2022 la Journée mondiale de l’eau placée sous le thème : « Eaux souterraines : rendre visible l’invisible ». Le secrétaire exécutif du Partenariat national de l’eau (Pne-Bénin), André Zogo évoque les défis en matière de sécurité en eau.

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La Nation : Que pouvons-nous comprendre par la sécurité en eau ?

André Zogo : La sécurité en eau, c’est un concept qui est de plus en plus utilisé actuellement et qui renvoie à la capacité de disposer de l’eau en quantité et en qualité acceptable, pour les moyens de subsistance, le bien-être au niveau de la population et le développement économique. Tout ceci n’est possible que dans un climat de paix et de stabilité politique. Sans la sécurité humaine, on ne pourra pas avoir une sécurité en eau, la disponibilité de l’eau en quantité et en qualité acceptable. Pour offrir à la population de l’eau de boisson, il faut disposer de la ressource. Aujourd’hui, au Bénin, les ressources en eau sont évaluées à 15 milliards de mètres cubes, dont 2 milliards de mètres cubes d’eaux souterraines. Ce qui signifie qu’en termes de ressources en eau, nous avons les eaux souterraines que nous ne voyons pas et les eaux de surface que nous voyons facilement à travers les plans d’eau, les cours d’eau, les mares, les lagunes, les océans, etc.

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Ces ressources sont-elles protégées, sécurisées ?

On peut dire que les eaux souterraines sont mieux protégées, puisque situées en profondeur, protégées par des couches pédologiques. Ces eaux ont déjà une qualité meilleure à celle des eaux superficielles qui sont exposées aux intempéries et aux activités anthropiques. Les usages qui sont faits de ces ressources varient selon leur nature. Comme les eaux souterraines ont à priori une qualité meilleure, on les réserve préférentiellement pour les usages directement en lien avec la consommation. Les ressources en eau superficielle sont préférées pour les autres usages (agriculture, industrie, etc.). À travers ces usages concurrentiels, on se rend compte qu’on peut, si l’on n’y prend garde, porter atteinte à la qualité de l’eau. Il est important, lorsqu’on utilise les ressources en eau, de pouvoir veiller à maintenir de façon durable la qualité de cette eau. À travers des activités telles que l’agriculture, qui utilisent les intrants chimiques, il y a la pollution des ressources en eau de surface. Ces éléments chimiques, transportés, peuvent aussi atteindre les eaux souterraines. Donc, il est important dans les activités économiques (agriculture, industrie) de veiller à maintenir la qualité de façon durable.

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Quels sont les défis actuels ?

En termes de défis, dans ce contexte de changement climatique, nous faisons face à des phénomènes extrêmes comme les inondations. Le défi, c’est de pouvoir faire en sorte que la population puisse continuer à avoir accès à l’eau potable parce que c’est facile qu’en période d’inondation, les personnes qui difficilement accédaient à l’eau potable commencent par utiliser ces eaux là comme sources d’approvisionnement en eau de boisson. C’est un premier défi. Le second concerne l’assainissement. Quand nous parlons de l’eau, nous devons parler en même temps de l’hygiène et de l’assainissement. On peut avoir une eau de qualité à la source, mais à la consommation, cette eau ne sera plus de bonne qualité. L’hygiène et l’assainissement doivent aller de pair. Dans ce cadre, il est nécessaire que l’attention qui est portée aujourd’hui à l’eau soit également portée à l’hygiène et l’assainissement. Jusqu’à un passé récent, on disait que l’hygiène et l’assainissement de base sont le parent pauvre du secteur. Aujourd’hui, on constate qu’il y a des investissements qui se font. Il faut qu’ils soient poursuivis pour que nous puissions avoir accès aux services d’assainissement pour accompagner les actions en cours dans le sous-secteur de l’eau et atteindre la sécurité en eau. Le 3e défi, auquel je voudrais que l’on s’intéresse, c’est d’œuvrer pour des cadres de concertation fonctionnels. Parce que, c’est avec ces concertations que lorsque les problèmes se posent, on arrive à trouver des solutions. C’est là tout l’intérêt de la gestion intégrée des ressources en eau (Gire).