Animation de la vie politique en 2021 : de grands faits marquants

Par Ariel GBAGUIDI,

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Rencontre entre patrice Talon et Yayi BoniRencontre majeure de décrispation de la tension politique

L’année 2021 égrène ses dernières 24 heures. Elle se referme avec des fortunes diverses pour les acteurs politiques de l’opposition et de la mouvance. Fait politique, majeur, la présidentielle d’avril. Celle de tous les tiraillements entre opposition et mouvance (et même au sein de certains partis d’opposition).
Après des tractations hors du commun, les candidats souhaitant challenger le président Patrice Talon, candidat à sa propre succession, ont fini par déposer leurs dossiers. Vingt paires de candidatures ont été enregistrées par la Commission électorale nationale autonome (Cena). Au final, l’organe chargé d’organiser les élections au Bénin n’a retenu que trois duos-candidats pour prendre part au scrutin du 11 avril. Paul Hounkpè-Alassane Soumanou pour le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Corentin Kohoué-Iréné Josias Agossa pour la dynamique Restaurer la confiance (Rlc) et Patrice Talon-Mariam Chabi Talata pour la mouvance composée des partis Bloc républicain (Br), Union progressiste (Up), Parti du renouveau démocratique (Prd), Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) et Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin). La Cena sera alors vivement critiquée par certains opposants au régime Talon, pour ce tri qu’ils ont jugé partisan. Mais Emmanuel Tiando et ses pairs sont restés imperturbables.
Le 3 mars, dans la ferveur de la précampagne électorale, la candidate du parti « Les Démocrates », Réckya Madougou, recalée à la présidentielle pour défaut de parrainages, est interpellée par la Police républicaine.
« Madame Réckya Madougou et certains membres de sa formation politique ont, selon toute vraisemblance, formé le dessein de perturber le prochain scrutin en perpétrant des actes de terreur de grande ampleur », informe le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Mario Métonou, quelques jours plus tard. L’ambiance devient alors plus viciée entre une partie de l’opposition (celle dite radicale) et le pouvoir en place. Mais cela n’empêchera pas la tenue de l’élection. Celle-ci a toutefois été perturbée par des actes de violences perpétrés par endroits au centre et au nord du pays. Au verdict final, la Cour constitutionnelle proclame la victoire par K.O du duo Talon-Talata, avec 86 % des voix. Fcbe vient en deuxième position avec 11,36 % des suffrages et Rlc ferme la marche. Les carottes seront définitivement cuites après que les deux autres duos en lice ont reconnu la victoire de Patrice Talon et sa colistière.
Quarante-cinq jours après le scrutin, Patrice Talon prête serment pour son second mandat, conformément à la Constitution révisée. L’ancien-nouveau président maintient sa main tendue à l’opposition politique en courroux contre son régime. « …Je veux vous rassurer que je serai le président de toutes les Béninoises et de tous les Béninois. Les élections ainsi que les incompréhensions ou les querelles qu’elles génèrent, c’est désormais du passé. Dans la cohésion, tous ensemble, mettons-nous au travail pour consacrer définitivement le redressement de la grande nation que nous sommes, la fierté du grand peuple que nous avons toujours été », a-t-il déclaré lors de son discours d’investiture le 23 mai au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo.

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2021, année de chance pour Paul Hounkpè ?

Bien avant son investiture à Porto-Novo, Patrice Talon nomme Paul Hounkpè chef de file de l’opposition, conformément aux dispositions de la loi portant statut de l’opposition. L’ancien ministre de Boni Yayi devient donc le patron de toute l’opposition béninoise. L’ancien maire de Bopa lance un appel à l’union puis nourrit l’ambition de créer une plateforme de l’opposition. Il a obtenu l’accord de principe de certains opposants mais le projet n’est pas encore concrétisé. Les démocrates constitueraient l’os dans sa gorge. La grosse question que le citoyen lambda se pose à présent, c’est si le chef de file de l’opposition lancera cette plateforme avec ou sans Les démocrates ?
En attendant, Paul Hounkpè profite de la position de son parti sur l’échiquier politique national. Le 22 septembre, sa formation à l’instar des partis Br et Up reçoivent leur financement public, un avantage accordé aux partis politiques les plus représentatifs par les nouvelles lois en vigueur. Pour l’année 2021, ces trois partis ont reçu chacun leur part de la cagnotte de trois milliards F Cfa.

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Talon-Yayi, Aïvo et Madougou…

La remise de chèques aux partis politiques par la Cena est annoncée comme étant l’actualité de la semaine du lundi 20 septembre. Mais une énorme donne que personne n’a vu venir change les choses. Boni Yayi rencontre Patrice Talon au palais de la République. Qui l’eût cru ? Les deux adversaires politiques vont se parler. La nouvelle se répand dans le monde entier. Les médias sont aux aguets. Des analystes politiques multiplient les déclarations dans la presse. Certains parmi eux affirment même qu’il y avait des signes avant-coureurs de la rencontre. Et comme annoncé, les deux rivaux se parlent au palais de la Marina. Au terme de la séance, l’ancien chef d’Etat béninois indique qu’il était porteur, entre autres, de doléances à Patrice Talon. Au nombre de celles-ci, figure la libération d’un certain nombre de personnes en détention provisoire suite aux violences électorales. Quelques semaines plus tard, plusieurs personnes dont des politiques sont libérées.

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Législatives 2023

En 2023, les députés de la huitième législature remettent leurs sièges en jeu. L’opposition ne souhaite pas encore rater le train du parlement comme ce fut le cas en 2019. Il y a quelques jours, les partis Fcbe et Les démocrates ont tenu respectivement leurs congrès et conseil national pour annoncer les couleurs. Au terme des travaux, les congressistes Fcbe optent pour la remobilisation des militants de sorte à remporter les joutes électorales prochaines, à commencer par celles de 2023. Les démocrates, quant à eux, officialisent leur appartenance à l’opposition. « Dès lors, je voudrais saisir l’opportunité que m’offre la présente session du conseil national pour déclarer une fois encore, ce jour 11 décembre 2021, que le parti Les Démocrates, notre parti, s’inscrit résolument dans l’opposition au régime du président Talon. Il entend jouer pleinement le rôle dévolu à ce statut et s’engage à respecter les dispositions légales qui le régissent. En retour, le parti Les démocrates invite le gouvernement et la mouvance présidentielle à respecter les droits de l’opposition et à lui faciliter la jouissance de ces droits… », a déclaré Eric Houndété, président du parti.
A fin août, quinze partis animent la vie politique au Bénin. Rlc demeure une dynamique car, Iréné Agossa et les siens n’ont pas encore obtenu le précieux document de reconnaissance officielle de leur parti. Mais la récente fusion des partis Br et Udbn réduit ce nombre à quatorze. Parmi ceux-ci, quatre sont de la mouvance.
De quoi sera faite l’année 2022 en termes d’animation de la vie politique ? Pour le moment, difficile de répondre à cette question. Mais une chose est sûre, l’année nouvelle sera celle de toutes les tractations en vue des législatives de 2023.