Appui à la production vivrière dans l’Alibori, le Borgou et les Collines : Les rendements améliorés sur plus de 36 000 ha

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le sourire aux lèvres des producteurs, et la sécurité alimentaire renforcée

Au moins 36 434 ha sont mis en valeur avec de nouvelles technologies de production vivrière, dans le cadre du projet Papvire mis en œuvre dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines. Le projet devrait atteindre, voire dépasser ses cibles à sa clôture prévue pour décembre prochain, malgré les retards dans certaines activités.

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Le Projet d’appui à la production vivrière et de renforcement de la résilience dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines (Papvire-Abc) a amélioré la productivité sur plus de 36 434 ha, soit 121 % de la cible qui était fixée à 30 000 ha, avec un doublement des rendements par rapport à la situation de référence (100 % de la cible finale) pour le maïs. La productivité moyenne du maïs est passée de 1263,6 (valeur de référence en 2016) à 3 096 kg/ha (cible : 3100 kg/ha). Pour le riz, le niveau de réalisation de l’objectif d’augmentation des rendements est de 85 % de la cible finale. La productivité moyenne du riz est passée de 3387 à 5015 kg/ha pour une cible de 5300 kg/ha.
Les travaux de réhabilitation des retenues d’eau avec des aménagements en aval et ceux des aménagements de bas-fonds à haute intensité de main-d’œuvre (Himo) sont achevés. A ces résultats, il est à ajouter la mise à l’échelle des technologies résilientes de production, à travers les Champs écoles paysans (Cep), ce qui a permis d’impacter la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de réduire la pauvreté dans la zone d’intervention du projet, à travers l’amélioration des revenus des producteurs de cultures céréalières et maraîchères.
Telles sont les principales conclusions du Rapport sur l’état d’exécution et des résultats du projet en date du 15 juillet publié par la Banque africaine de développement (Bad), partenaire financier du projet.
Ainsi, à la clôture prévue pour le 31 décembre 2022, la plupart des cibles du projet seront soit atteintes soit dépassées, estime Ibro Manomi, rapporteur et chef de projet. Toutefois, signale-t-il, au regard de la faible cadence d’évolution des travaux, il est peu probable que les 15,75 %
des ressources restantes soient décaissées avant cette date. En effet, au 30 juin, souligne le rapport, le projet est à un taux de décaissement de 84,25 % des ressources du Global Agriculture and Food Security Program (Gafsp). La mobilisation de la contrepartie nationale est restée à un taux constant de 52 %.

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Mesures correctives

Il est noté un retard « important » au niveau des travaux d’aménagement de bas-fonds en raison de la faible capacité financière des entreprises et de la survenue de quelques réajustements des options techniques préconisées par les études. Ces corrections ont nécessité la prise d’avenants suite à la baisse de la nappe phréatique à Karimama (304 ha) et la dégradation de certains ouvrages réalisés suite à la forte pression des eaux de ruissellement à Banikoara (169 ha). Il se pose également un problème de non-respect de l’engagement pris par les entreprises de reprendre les travaux de janvier à mars. Des perturbations sont aussi enregistrées suite aux difficultés d’approvisionnement en carburant et au renchérissement des coûts des matériaux. Toutes choses qui ont impacté négativement la performance du projet, notamment en termes de taux de décaissement qui aurait dû être plus important (816 millions F Cfa).
Alors, la mission de supervision de la Bad préconise l’application « stricte » des pénalités de retard aux entreprises et la possibilité de résilier des contrats et de terminer les travaux en régie. Elle suggère également l’assistance aux entreprises pour la correction des défaillances techniques liées aux études, le renforcement du suivi conjoint rapproché des sites, la formation sur la gestion et l’entretien des ouvrages.
En ce qui concerne le retard dans l’engagement des dossiers du Budget national en raison de la mise en application d’un nouveau système de gestion des finances publiques, qui impacte négativement les activités d’installation des jeunes en groupements, l’appui du ministre de l’Economie et des Finances est sollicité pour une autorisation spéciale d’engagement en vue du décaissement effectif des ressources.
Pour remédier au retard dans la mise en exploitation des Entreprises de services et organisations de producteurs (Esop) de riz et de maïs, il sera question de diligenter l’acquisition et l’installation des équipements de transformation de maïs ainsi que la mise en exploitation de la rizerie de N’dali et d’accélérer le processus de réalisation des travaux confortatifs.
Le projet devra aussi accompagner les bénéficiaires à pleinement tirer parti des investissements, à travers notamment l’exploitation optimale des retenues d’eau et des périmètres en aval, le warrantage, les commandes et ventes groupées ainsi que la promotion de l’entreprenariat agricole.