Appui aux collectivités territoriales du Mono: 12 sites aménagés pour drainer des touristes

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Des sites de vestiges coloniaux ou de curiosités naturelles, sélectionnés dans chacune des six communes du département du Mono, se dotent de commodités inédites pour un meilleur accueil des touristes. Les travaux d’aménagement qui s’étendent aux voies d’accès aux sites sont financés par l’Union Européenne dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui au développement territorial (Padt). Objectif, relever le niveau des recettes liées au tourisme.

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Exit le visage sauvage qu’affichaient certains sites touristiques du département du Mono. Douze au total, à raison de deux par commune, ces sites deviennent depuis peu des espaces agréables à visiter grâce à quelques commodités introduites. De celles qui sautent à l’œil, on note la construction de latrines modernes alimentées en eau de forage. Lequel liquide serait propre pour se désaltérer aussi. De même, le nouveau décor est marqué par la présence de paillotes rectangulaires ou circulaires en matériaux définitifs et artistiquement décorées pour servir d’abri contre les intempéries. Les voies d’accès aux sites ne sont pas oubliées dans l’agenda des travaux d’aménagement. Il en est de même du renforcement des capacités des guides et autres animateurs du tourisme.
A la suite de ce qui est déjà fait, on a du plaisir à visiter, par exemple, le fétiche mythique Lowunvodo, dans sa forêt sacrée à Lokossa. Idem pour le lac aux crocodiles à Doukonta, le second site aménagé pour le compte de la cité des Kotafon. On peut savourer le même plaisir dans le reste des communes où les travaux tirent à leur fin. Notamment à Athiémé où ça vaut la peine de tenter un détour sur l’ancien port fluvial ayant reçu sa dose d’aménagement. Athiémé c’est aussi l’antre d’importants vestiges coloniaux qui ne laissent pas indifférent. Pour le compte de Houéyogbé, les aménagements portent sur le site de la poterie de Sè et le mausolée de Sossa Guèdèhounguè, premier président de la Communauté nationale des cultes vodoun du Bénin. La berge lagunaire d’Awamè ainsi que la place Saradji et son arbre fétiche, grand symbole dans la représentation du peuple Waci, sont les sites qui retiennent l’attention à Comé. La commune de Bopa, quant à elle, bénéficie de l’aménagement du belvédère de Kpindji et du site de la tombe de Paul Jean-Marie Grange du nom du commandant de cercle qui avait dirigé la répression contre la résistance de la communauté Sahoué. Français d’origine, M. Grange est décédé en juillet 1918 à Doutou. Sa dépouille ramenée à Bopa a été enterrée dans l’enceinte de ce qui tient lieu de l’hôtel de ville. Le défunt a été administrateur adjoint de 1re classe des colonies. Pour le compte de Grand-Popo, les sites retenus sont la bouche du Roy et la place Agbolou. Premier volet de manifestation culturelle de la fête de Yêkê-yêke à Agoué-Adjigo, Agbolou est la danse qui annonce l’entrée dans une nouvelle année chez les peuples Guin-Mina. Mais ici comme au niveau de la Bouche du Roy, les travaux d’aménagement ont eu du plomb dans l’aile au point où l’on a craint, à un moment donné, le retour au bailleur des fonds alloués à la commune. Cet état de chose, se défend le maire Jocelyn Ahyi, est dû à des incompréhensions qui ont fini par être clarifiées. A l’en croire, le rythme d’exécution des travaux augure désormais de ce que « Aucun des fonds destinés à Grand-Popo ne seront retournés ».

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Création de plus de mille emplois

Engagés depuis décembre 2019 pour une durée de 24 mois, les travaux qui rendent un peu plus attractifs les sites mentionnés ci-haut sont des investissements de l’Union Européenne à travers le Programme d’appui au développement territorial. En effet, le Padt avait lancé un appel à projets à l’intention des communes et des intercommunalités. Sur 80 dossiers, le Padt n’a retenu que douze dont le projet du Groupement intercommunal du Mono. Il s’agit de la création d’un Circuit touristique intercommunal dans le département du Mono (Cirtoum). Il est question de mettre les sites aménagés en tourisme de façon qu’il ait une synergie. « On ne doit pas voir la même chose d’une commune à l’autre », souligne le directeur exécutif du Gi-Mono. Patriege Romain Agbadja, le De/Gi-Mono, développe :
« Mettre en tourisme les sites c’est faire en sorte que les informations afférentes circulent dans le secteur. Les acteurs doivent savoir les endroits à visiter, comment aller de tel endroit à tel autre ». En parallèle à l’aménagement des sites touristiques, Cirtoum promeut aussi l’avènement des « quartiers modèles sans déchets créés ». En somme, il s’agit d’un projet qui tranche d’avec la tradition des services sociaux gratuits en inaugurant l’ère de création de richesse. Au dire de ses initiateurs, Cirtoum s’inscrit dans la logique de « l’optimisation des ressources fiscales en vue d’améliorer le potentiel des communes et par ricochet leurs interventions au niveau des populations ».
« Cirtoum est un projet à vocation économique », précise le directeur exécutif. De la mise en place du circuit touristique, qui traverse chacune des six communes du Mono, il est attendu entre autres impacts, la création de plus de mille emplois n

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