Après des investigations sur l’insécurité montante au Bénin ; “La Croix” tire la sonnette d’alarme

Par Didier Pascal DOGUE,

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Les responsables de l’hebdomadaire catholique “La Croix” du Bénin ont animé, jeudi 6 octobre, une conférence de presse. Celle-ci portait sur la dissémination des résultats de leurs investigations sur la montée de l’insécurité au Bénin, un dossier conduit par Guy Dossou-Yovo, dans le cadre du Projet “Médias pour le développement” (Média-dév) appuyé par Open society initiative for West Africa (OSIWA).

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«On dévalise en plein jour en tirant à bout portant sur les paisibles populations », déplore Guy Dossou-Yovo, l’animateur du desk Politique et Société de l’hebdomadaire “La Croix”. Il expliquait ainsi le mode opératoire des braqueurs qui investissent les supermarchés et tous les endroits où l’argent “sent”. « Ils entrent en toute confiance. Ils déballent leurs sacs avec assurance… Puis quelques-uns d’entre eux, les plus costauds et trapus s’avancent vers moi furieux, très menaçants et brandissent leurs armes ». Tel est le témoignage d’une miraculée du phénomène qui sévit dans la capitale économique du Bénin. Pour Guy Dossou-Yovo, les braquages sont devenus si fréquents que les Béninois commencent à s’y habituer. Ce qui, du reste, n’est pas normal, estime-t-il.

C’est justement pour travailler à aider les gouvernants à voir là où il faut agir, que l’abbé Crépin Magloire Acapovi, coordonnateur du projet Média-Dév, plantant le décor, confie que le développement a plusieurs facettes.
«Nous ne pouvons pas prétendre être un peuple démocratique, s’il n’y a pas de liberté, s’il n’y a pas de sécurité des personnes ou des biens », soutient le directeur de publication de “La Croix”. Un manque qu’entend combler le projet qu’il coordonne par une remarquable contribution. La preuve, justifie Guy Dossou-Yovo, les derniers exploits de la police qui a démantelé ou anéanti plusieurs éléments troublant la quiétude des populations ne sauraient voiler l’ampleur qu’a prise le phénomène.
“Le ver est dans le fruit”, la 2e pièce du dossier permet de révéler comment certains policiers, gendarmes et autres chargés de la sécurité des citoyens sont accusés de complicité, d’incompétence et d’inorganisation et mettent de fait en péril la collaboration avec la population. La déclaration de Nestor Béhéton, ancien responsable de la sécurité au Bénin est assez éloquente, relève Guy Dossou-Yovo, déclaration faite lors d’une causerie-débat de l’Amicale des gendarmes retraités le 16 septembre dernier sur le thème «Braquage et vindicte populaire : quelle place pour les gendarmes ? »
L’orateur, selon lui, a confessé publiquement qu’il y a un véritable problème. La police et la gendarmerie ne fonctionnent plus comme elles devraient. « La population a perdu confiance ; les populations n’ont aucun tort en participant à la vindicte populaire. Que les gendarmes jouent correctement leurs rôles et ils verront une population qui collaborera », a expliqué l’ancien responsable de la sécurité. « Le ver est donc bien dans le fruit », insiste Guy Dossou-Yovo.
C’est à toute l’organisation du système sécuritaire béninois avec ses agents, ses responsables et structures qu’il faut s’attaquer par des mesures hardies et efficaces.

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Les autres articles

Guy Dossou-Yovo expose les autres articles du dossier afin de montrer l’ampleur du phénomène et la thérapie de choc qu’il faudra lui administrer pour espérer l’émergence de notre peuple et de notre pays. Le manque criard de moyens humains, financiers et d’équipements assez modernes pour les forces de sécurité publique, le relâchement de la discipline et la corruption au sein des forces de sécurité, la non-protection des sources de renseignements par les agents de la sécurité eux-mêmes et l’insuffisance de la protection des citoyens et de leurs biens plombent les actions des agents. Le déficit des compétences sécuritaires face à l’évolution de la criminalité, la trop grande vulnérabilité des travailleurs en général et des hommes du micro et du papier exposés à toutes sortes de risques et l’incivisme grandissant des citoyens sur les routes béninoises devenues plus meurtrières, ont également été relevés. Il y a aussi, indique Guy Dossou-Yovo, trois défis pertinents à relever pour contenir l’insécurité : poursuivre la dotation des forces de sécurité en moyens humains, matériels et financiers à la hauteur de l’enjeu sécuritaire, travailler à reconquérir la confiance des populations en vue d’une plus franche sincère et loyale collaboration avec les agents et s’employer à réduire à défaut de l’éradiquer, la vulnérabilité des travailleurs de tous ordres à travers une meilleure application de la législation du travail.
Au total, sur la montée de l’insécurité, la sécurité étant une question délicate justifie le fait qu’elle ait été la dernière à être publiée. « Nous ne voulons pas mettre l’huile sur le feu », assure le rédacteur en chef, Alain Sessou, mais pour autant insiste le directeur de publication, la sécurité effective révèle un autre nom du développement et il faut que l’Etat fasse tout pour l’assurer?

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