Après les cérémonies de «Ganmèvo Fifon» à Djimè : Dada Dèwènondo Gbêhanzin en route pour le palais central de Danxomè

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Après les cérémonies de «Ganmèvo Fifon» à Djimè Dada Dèwènondo Gbêhanzin en route pour le palais central de DanxomèDada Dèwènondo Gbêhanzin au milieu de sa cour

Après cinq jours de rituels, les cérémonies dites « Ganmèvo Fifon » à Djimè à Abomey ont pris fin tard dans la nuit du vendredi 27 mai dernier. Le clou des cérémonies a été le « Houn gnigni » fait de rituels d’identification aux rythmes des divinités.

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Durant cinq jours, le palais de Djimè a vibré aux rythmes des diverses divinités du Danxomè. Les manifestations, aussi bien nocturnes que diurnes, ont drainé des foules impressionnantes de familles princières et de collectivités alliées aux Gbêhanzin. Les cérémonies dites « Ganmèvo Fifon » faites d’activités culturelles et cultuelles ont été clôturées par le nouveau roi Dèwènondo Gbêhanzin. Les divinités et les mânes des ancêtres de ce palais ont été implorés et célébrés pour la prospérité du règne du nouveau locataire du palais de Djimè.
Une cérémonie qui a permis aussi de rendre hommage aux douze lignées de la dynastie royale de Danxomè, pour implorer la clémence et les bénédictions des mânes des ancêtres en vue de la paix, du bonheur, de l’abondance, de la santé, de la longévité en faveur de tous les Béninois, des dirigeants politiques et de tous les princes et princesses du royaume. Ainsi, tous les Assiata, Gbonougan, vodounon, vodounsi, et responsables de lignées royales ont été associés à cette communion fraternelle.
La boucle étant désormais bouclée à Djimè, Dèwènondo Gbêhanzin prend la route du palais central Singbodji à Abomey pour y être investi roi du plateau d’Abomey dans les prochains jours.
Après avoir exprimé sa satisfaction pour la réussite de ces cérémonies qui ne s’étaient plus tenues depuis 11 ans, Dada Dèwènondo Gbêhanzin suggère que celles-ci s’organisent deux fois l’an ou périodiquement selon la volonté des ancêtres qui sont les seuls à assurer l’organisation d’une telle manifestation. Et, précise-t-il, «Ce n’est pas une invention. C’est une tradition qui se perpétue de génération en génération ».

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Des prières exaucées

Dada Dèwènondo Gbêhanzin poursuit en indiquant que les diverses prières, les souhaits émis à l’endroit des aïeux lors des présentes cérémonies ont été bel et bien exaucés. Et cela s’est traduit par la présence des Dada, c’est-à-dire les ancêtres incarnés qui ont manifesté leur gratitude à travers la cérémonie dite « Wéhon ». Des adeptes de vodoun, représentant les ancêtres, ont fait leur apparition sur scène. Chants, danses et panégyriques claniques ont accompagné leur majestueuse sortie sur plusieurs jours.
Selon les explications du prince Constant Agbidinoukoun-Glèlè, il a été noté la présence de plusieurs catégories de Dada. « Il y a les Dada elles-mêmes qui sont au nombre de trois. On les reconnait de par leurs accoutrements. Elles sont accompagnées de leurs assistants qui échangent avec elles. C’est un symbole, un rituel », insiste-t-il avant de faire remarquer que la compréhension ou le décryptage de cet acte n’est pas à la portée de tout le monde. Il précise que « ceux qui s’y connaissent, quand ils voient, savent de quoi il s’agit parce que tout le monde n’est pas initié et tout le monde ne peut pas être initié non plus ».
Le rituel dit « Houn gnigni » a consacré la fin des cérémonies. C’est un moment solennel où on congédie les tam-tams invités à la manifestation. Les organisations ont témoigné leur gratitude à tous ceux qui les ont accompagnés de diverses manières pour la réussite de Ganmèvo Fifon. Au bilan, Constant Agbidinoukoun a estimé que le pari est gagné. Ce qui donne à sa Majesté la plénitude de son pouvoir royal.
Après la clôture de ces cérémonies, cap est désormais mis sur Singbodji, le palais central de Danxomè.