Arts et culture : le Tchink system pourrait devenir la musique identitaire du Bénin

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Identité culturelle du Bénin

Le Bénin se propose d’expérimenter une identité musicale propre pour mieux valoriser le potentiel des acteurs de cet art. Réflexions, suggestions et propositions, pistes de solution et feuille de route pour y arriver ont mobilisé, il y a peu, au Centre culturel Artisttik-Africa de Cotonou, autorités en charge du secteur et acteurs multifonctions.

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Le ministère en charge des Arts et de la Culture par le truchement de la direction des Arts et du livre (Dal) est porteur d’un nouveau creuset d’échanges avec les acteurs culturels, toutes catégories confondues. « Carrefour des arts » se veut un moment de réflexions et de suggestions pour solutionner à petits mais rassurants pas les maux qui ont empêché la culture béninoise de connaître le sort que lui souhaitent ses acteurs et porteurs. Pour l’Acte 1 au Carrefour des arts, la musique s’est invitée au cœur des échanges.
« Le Tchink system : Stan Tohon, précurseur d’une musique d’identification béninoise ? ». Le thème choisi pour guider les réflexions à l’occasion illustre bien les ambitions de ce nouveau conclave pour lequel maisons de production, studios d’enregistrements, artistes, managers, promoteurs, disc jockey, journalistes et animateurs ont effectué le déplacement. C’est un chantier qui mérite d’être exploré, soulignera dans la foulée, Blaise Tchétchao, directeur des Arts et du livre, initiateur. «Le Carrefour des arts est une tribune d’échanges francs, constructeurs et fructueux sur les questions de développement des industries culturelles et créatives. Elle se veut itinérante avec des thèmes variés. La finalité de cette initiative est de recueillir des propositions concrètes, réalistes et exploi-tables», appuie-t-il.
Pour décortiquer le premier thème, la communication inaugurale est revenue à Simon Dédji dont le parcours en matière de musique force respect et admiration. L’enseignant à l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac) de l’Université d’Abomey-Calavi, sous la modération du musicien Eric Thomson, reconnait comme bien d’autres que le Bénin peut revendiquer une belle musique qui se trouve d’ailleurs variée. Seule difficulté, elle a du mal à traverser les frontières pour devenir une musique ou une identité made in Benin. Que faire donc ? Simon Dédji propose de fédérer les énergies autour d’un ou de trois types de musique au plus et d’y concentrer les efforts des acteurs. Ce faisant, pense le communicateur, cet art portera les fruits qu’on attend de lui.

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Investir

Cette suggestion plait bien à certains. La plupart des intervenants à la rencontre ont approuvé cette option et fait des suggestions pour l’améliorer. Certains comme Prosper Gogoyi se feront plus incisifs sur les investissements. Si le Bénin espère rivaliser avec les grands noms de la musique qui le ceinturent, il doit porter la barre très haut, être capable de faire des réalisations qui rivalisent avec les grands noms de la musique nigériane par exemple. Et cela passe par de lourds investissements, indique-t-il. Passée la question du choix et de l’investissement, beaucoup ont insisté également sur le comportement du consommateur. Si hier, il fallait débourser et payer des disques, aujourd’hui, même avec une connexion internet de cent francs Cfa, le citoyen a la possibilité de consommer les productions d’ici et d’ailleurs et de se livrer ainsi à une comparaison, soutient le producteur, exposant ainsi l’un des défis majeurs de la musique béninoise. Il ne sera pas le seul. D’autres voix se feront entendre pour porter le doigt sur ce qui plombe l’envol de la musique béninoise, les voies et moyens pour parvenir à une musique identitaire et surtout comment promouvoir le Tchink system.
Un brin d’émotion s’est aussi invité dans les échanges avec les témoignages sur Stan Tohon. Qu’il s’agisse de ses anciens danseurs et chorégraphes ou encore de Soul Bass, l’homme qui, pendant plus de vingt ans, a été son chef d’orchestre ou d’autres connaisseurs du milieu musical béninois, plusieurs anecdotes ou coulisses de la carrière de l’artiste et de sa musique ont été partagées avec le public. In fine, et dans un souci de vite agir, un comité de suivi a été mis sur pied pour recueillir et structurer les propositions et recommandations. Il les finalisera sous forme de rapport à adresser aux responsables du ministère pour une mise en œuvre. L’objectif étant de parvenir au plus vite à identifier un rythme propre au Bénin et qui fédère les musiciens et toutes les structures qui gravitent autour d’eux.

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