Assassinat (1er dossier): Michel Noumonvi et Chabi Séro écopent de 15 ans de réclusion criminelle

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Ouverte, hier lundi 29 juillet, la première session criminelle du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, au titre de l’année 2019, a connu du premier dossier inscrit à son rôle. C’est une affaire d’assassinat pour laquelle Michel Noumonvi et Chabi Séro ont été reconnus coupables, puis condamnés à quinze ans de réclusion criminelle.

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Agés respectivement de 46 ans et 49 ans, Michel Noumonvi, vendeur de divers, et Chabi Séro, cultivateur, tous résidant à Tamarou, commune de N’Dali, retournent en prison pour purger leur peine de 15 ans de réclusion criminelle, après avoir été reconnus coupables de l’assassinat de Roger Diti. Mis sous mandat de dépôt le 18 juin 2015, ils étaient hier, lundi 29 juillet, au Tribunal de première instance de première classe de Parakou statuant en matière criminelle et présidé par Adamou Moussa.
Interpelés et inculpés du chef d’accusation d’assassinat, ils n’ont pas reconnu les faits à eux reprochés, tant à l’enquête préliminaire que devant le juge instructeur. A la barre hier, les deux sont restés dans la dénégation, préférant se rejeter la responsabilité de ce qui s’était passé.
Aux questions du président, Adamou Moussa, du représentant du ministère public, Nourou Dine Bakary et des avocats chargés de leur défense, Enock Chadaré et Mohamed Toko, Chabi Séro soutiendra que c’est entre son co-accusé et la victime que la bagarre a commencé et qu’il n’a fait que les séparer. Ce que Michel Noumonvi balaiera du revers de la main, arguant qu’il l’a plutôt forcé à reconnaître les faits contre une récompense de 200 000 francs Cfa et la promesse ferme de l’aider à sortir de prison, à son tour. Mieux, il confie s’être présenté sur les lieux de la soirée « Patanti », avec 5 l de boisson alcoolisée communément appelée « Sodabi ».
 Il avait déjà réussi à en écouler 3,5 l avant que l’altercation soit survenue. Invité à la barre pour une confrontation par rapport à bien d’autres points, Chabi Séro déclarera que si ce n’est pas cette bagarre, Michel Noumonvi n’a rien apporté, même pas une seule goutte de boisson.

Imbroglio

Des réponses qui, déplorera le représentant du ministère public, Nourou Dine Bakary, dans son réquisitoire, n’ont pas fait avancer les débats. « Qui sont les auteurs de ce crime ? Dans quelles circonstances, la victime s’est retrouvée dans un puits ? Nous nous retrouvons face à une découverte de cadavre. L’enquête préliminaire, ainsi que l’instruction ne nous ont pas édifiés. Mais il existe une constance, c’est qu’il y a eu un mort », fait-il constater. « A l’instruction à la barre, je suis encore resté sur ma faim », a-t-il poursuivi, en faisant observer que l’absence des témoins ne leur a pas facilité la tâche. « Le certificat de décès ne nous situe pas davantage. On nous a parlé de traces de violences retrouvées sur le corps de la victime, mais nous n’avons eu aucune réponse à nos questions », a ajouté Nourou Dine Bakary. « L’imputation des faits aux accusés me pose problème dès lors que des éléments d’imputabilité n’existent pas pour situer le lien de causalité », a-t-il insisté. Selon lui, le doute subsiste sur l’imputabilité et les faits mis à leur charge ne sont pas suffisamment établis. Il demande alors de les acquitter au bénéfice du doute.
Défendant les intérêts de Chabi Séro, Me Mohamed Toko a félicité le représentant du ministère public pour avoir mis en exergue tout ce qui concerne les principes en matière pénale. Son collègue Enock Chadaré qui défendait Michel Noumonvi n’a pu cacher son émotion en intervenant, parce qu’il y a eu mort d’homme. Il a souhaité que les faits soient examinés avec minutie pour rechercher les éléments constitutifs du crime d’assassinat imputé à son client. « L’assassinat est un fait aggravé soit par la préméditation, soit par le guet-apens. Ce qui n’est pas le cas dans l’un ou l’autre cas. Le dossier ne nous renseigne pas sur l’objet et le matériel utilisés pour supprimer la vie à Roger Diti. Votre tribunal aura du mal à retenir l’assassinat comme élément d’inculpation », fait-il observer à la cour. « Le doute profite toujours à l’accusé. Dans le cas d’espèce, il y a un doute épais », conclut-il.
L’enquête de moralité est favorable aux deux accusés. Leurs bulletins N°1 ne portent également mention d’aucune condamnation antérieure. Selon leurs rapports d’expertise psychiatrique et médico-psychologique établis, ils ne souffrent d’aucun trouble pouvant abolir le contrôle de leurs actions au moment des faits.
Mais contre toute attente, la cour les a déclarés coupables d’assassinat, puis les a condamnés à 15 ans de réclusion criminelle.

Les faits

Dans la nuit du 13 au 14 juin 2015, Roger Diti, un ressortissant de l’Atacora résidant à Tamarou, commune de N’Dali, s’est rendu à une soirée dénommée « Patanti » avec sa femme Christine N’Tifa, une jeune fille d’environ 14 ans. L’un des membres du groupe auquel appartenaient Michel Noumonvi et Chabi Séro a tenté d’embrasser son épouse avec laquelle il dansait après avoir consommé la boisson locale. Considérant cet acte comme un affront, il a réagi. Il s’ensuivra une altercation vite contenue par l’intervention de certaines personnes dont le sieur Zato qui a reconduit Roger Diti à la maison. Mais Michel Noumonvi et Chabi Séro, qui n’ont pas voulu en rester là, se sont portés clandestinement à son domicile. Ils ont défoncé sa porte et lui ont donné des coups à la tête avec un objet contondant avant de jeter son corps sans vie dans un puits qui a tari. Ce n’est qu’au petit matin du dimanche 14 juin 2015 que la dépouille de Roger Diti a été découverte. A son domicile, on a également retrouvé les chaussures de Chabi Séro. Ce dernier et Michel Noumonvi ont été soupçonnés d’être les auteurs des faits. Lors de leur arrestation, il a été remarqué que Chabi Séro portait les chaussures du défunt et qu’il y avait des traces de sang sur les pieds de Michel Noumonvi n

Composition de la cour :

Président : Adamou Moussa

Assesseurs : Lionel Dossou Nouatin, Arlen Dossa-Avocè, Alou Bani Demon, E. Francis Bodjrènou

Ministère public : Nourou Dine Bakary

Greffier : Me Alexandre Azélokonon

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