Assassinat (8e dossier): Guidado Djaodji acquité, Sanda Matchou écope de 20 ans de réclusion criminelle

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, mercredi 30 mai dernier, pour répondre des crimes d’assassinat et de complicité d’assassinat, Sanda Matchou et Guidado Djaodji ont connu des fortunes diverses. Alors que le premier a écopé de 20 ans de réclusion criminelle, le second a purement et simplement été acquitté.

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La cour d’assises de la cour d’appel de Parakou était à son huitième dossier, mercredi 30 mai dernier. Il portait sur une infraction d’assassinat et de complicité d’assassinat sur dame Bambata Yobi et son bébé de 9 mois. A la barre pour s’expliquer leur implication dans sa commission, Sanda Matchou a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle et Guidado Djaodji acquitté purement et simplement, à l’issue du procès.
A l’audition, Sanda Matchou a indiqué que c’est en prison qu’il a connu Guidado Djaodji. Qu’il ne lui a jamais soumis un problème de faiblesse sexuelle auquel il serait confronté. Et que ce dernier ne lui a jamais demandé d’aller chercher une tête et du sang humains pour être soigné et prendre aussi une somme de 1 million de francs Cfa. Il s’en est pris à la victime parce qu’elle lui doit 200 000 F, fruit de la vente d’un taureau qu’il lui avait confié.
Alors que le président de la cour, Adame Banzou et l’avocat général, Jacques Fiacre Azalou, rapportent que la victime a été tuée avec une arme blanche, Sanda Matchou soutient mordicus que c’est plutôt suite au coup de fusil d’un certain Boukari Boubakar. Avant de se porter vers la dame, poursuit l’accusé, son complice resté introuvable lui avait remis des comprimés de « 5×5 » dont il a pris 10 sur-le-champ.

Des insuffisances

Pour l’avocat général, Sanda Matchou a commis un homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. Il a pris le soin de prendre un médicament dérivé de la drogue pour se mettre en condition, avant de suivre nuitamment la victime sur le chemin du marché, puis l’a attaqué à coups de couteau. « Il a tout simplement assassiné la dame. Quant à son enfant de 9 mois, il a également été retrouvé sans vie, la tête enfouie dans le sable», a-t-il déploré. Il demandera à la cour de déclarer Sanda Matchou coupable d’assassinat, suivant les dispositions des articles 295 et 304 alinéa 4 du Code pénal, puis de le condamner à la perpétuité.
S’agissant de Guidado
Djaodji présent à la barre pour avoir été accusé de complicité d’assassinat, il a dit ne pas savoir s’il a réellement commandité l’assassinat. Ne disposant d’aucun élément pour établir sa culpabilité, il invitera la cour à l’acquitter purement et simplement.
A sa suite, les conseils de Sanda Matchou et de
Guidado Djaodji, Me Angelo Hounkpatin et Me Ibrahim Salami, demanderont à la cour d’examiner les faits à la lumière des réalités de notre société. Selon eux, le dossier a été mal ficelé, parce que Guidado Djaodji ne mérite pas de se retrouver à la barre. Si le rapport psychiatrique de Sanda Matchou avait été réalisé dans les temps voisins, a insisté Me Angelo
Hounkpatin, on lui aurait trouvé des circonstances atténuantes, à cause des comprimés qu’il a pris. « Sanda Matchou doit répondre de son acte. Mais sachez juger en pensant à le réinsérer, parce qu’il est un Peul qui a appris à vivre comme un marginalisé de la société », a-t-il plaidé.
Selon Me Ibrahim Salami, les faits qui justifient le présent procès ont plusieurs versions. La première, explique-t-il, c’est avec Boukari Boubakar qui est en cavale. La deuxième, c’est pour prélever des organes humains. « Lorsqu’on est en face des faits contradictoires, on s’en tient à des constances. Ce qui est sûr, il y a eu des morts, un couteau taché de sang dont on ignore si c’est celui de la victime que le dossier a prêté à Sanda Matchou», informe-t-il. Selon lui, son client Guidado Djaodji a été jeté en prison pendant quatre ans pour rien ; l’accusé principal ne l’ayant pas reconnu. Il ne plaide pas le doute, mais l’acquittement pur et simple.
En détention depuis le 6 janvier 2014, Sanda Matchou a encore plus de 15 ans à passer. Quant à Guidado Djaodji, il recouvre la liberté après en avoir été privé depuis le 1er janvier 2014.
Les faits

Le lundi 30 décembre 2013, dans l’arrondissement de Baréi, commune de Djougou, aux environs de 19 h, dame Bambata Yobi qui revenait du marché avec son bébé de 9 mois au dos, a été soudainement agressée par Sanda Matchou qui la tua à l’aide d’une machette. Il lui a asséné plusieurs coups à la poitrine, aux épaules et aux bras, avant d’égorger le bébé dont il enterra la tête à côté d’une bute d’igname.
Sanda Matchou indiquera qu’il a agi sous l’effet d’un produit pharmaceutique dénommé « Diazépam » que Guidado Djaodji lui aurait remis afin de décupler sa force et son courage. Il ajoute que ce dernier lui a demandé d’accomplir cet acte pour obtenir du sang et des organes humains afin de le guérir de sa faiblesse sexuelle et de lui permettre la fabrication de billets de banque contre la somme de 1 million de francs Cfa en guise de récompense.
Tels sont les faits soumis à l’appréciation du président de la cour, Adame Banzou dont les assesseurs étaient Essowè Batamoussi et Marius Ogou.

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