Assassinat (Cour d’assises Parakou / 13e dossier): Ismaël Zibo écope de 20 ans de réclusion pour sa méchanceté

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Le sieur Ismaël Zibo a été présenté, vendredi 1er juin dernier, devant la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. C’est pour répondre des faits liés à une infraction d’assassinat. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, au terme du procès.

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La vengeance, a-t-on coutume de dire, est un plat qui se mange froid. Ismaël Zibo l’a prouvé, en ôtant avec bestialité et une rare méchanceté la vie à Ibrahim Zibo qui, un an plus tôt, avait assassiné son grand-frère, Assane Zibo. Né vers 1992 à Dosso, au Niger, il était à la barre, vendredi 1er juin dernier, pour répondre de son crime. La cour l’a déclaré coupable, au regard des articles 295 à 298 et 302 du Code pénal, d’avoir volontairement commis un homicide avec préméditation. Par conséquent, elle l’a condamné à 20 ans de réclusion criminelle.
Comme à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, Ismaël Zibo a reconnu les faits à la barre. Pris de remords, il met son acte sous le coup de l’ignorance et implore la clémence de la cour présidée par Richard Limoan. Au cours d’une altercation avec Ibrahim Zibo, se souvient-il, ce dernier lui avait recommandé de ne pas oublier ce qui était arrivé à son grand-frère. Ce à quoi, il lui avait également répondu : « Fais ce que tu veux ».
Dans la vie communautaire, confie l’avocat général Géry Akuéson, il est parfois des situations qui se produisent et laissent sans voix. « A la quête d’un mieux-être, ils sont partis ensemble de Dosso et ont cheminé jusqu’à Malanville. Ils ont passé deux semaines à travailler ensemble et à partager les mêmes repas », explique le représentant du ministère public. Mais suite à une altercation qui a dégénéré en bagarre, Ismaël Zibo a égorgé à l’aide d’un couteau Ibrahim Zibo. Non content de l’avoir déjà tué, il le décapita et l’amputa de ses organes génitaux. « Qu’est-ce qui peut amener un homme à disposer ainsi de celui qui a été son compagnon de route ?», s’interroge Géry Akuéson.
Appréciant les éléments constitutifs de l’infraction d’homicide avec préméditation et guet-apens, il établit qu’ils sont réunis. Selon lui, l’accusé a agi par vengeance, en se servant d’une arme blanche pour supprimer la vie à Ibrahim Zibo.
Etant accessible à la sanction pénale, parce qu’il était en possession de ses facultés mentales au moment des faits, l’avocat général invite la cour à le retenir dans les liens de l’accusation et à le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.
Me Enoch Judicaël Chadaré, assurant la défense de l’accusé, appellera plutôt la cour à une application douce et bienveillante de la loi pénale. Tout en plaidant coupable pour le meurtre, il indiquera que ce n’est pas avec préméditation.
Pour examiner cette affaire, le président Richard Limoan était assisté de Firmin Amoussou et Richard Akodossi.
De nationalité nigérienne tout comme sa victime, Ismaël Zibo a quitté son pays, abandonnant sa femme et ses trois enfants, espérant faire fortune au Bénin avant de se retrouver en prison. En détention depuis le 15 décembre 2014, il ne recouvrera sa liberté qu’après plus de 16 ans?

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Les faits

Ismaël Zibo et Ibrahim Zibo sont tous originaires du Niger. Ils ont quitté ensemble Dosso pour se retrouver dans une ferme à Fianfounfoun, village de Goun-Goun, dans l’arrondissement de Guéné à Malanville, comme ouvriers agricoles. Le samedi 13 décembre 2014, au cours d’une récolte de coton, Ibrahim Zibo reprocha à Ismaël Zibo, sa lenteur au travail. Ce qui n’a pas plu à ce dernier. Il s’en est suivi une altercation au cours de laquelle Ismaël Zibo va égorger Ibrahim Zibo avec son couteau, avant de le décapiter, puis l’amputer de ses organes génitaux qu’il accrocha à un arbre. Enfin et sans désemparer, il enterre la tête, traîne le reste du corps sans vie d’Ibrahim Zibo et l’abandonne à la lisière de la ferme.