Assassinat de la petite Gracia Prunelle: Les accusés répondent de leurs actes

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Le tribunal de première instance de Cotonou connait depuis hier lundi 15 juin, du dossier d’assassinat de la petite Gracia Prunelle. Un crime odieux intervenu en février dernier et qui a suscité l’indignation des populations et des autorités. Les deux personnes poursuivies dans cette affaire risquent la perpétuité.

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Justice sera rendue dans l’assassinat de la fillette de 7 ans dont le corps a été retrouvé en février dernier dans un bas-fond à Sainte Rita. Les présumés assassins de la petite Gracia Prunelle répondent de leurs actes devant le tribunal de première instance de Cotonou siègant en session criminelle. Dans ce procès tant attendu par les proches de la petite Gracia Prunelle et toute la société, le ministère public qui représente les intérêts de la société entend exiger une peine exemplaire.«Les auteurs de ce crime ont été présentés au parquet…

Ils ont été inculpés des chefs d’assassinat et de pratique de charlatanisme. Ces faits sont prévus et punis par les articles 458, 468 à 471 et 475 de notre code pénal. Ils sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet de Cotonou se fera le devoir d’obtenir une condamnation exemplaire des inculpés lors de la prochaine session criminelle… », avait promis Elon’m Mario Mètonou, procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, lors d’un point de presse donné mardi 11 février sur ladite affaire. Les parents de Gracia restent à jamais frappés par la cruauté des deux accusés qui s’en sont pris impitoyablement à leur fille. Ils espèrent également une peine exemplaire même si la petite Gracia ne reviendra plus.« Je ne pourrai pas me rendre justice… J’attends impatiemment le verdict du tribunal de Cotonou… », a déclaré le père de la victime au micro de Frissons Radio.

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Retour sur un crime odieux

Dans la soirée du lundi 3 février, le commissariat spécial de Dantokpa a été saisi de la disparition de la petite Gracia Prunelle. Les investigations diligentées ont conduit sur la piste d’un employé d’une boutique de vente de liqueurs au quartier Missèbo Agbomè-Gare. « Pour brouiller les pistes, cet individu s’est rendu lui-même au commissariat de Dantokpa dès le lendemain, mardi 4 février, pour déposer formellement plainte contre la mère de la fillette, motif pris de ce que cette dernière l’accuserait à tort de la disparition de son enfant. Interpelé puis soumis à interrogatoire, il passera aux aveux vingt-quatre heures plus tard et dénoncera un complice en cavale.

Le samedi 8 février, le complice qui s’était réfugié à Adjohoun dans le département de l’Ouémé, sera interpelé à son tour.L’auteur de l’enlèvement est, en effet, un charlatan, approché par un de ses amis, escroc, qui lui a expliqué qu’il avait besoin d’un pouvoir mystique pour convaincre facilement ses victimes. « Le charlatan de circonstance, en acceptant la mission, fait savoir à son ami qu’il aurait besoin d’argent pour acheter quelques ingrédients mais aussi et surtout, qu’il faudra procéder à un sacrifice humain pour prélever des organes. Deux organes humains devaient rentrer dans la composition d’un savon et d’une pommade magiques. Il s’agit du cœur et de l’encéphale. L’escroc s’est soumis aux conditions de son ami charlatan, et lui a remis la somme de dix-huit mille (18.000) francs Cfa avec la promesse qu’une fois le rituel accompli, ils partageraient équitablement les gains mal acquis et tous deux s’associeraient en affaire pour développer un commerce.

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Pour accomplir le rituel, les deux larrons avaient retenu d’inviter une prostituée à passer la nuit au domicile du charlatan puis d’en profiter pour la tuer et prélever des organes; une tentative qui a échoué à trois reprises. Le charlatan de circonstance a alors orienté son choix vers une proie plus facile, en face de son lieu de travail ; la petite Gracia, fillette de sept ans dont la mère tient un commerce de vente d’oranges à Agbomè-Gare. Profitant de l’innocence de la fillette qui avait l’habitude de s’amuser avec lui et de l’inattention de sa mère et de l’entourage, le charlatan a enlevé Gracia et l’a conduite à son domicile au quartier Sainte Rita. « Une fois sur place, la petite a été assommée par un objet contondant puis un couteau lui a été enfoncé dans la gorge, du côté gauche. Alors que les prélèvements d’organe allaient commencer, la maman qui avait déjà remarqué la disparition de sa fille, se met à appeler son voisin du marché avec insistance. Ce dernier finit par décrocher, nie avoir enlevé la fillette bien avant qu’on l’interroge. Mais pris de panique, il suspend le prélèvement des organes. Le corps sans vie de Prunelle sera précipitamment emballé dans un sachet plastique et jeté dans un bas-fond non loin du lieu du crime. Le couteau et les sandalettes de la fillette sont jetés dans les toilettes. Le corps, le couteau et les sandalettes seront retrouvés par la police, sur indication des suspects », avait exposé le procureur qui promet de faire appliquer la loi avec rigueur.