Assemblée mondiale de la santé: Une édition cruciale

Par Collaboration extérieure,

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L’Assemblée mondiale de la Santé s’est ouverte lundi 24 mai en adoptant pour la seconde année consécutive un format virtuel. Vendredi dernier, durant le Sommet mondial de la santé, coprésidé par la Commission Européenne et l’Italie, actuellement à la tête du G20, les interventions des leaders de la planète ont donné un avant-goût de cette édition particulièrement importante. La coopération et le partage entre Etats sont incontournables si l’on veut circonscrire la Covid-19 et mettre la planète à l’abri de futures pandémies.

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Le lundi de Pentecôte, chefs d’État et de gouvernement sont intervenus, par vidéo, pour marquer le lancement de la 74e session de l’Assemblée mondiale de de la Santé. L’ordre du jour met l’accent sur les Objectifs de développement Durable (Odd) liés à la santé et les cibles du triple milliard de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms). C’est dire qu’un milliard de personnes supplémentaires bénéficieront de la couverture sanitaire universelle, qu’un autre milliard seront mieux protégées face aux situations d’urgence sanitaire, et qu’un milliard d’individus en plus bénéficieront d’un meilleur état de santé et d’un plus grand bien-être, d’ici 2030. En réalité, les esprits sont concentrés sur la question d’un accès équitable aux vaccins pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, sur les leçons à tirer de la gestion de cette crise sanitaire et sur les réformes de l’Oms pour rendre l’organisation plus indépendante dans ses actions et autonome financièrement.
Le Dg de l’Oms, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a confirmé que les professionnels de la santé ont été particulièrement touchés par le virus. Il a souligné que « nombreux sont ceux qui ont eux-mêmes été infectés et, bien que les rapports soient rares, nous estimons qu’au moins 115 000 professionnels de la santé et des soins ont payé le prix ultime au service des autres ». Au cours de l’année écoulée, le nombre de cas, dans le monde, a été multiplié par 40 pour atteindre 162 millions. A l’heure actuelle, plus de 13 000 personnes perdent la vie chaque jour à cause du virus.

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Accès à la vaccination

Le développement rapide de plusieurs vaccins pour lutter contre la Covid-19 a prouvé l’importance de la recherche et d’investir dans ce domaine. Mais comme le souligne le chef de l’Oms, « la distribution inéquitable est un échec pour l’humanité ». Près de 90 % des vaccins ont été livrés dans les pays du G20 et plus de 75 % de l’ensemble des doses ont été administrées dans seulement 10 pays. Durant son discours d’ouverture, le Dr Tedros a dénoncé « l’inégalité scandaleuse » d’accès aux vaccins dans le monde qui « perpétue la pandémie ». Il a ajouté « qu’il n’existe pas de manière diplomatique de le dire: un petit groupe de pays qui fabriquent et achètent la majorité des vaccins (…) contrôlent le sort du reste du monde ».
Trois rapports indépendants sur la riposte à la Covid-19 seront présentés à l’Assemblée d’ici le 1er juin. Tous ont conclu à des lacunes constatées au niveau de l’Oms et des dysfonctionnements provenant des gouvernements. Ces documents permettront aux 194 Etats-Membres de prendre des mesures pour améliorer la capacité de réactivité du monde ainsi qu’un meilleur partage des informations et données scientifiques.

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Un dépôt mondial des coronavirus en Suisse

Le ministre suisse de la Santé, Alain Berset, s’est rendu à Genève pour signer un accord avec le directeur général de l’organisation de la santé pour que le laboratoire de Spiez (canton de Berne) accueille un dépôt mondial du coronavirus et d’autres pathogènes. Ce dispositif facilitera la recherche et la collaboration entre pays.
L’Oms reste déterminée à explorer toutes les voies pour assurer la sécurité du monde. Raison pour laquelle un Traité sur la préparation et l’intervention en cas de pandémie sera soumis à l’approbation de ses membres, afin de mettre en place un cadre qui puisse faire appel à la responsabilité politique des pays. Comme le martèle le Dr Tedros, Directeur général de l’Oms, « Personne n’est à l’abri tant que tout le monde n’est pas protégé. »

Par Catherine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)