Assemblée nationale : Trois ministres défendent le budget 2017 de leurs ministères

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Assemblée nationale : Trois ministres défendent le budget 2017 de leurs ministères


Adidjatou Mathys, ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales ; Alassane Séidou, ministre de la Santé et Salimane Karimou, ministre des Enseignements maternel et primaire, ont défilé vendredi 11 novembre devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale. Ils ont présenté chacun le budget de leur ministère inclut dans le projet de budget général de l’Etat, gestion 2017. Cet exercice annuel des ministres sectoriels permet aux députés d’avoir une idée claire des prévisions et des grandes orientations des budgets de chacun des ministères, les réalisations projetées pour l’année à venir et si possible de faire des amendements lors du vote du projet de loi de finances en question. Au terme des travaux qui se sont déroulés à huis clos, chacun des ministres s’est confié à la presse parlementaire. Voici leurs déclarations.

LIRE AUSSI:  Cour d’appel de Parakou: Hubert Arsène Dadjo s’installe

Adidjatou Mathys, ministère du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales

«…Au titre du projet de budget général de l’Etat, gestion 2017, les grandes orientations en ce qui concerne mon département ministériel, le ministère du Travail, de la Fonction publique, et des Affaires sociales, c’est de rendre performante l’administration publique, la mettre au service de toute la population et surtout des personnes vulnérables que sont les handicapés, les enfants en difficulté, les orphelins, les personnes du troisième âge et tout autre personne en difficulté. Le montant du budget de mon ministère qui aujourd’hui regroupe quatre anciens ministères était de 27,5 milliards de FCFA en 2016 et est passé en 2017 à 32 milliards de FCFA, soit une augmentation de 17,5%. Je voudrais dire que contrairement à l’opinion nationale qui pense que le gouvernement du président Patrice Talon ne s’intéresse pas au volet social, il faut dire que 67% du budget y est consacré. Nous avons deux grands projets qui est la promotion des populations actives en général et des populations vulnérables en particulier sans oublier les femmes que nous devons mettre au travail et en coopérative pour qu’elle contribue davantage à l’essor économique, à la promotion de la famille et du genre. Nous allons nous déployer pour qu’en 2017, la population béninoise sente effectivement que le président Patrice Talon s’intéresse bien au volet social. Comme je l’ai annoncé aux députés, il y a un programme intéressant qui va certainement se mettre en place en 2017 et que nous appelons Assurance de renforcement du capital humain (Arch) qui comprend quatre volets à savoir l’assurance maladie, l’assurance retraite, la formation et l’accès au crédit. Nous avons déjà l’expérience en matière de microcrédit et en matière de renforcement de capacité des structures financières décentralisées. Nous allons mettre tout ça ensemble pour avoir un gros projet. Il faudra renforcer les capacités de la population, lui donner de la formation pour travailler et lui organiser sa retraite. C’est l’un des plus ambitieux programmes du gouvernement et nous nous battrons pour sa réussite. … »
Alassane Séïdou, ministre de la Santé

LIRE AUSSI:  Assemblée nationale : L’exercice du droit de grève désormais encadré

«…Le budget de mon département ministériel est de 82 milliards de F CFA avec un accroissement de 14% dû à l’investissement. Nous avons beaucoup d’ambitions et de grands projets pour l’année 2017. Au nombre de ces projets, nous pouvons citer la construction d’un centre de santé de référence. C’est un hôpital qui va assurer le rôle que joue actuellement le Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu). Le CNHU redeviendra alors un centre de santé départemental. Nous avons l’ambition de construire des laboratoires que nous allons démarrer en 2017 et les achever avant la fin du mandat. Nous avons prévu trois laboratoires de biologie dans trois différents départements et un laboratoire d’anatomie-pathologie. Nous avons aussi prévu l’équipement de nos centres de santé ; c’est-à-dire améliorer le plateau technique. Aujourd’hui, c’est notre plus grand problème. Nous avons des centres qui ne sont pas totalement opérationnels à cause du plateau technique qui n’est pas au point. Ce plateau technique, nous allons l’améliorer. L’autre problème que nous avons, c’est le recrutement des agents. Nous avons besoin de beaucoup d’agents dans le secteur et surtout des spécialistes. Nous prévoyons former à partir de 2017, environ 100 agents. Les 100 ne sortiront pas au cours de la première année. Nous allons d’abord commencer par recruter ceux qui sont déjà disponibles sur le terrain (…) Les députés ont voulu comprendre beaucoup de choses comme la question de la mise en affermage de trois hôpitaux de zone. Ils ont aussi voulu en savoir plus sur le fonctionnement des centres de santé, à l’hémodialyse. Cependant, ils sont d’accord avec nous par rapport aux programmes et projets que nous avons retenus pour 2017.
Sur le plan social, le fonds des indigents, la gratuité de la césarienne, la prise en charge des personnes atteintes de l’hépatite, le fonds pour l’évacuation sanitaire, la prise en charge du paludisme pour les femmes enceintes et l’enfant de 0 à 5 ans, sont tous maintenus… »

LIRE AUSSI:  Journées africaines des ressources humaines à Cotonou: Des réflexions sur le positionnement stratégique de la fonction

Salimane Karimou, ministre des Enseignements maternel et primaire

«…Le budget des enseignements maternel et primaire pour le compte de l’année 2017 en projet s’évalue à 107 591 271 000 FCFA contre 106 546 599 000 FCFA pour le compte de l’année 2016 soit un accroissement de 1,17%. C’est un budget qui est mis en place pour réaliser la politique du gouvernement en matière d’accès à l’éducation et en matière de rétention. Quand on parle d’accès, nous parlons d’infrastructures scolaires et de mobiliers. Quand on parle de rétention, nous parlons de toutes les conditions qui permettent de maintenir les enfants à l’école. Dans ce domaine, nous pouvons inscrire les cantines scolaires, les subventions qui permettent aux écoles de fonctionner et autres. Le point nodal et sensible, c’est la qualité de l’enseignement qui voudrait qu’en 2017, l’accent soit mis sur la formation des enseignants et le renforcement de leurs capacités. Nous avons des écoles normales qui fonctionnent. Il faut qu’elles fonctionnent normalement et qu’elles offrent les conditions requises pour les élèves-enseignants. Nous avons en termes de fonctionnement, du matériel à mettre à la disposition des écoles, des manuels scolaires, et des cahiers d’activité. Il faudra que cela soit mis en place. Ça contribue à l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Nous avons programmé la formation continue de plus de 20 000 enseignants au cours de l’année 2017. Les honorables députés ont trouvé que c’est insuffisant et qu’il faudra envisager la formation continue de tous les enseignants compte tenu des mauvais résultats que nous avons eus au Certificat d’études primaires (Cep) en 2016.Les députés se sont aussi intéressés à la question de la pénurie d’enseignants dans les écoles. Ils ont voulu savoir ce que nous faisons afin qu’il y ait d’enseignant dans chaque classe. Nous leur avons démontré que ce travail a déjà commencé par le redéploiement des enseignants qui étaient en poste sédentaire, mais qui peuvent encore travailler puisqu’ils ne présentent pas des insuffisances mentales ou des insuffisances physiques avérées. Nous avons expliqué que nous avons fait l’effort de revoir la carte scolaire pour que les enseignants qui étaient sous-employés puissent être redéployés. C’est ainsi que nous avons gagné plus de 3000 enseignants. Ceci fait que pour le compte de l’année 2017, nous avons mis au budget, le recrutement de1896 enseignants et nous projetons faire pareil en 2018 ; afin que le déficit soit progressivement comblé. Nous sommes dans la logique d’assurer comme le demande les Objectifs pour le développement durable (ODD) N°4, un accès pour tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. Si toutes les conditions sont réunies comme nous sommes en train de l’envisager, il n’y a pas de raison que cet objectif ne soit pas atteint.»?