Assistance aux mineurs victimes de violences: Le 138 au service de l’enfance malheureuse

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Victimes innocentsDisputes au sein des ménages

Les enfants en situation de détresse peuvent désormais regarder l’avenir avec sérénité. La Ligne d’assistance aux enfants victimes de violences (Lae) reste un outil très important dans le système de protection de l’enfant. Le point fait dans ce cadre, jeudi 18 juin dernier, est encourageant.

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Si la Ligne d’assistance aux enfants (Lae) n’existait pas, il faudrait la créer. Lancée le 18 mars 2020 seulement, elle se révèle incontestablement comme un dispositif efficace au service de l’enfance malheureuse. Trois mois après sa mise en service, que d’acquis le Bénin n’a-t-il pas enregistrés en faveur de la lutte contre la maltraitance des enfants !
Le bilan à mi-parcours présenté par le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, jeudi 18 juin dernier, est encourageant. «Cette ligne a permis de sauver beaucoup d’enfants, victimes d’abus, de les récupérer et de poursuivre les auteurs », se réjouit Véronique Tognifodé, ministre en charge des Affaires sociales.
Depuis le lancement de cet outil, les exemples de réussite en ce qui concerne la protection des enfants sont palpables. La plus grande fierté des acteurs concerne le cas du petit
Emmanuel, victime de maltraitance accrue par sa belle-mère (marâtre) à Womey dans la commune d’Abomey-Calavi. Cet enfant a été sauvé grâce au dynamisme des différents acteurs, notamment de Véronique Tognifodé. Son bourreau a écopé d’une peine d’emprisonnement d’un an ferme. Même satisfaction concernant l’auteur d’un viol à Pahou et mis aux arrêts et cinq autres cas de mariages forcés déjoués à Tanguiéta, Lalo, Cobly et Sèmè Kpodji.

Des centaines de cas recensés

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Du 18 mars au 18 juin, au total 7943 cas de maltraitance ont été enregistrés. Ils prennent en compte les violences de tous genres dont la maltraitance des enfants, les abus sur mineurs, les enlèvements, le viol, le mariage forcé, le travail des enfants, l’exploitation économique des filles, les violences physiques, l’inceste, les cas d’abandon, les vidéos à caractère pornographique mettant en scène des enfants… », mentionne la directrice de la Famille, de l’Enfance et de l’Adolescence, Solange Odjo.
Les trois mois de gestion de la Lae sont marqués par la réalisation de plusieurs activités systématisées telles que l’accompagnement en ligne, le référencement des cas avérés vers les structures de prise en charge et de suivi. La gestion a permis d’enregistrer un nombre important d’appels selon la nomenclature des lignes pour enfant.
De façon détaillée, 607 appels relatifs aux informations sur la ligne, 212 appels urgents, 547 appels concernant les demandes d’orientation, 306 échanges simples ont été enregistrés. Le point désagrégé de ces appels par type de violence, par tranche d’âge et par sexe met en lumière la spécificité des violences. 28 cas de maltraitance enregistrés selon la tranche d’âge de 0 à 8 ans, 73 cas dénombrés sur les enfants de 9 à 13 ans, 212 cas concernant les enfants de 14 à 17 ans.
De la présentation de la directrice de la Famille, on retient que le travail des enfants touche plus les garçons que les filles contrairement à l’exploitation économique qui touche plus les filles que les garçons.

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Disparités selon les régions

Le phénomène touche différemment les régions. Cotonou, Bohicon, Parakou, Toffo, Abomey-Calavi détiennent la forte prévalence de la maltraitance avec 165 cas de maltraitance et d’exploitation économique dénombrés en l’espace de quatre-vingt-dix jours. Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji, Cotonou et Lalo suivent avec quinze cas de mariage forcé et d’enlèvement pour cause de mariage. Idem pour Avrankou, Cobly et Abomey-Calavi qui ont enregistré quinze cas de négligence et d’abandon. A Ouidah, Comè, et Porto-Novo, huit cas d’abus sexuels et de viol ont été enregistrés et pris en charge. Neuf cas relatifs au travail des enfants ont été identifiés à Malanville, à Abomey-Calavi et à Ifangni.
A ce tableau sombre, s’ajoutent les cas de violences basées sur le genre dont une cinquantaine de cas ont été enregistrés par le ‘’138’’. « Les dossiers sont confiés aux Centres de protection sociale et les victimes sont récupérées et réinsérées, explique la directrice de la Famille.
La synergie d’actions entre les différentes structures de protection des enfants à savoir les ministères en charge des Affaires sociales, de la Santé, de la Justice, la direction générale du Travail, la Police et l’Unicef permet d’assurer efficacement la prise en charge des différents cas.
Les victimes doivent leur salut à la Lae qui se présente comme une bouée de sauvetage pour l’enfance malheureuse. Les acteurs ne s’en cachent pas. « Avec cette ligne, les enfants peuvent bénéficier de l’assistance à laquelle ils ont droit. Tous ceux qui portent atteinte à la vie de l’enfant sont punis et la victime bénéficie d’une réparation. Les enfants en difficulté avec la loi ou victimes d’infractions peuvent se relever », assure Thimotée Yabit, directeur de cabinet du ministre de la Justice.
« Une société qui n’assure pas la protection de l’enfant est vouée à la déchéance », assure Mahougnon Cakpo, ministre des Enseignements secondaires, de la Formation technique et professionnelle, qui insiste sur l’attention qui doit être portée aux enfants : « La protection de l’enfant doit se poursuivre dans les établissements scolaires », recommande-t-il. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement au regard de la détermination affichée du gouvernement et de ses partenaires pour redorer le blason de l’enfance au Bénin.