Autorisation de ratification au Parlement: 86 milliards FCFA pour développer les universités d’Abomey et de Kétou

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Autorisation de ratification au Parlement: 86 milliards FCFA pour développer les universités d’Abomey et de Kétou


Les députés ont autorisé mardi 16 août, le gouvernement à ratifier deux accords de prêts relatifs au projet de construction de l’Université polytechnique d’Abomey (Upa) et de l’Université d’agriculture de Kétou. Les deux dossiers, d’un montant total de plus de 86 milliards de FCFA, ont été adoptés mais après de chaudes discussions au cours desquelles le gouvernement représenté par le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Odile Attanasso n’a pas été raté par les députés.

LIRE AUSSI:  Examen de la loi sur l’enregistrement à titre dérogatoire à l’état civil: Le gouvernement demande une session extraordinaire au Parlement

Le gouvernement a failli rater mardi 16 août l’adoption de deux projets d’accords de prêt. Le premier concerne l’accord de prêt sous forme d’Ijara de la Banque islamique de développement (Bid) d’un montant de 6,985 milliards de FCFA environ relatif au financement du projet de construction de l’Université Polytechnique d’Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l’Université d’agriculture de Kétou (Uak). Et le second a trait à l’accord de prêt sous forme d’Istisna’a de la Bid d’un montant de 79,20 milliards environ relatif au financement du projet de construction de l’Université polytechnique d’Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l’Université d’agriculture de Kétou. Les deux dossiers ont été mis ensemble et leur examen a été fait en débat unique vu qu’ils portent sur le même objet. Mais le débat a été chaud et très houleux. Se collant à l’actualité de ces derniers jours, les députés n’ont pas hésité de revenir sur leurs griefs contre la nouvelle carte universitaire qui réduit de sept à quatre le nombre d’universités au Bénin. Une réduction qui n’a pas été du goût de certains députés qui ont menacé de différer l’autorisation de ratification des deux accords de prêt, le temps pour le gouvernement de revoir sa copie. Il s’agit pour ces députés protestataires de contraindre le gouvernement du président Patrice Talon à maintenir intact l’atlas universitaire qu’il a hérité du régime défunt. Ceux-ci disent d’ailleurs être davantage inquiets après avoir écouté le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Odile Attanasso lors de sa conférence de presse qu’elle a animée le week-end dernier et qui tend à laisser croire que les députés seraient des ignorants sur cette question de la nouvelle carte universitaire. Et mieux, le nouvel atlas universitaire serait consommé et le gouvernement ne compte plus faire marche arrière.

LIRE AUSSI:  Enfants abandonnés : La ministre Tognifodé rappelle une exigence légale

Mais pour d’autres députés, il n’est pas question d’amalgamer. Le débat sur la carte universitaire et l’autorisation de ratification des deux accords de prêts au profit des deux universités ne doivent pas être confondus. Ce sont deux questions distinctes, défendent ces derniers. Ils invitent leurs collègues contestataires à soutenir les deux dossiers pour ne pas faire perdre au Bénin les 86 milliards FCFA de la Bid. Surtout, selon les clauses avec la banque islamique de développement, la ratification des deux accords doit intervenir au plus tard le 3 octobre prochain. Pour sauvegarder les deux financements, les députés ont été obligés de faire prendre au gouvernement des engagements. Il a promis d’organiser un atelier au profit des parlementaires pour la révision de la nouvelle carte universitaire sur une base consensuelle. Cette promesse ferme du ministre Odile Attanasso a adouci les cœurs des députés qui n’ont pas manqué d’insister sur le respect de cet engagement par le gouvernement. Autrement, ils menacent de lui rendre la monnaie avant la fin de la législature si cette promesse était un marché de dupe. Soumis aux votes, les deux accords ont été adoptés chacun à l’unanimité moins trois abstentions pour le premier et deux abstentions pour le second.

LIRE AUSSI:  Code de l’éthique et des valeurs de l’administration publique et guide disciplinaire: La campagne de vulgarisation lancée

La 3e session extraordinaire clôturée

Ouverte lundi 8 août dernier à la demande du gouvernement, la troisième session extraordinaire de l’année 2016 a été clôturée mardi 16 août à l’Assemblée nationale. Clôturant les travaux, le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji a noté avec satisfaction l’examen et l’adoption des cinq points inscrits à l’ordre du jour par le gouvernement. Il a rappelé ces différents dossiers qui portent tous sur des autorisations de ratification d’accords de prêts estimés à 127 milliards de FCFA environ. Plus rien n’étant à l’ordre du jour, il a renvoyé ses collègues députés à poursuivre leurs vacances. Mais il les a informés qu’une nouvelle session extraordinaire s’ouvrira en septembre prochain, cette fois-ci à la demande des députés. Elle permettra au Parlement d’adopter le budget de son institution pour le compte de l’année 2017 avant son incorporation dans le projet de budget général de l’Etat gestion 2017.