Bénin: Esprit de la République : où es-tu ?

Par Paul AMOUSSOU,

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Certains sujets qui alimentent les débats actuellement sur l’échiquier politique national paraissent bien nauséeux, à bien des égards. Tout laisse croire que certains ont tout intérêt à faire couler l’édifice national, pour satisfaire à des desseins inavoués.

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Par Dieu, par les mânes des ancêtres. En plus de ces mantras, si l’on ose dire, que l’on soit croyant ou manant, pour peu que l’on tienne à cœur les plus hauts intérêts du Bénin, on ne doit jurer que par la République et la loi. Ces deux dernières considérations, en effet, constituent le socle de notre architecture institutionnelle, la vertèbre sans laquelle tout l’édifice national, ce qui fait le cément de la nation béninoise s’écroule. Et ça, aucun Béninois, quel que soit son rang, ne doit le perdre de vue, s’en amuser, encore plus les engagés politiques dans leur rapport à la politique, surtout celle politicienne qui ne tient compte justement que d’enjeux et d’intérêts purement égoïstes…
Cette conscience des choses, ce que le général De Gaulle exprimait par sa pensée restée dans l’histoire, à savoir « une certaine idée de la France », existe-t-elle de nos jours au Bénin ? Il fut le temps des Albert Tévoèdjrè, Jérôme Sacca Kina, Sylvain Akindès Adékpékou, Ismaël Tidjani Serpos, Théophile Nata, Paul Dossou, et d’autres encore dont certains toujours très actifs politiquement comme Sacca Lafia ou Bruno Amoussou, qui ont animé la vie politique avec hauteur. Et, il faut bien l’admettre, avec ‘’une certaine idée du Bénin’’, car même dans leurs charges contre l’adversité, ils ne franchissaient pas tous les paliers, certains rubiconds, et en tout cas savaient raison garder…
Des acteurs politiques actuels, tous ont-ils cette ‘‘idée du Bénin’’ ? Et quelle est-elle ? Si elle existait, elle devrait en principe prévaloir sur les désaccords politiques et les querelles d’ordre politicien. Mais, au Bénin actuellement, autant chercher une telle qualité telle une aiguille dans une botte de foin !
C’est du moins l’impression générale qui reste, et cette impression, détestable, s’est révélée fortement ces derniers jours, avec acuité au détour des sujets qui agitent le microcosme politique dont l’influence, néfaste, déteint relativement sur le corps social chamboulé sans doute de ce fait. Mais leurs auteurs le savent-ils ? Savent-ils qu’ils troublent, ce faisant, la paix sociale, qu’ils perturbent l’ordre social bien souvent pour des broutilles, à partir de sujets dont l’exagération faite exprès laisse croire qu’il y a péril en la demeure, en agitant des épouvantails qui n’existent pas dans la réalité ?

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Eviter tout amalgame pernicieux

Des épouvantails qui servent leurs seuls intérêts, égoïstes, et non ceux de la nation béninoise, mais qui sont de nature à remettre en cause l’unité nationale si l’on n’y prend garde, puisqu’il est question de région du Nord, du Sud, et autres arguties de même acabit. Et là le bât blesse.
Tout laisse croire que certains politiciens, tenant à faire profit du bien mal acquis, à défaut des débats d’idées, ont fait le choix de s’illustrer par la peur savamment distillée par leurs soins dans l’opinion publique, à partir d’éléments non probants, mais fabriqués de toute pièce. Et peu importe pour eux, Machiavels au-delà de l’entendement, que leurs manœuvres tordent le cou à l’esprit républicain. L’esprit républicain qui reste attaché à la seule initiative qui vaille la peine jusqu’à présent, si l’on veut, l’Initiative du 19-28 février 1990, à savoir la Conférence nationale qui a balisé le terreau, un compost duquel ne doit germer qu’unité nationale et respect de l’ordre légal. L’ordre légal s’entend que celui qui a enfreint la loi doit en répondre. L’ordre légal suppose qu’en leader politique responsable, il ne faut appeler à la désobéissance civile pour des motifs purement politiciens et des intérêts, à regarder de près, personnels. L’esprit républicain suppose qu’il ne faut pas tenir des propos séditieux ou encourager à la révolte ouverte contre l’autorité établie, comme c’est de plus en plus le cas à mots couverts, pour des motifs, il faut bien en convenir, fallacieux, etc.
Evidemment, dans cette appréciation, il ne faut guère faire d’amalgame et mettre tous les acteurs politiques, tout le monde dans le même sac. Mais lorsqu’on analyse les débats qui se font sur ‘’l’initiative de Nikki’’ et sur des dispositions du Code électoral, on ne peut qu’être d’avis que lesdits débats ne mènent pas large et s’assimilent parfois, pour ce qui est du Code électoral, à des jérémiades de mauvais perdants. Le moins qu’on puisse en dire est qu’alimentés de peur et d’amalgames, ces agissements ne nourrissent pas positivement l’esprit en raison de ce qu’ils se situent dans un registre de bas-relief.

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Liberté, responsabilité

De débat, en réalité, il n’en est pas véritablement question, car à propos de ces deux thèmes tout part en vrille. A propos du développement connu par ‘’l’initiative de Nikki’’, sans mesure, des responsables politiques dont des députés relayés par des activistes des réseaux sociaux allèguent que le Bénin est un pays soi-disant « dictatorial » au seul prétexte que le chef de la dite ‘’initiative’’ est écouté par la Police républicaine dans le cadre des enquêtes relatives à cette affaire. Dans les dérives verbales notées qu’il serait indécent de reprendre ici, y compris sur le Code électoral qualifié d’instrument d’un prétendu ‘’recul démocratique’’, le chef de l’Etat est l’objet de volées de bois vert qui ne sont pas sans devoir valoir à leurs auteurs, en raison de la loi y relative, des poursuites ne serait-ce que pour offense au chef de l’Etat ! Preuve manifeste que le Bénin reste une démocratie aux antipodes du portrait erroné fait du pays comme s’il s’agissait d’une république dirigée par quelque Général
Tapioca aux mains ensanglantées et s’illustrant par des geôles remplies d’opposants. Mais l’on sait, et ceux qui agitent ces propos actuellement plus que quiconque, que la réalité au Bénin est loin d’être celle-là. Alors, à quoi répond cette cabale ? A quoi sont dus cette spéculation variant d’un jour à l’autre et ces agissements toxiques pour le tissu social béninois ? Seuls les ayants-cause pourront y répondre. Quoiqu’il en soit, ces manœuvres-là ne participent pas à l’avancée du pays et ne sont pas patriotiques.