Faits marquants de l’année 2017: Les grands faits économiques

Par Bruno SEWADE,

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L’année 2017 qui finit dans quelques heures aura été marquée au plan économique par des actes qui donnent l’espoir de croire à un meilleur avenir, selon les gouvernants. Même si tous les Béninois crient à la morosité économique et surtout à l’amenuisement de leur pouvoir d’achat !

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Le vote du budget général de l’Etat gestion 2018, par les députés à l’Assemblée nationale, au-delà de son caractère politique est beaucoup plus un acte économique. Avec cet instrument, le gouvernement a désormais le feu vert pour poursuivre sa politique de développement l’année prochaine. Le projet de budget général a obtenu, jeudi 21 décembre dernier, le quitus de l’Assemblée nationale. Ce budget est évalué à la somme de 1862,918 milliards de F Cfa en baisse de 147,668 milliards de F Cfa par rapport à la loi de finances gestion 2017, soit -7,3 %.
Contrairement aux députés de la majorité présidentielle, leurs collègues de la minorité lors du vote, trouvent plutôt le budget comme un recul pour le développement du Bénin. Il s’agit, selon eux, d’un « budget antisocial » qui promeut la pression fiscale sur les opérateurs économiques. Mais en matière fiscale, les partenaires techniques et financiers au cours de la revue des réformes de la gestion des finances publiques, il y a quelques jours, ont accueilli favorablement la réforme qui vise à maîtriser la hausse des dépenses tout en renforçant le contrôle de la gestion. Ils applaudissent l’amélioration des systèmes de contrôle de la fraude et de l’évasion fiscale. A cet égard, ils apprécient l’intégration effective des activités de contrôle des impôts et des douanes à travers une plateforme informatique partagée qui permet de lutter contre la fraude.
Les partenaires techniques et financiers saluent également la publication des rapports des audits effectués dans les principales entreprises publiques. Au nombre de ces structures, il y a le Fonds national de la micro- finance dans laquelle 40,6 milliards de francs Cfa de pertes ont été enregistrés.

Accords et lutte contre la mauvaise gestion

Avant le vote du budget général de l’Etat, le Bénin a reçu la directrice générale du Fonds monétaire internationale (Fmi), Christine Lagarde. C’était sa première visite au Bénin en sa qualité de directrice générale du Fmi. Elle est principalement venue pour échanger les autorités, mais aussi avec tous les différents acteurs du secteur économique et social du pays. Elle a échangé avec tout le monde sur la manière dont le Fmi pourrait aider le Bénin à atteindre ses objectifs.
Une semaine avant l’arrivée au Bénin de la directrice générale, le Fonds monétaire international a mis à la disposition du Bénin un montant de 13 milliards de francs Cfa pour appuyer le financement du Programme d’action du gouvernement.
Outre cet accord avec le Fmi, le gouvernement a signé également au cours de cette année des accords avec d’autres partenaires techniques et financiers pour le financement de la construction de certaines infrastructures. L’accord de financement avec la République populaire de Chine pour plus de 50 milliards de francs Cfa pour l’adduction d’eau potable dans les communes du département des Collines et autres financements en sont des exemples. De même, plusieurs autorisations de ratification ont été adoptées par les députés à l’Assemblée nationale afin de permettre au gouvernement de mobiliser des ressources auprès des Ptf pour la construction des infrastructures.
Au cours de l’année 2017, le gouvernement a commencé par publier les résultats des audits des entreprises et sociétés d’Etat. Ainsi, les dysfonctionnements graves qui ont été enregistrés dans la gestion administrative et financière de l’Association Projet d’appui au développement des micro-entreprises (Padme) au titre de l’année 2016 sont révélés au grand jour. La mauvaise gestion reprochée à l’administrateur provisoire, Mounirou Bachabi, porterait sur plus d’un milliard de F Cfa.
Après la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra), le Fonds national de microfinance (Fnm), l’Office national de sécurité alimentaire (Onasa), sans oublier les cas de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), le gouvernement a affiché une volonté manifeste non seulement de dénoncer mais surtout de faire rendre gorge aux pilleurs des ressources publiques.

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Le développement des filières agricoles

Dans le secteur agricole, des progrès ont été, selon le chef de l’Etat, déjà enregistrés dans chaque filière de production. Qu’il s’agisse du coton, du cajou, du karité, de l’ananas ou du riz, des performances de plus en plus remarquables sont notées. Ainsi, la production cotonnière a atteint lors de la campagne 2016-2017, le pic de 451 000 tonnes de production. L’Association interprofessionnelle du coton (Aic) s’est fixé pour objectif d’atteindre une production de 550 000 tonnes cette année. Un bond quantitatif qui pourrait même être dépassé si l’on s’en tient aux effets induits par le programme d’intensification en expérimentation, à la mise en place à temps des intrants et des semences de qualité en quantité suffisante, à la pluviométrie favorable enregistrée, ainsi que la forte mobilisation des producteurs à travers la Fédération nationale des Coopératives villageoises de coton et les Unions départementales, communales des Coopératives villageoises de coton.
En ce qui concerne la campagne de commercialisation du coton graine 2017-2018, elle a été lancée, le vendredi 20 octobre 2017 dans l’arrondissement de Sèkèrè, à Sinendé. Pour offrir la possibilité de mieux rémunérer les producteurs et les inciter à toujours battre les records, l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) a retenu les prix d’achat les plus avantageux au niveau de la sous-région ouest-africaine.
En effet, depuis des décennies, c’est pour la première fois que la campagne de commercialisation du coton graine a été précocement lancée, soit au mois d’octobre. Par le passé, elle avait très difficilement lieu en novembre. Le top de la vente a été donné, vendredi 20 octobre pour permettre aux producteurs de récolter à temps leur coton afin de ne pas courir les risques liés à la mouille et aux incendies.

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L’énergie, le secteur privilégié

Dans le domaine de l’électricité, le processus de création d’un marché commun de l’électricité a amorcé sa phase décisive avec la tenue lundi 16 janvier 2017 à Cotonou du forum sur le développement du marché de l’électricité en Afrique de l’Ouest. Les acteurs parlent d’un pas important de franchi vers la fin du déficit énergétique au sein de l’espace de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Dix-sept années après la création du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (Eeeoa), le projet de création d’un marché commun de l’électricité est en passe de devenir une réalité. Les travaux de construction du Centre d’information et de coordination (Cic), l’une des pièces maitresses de l’animation du marché ont été lancés le lundi 16 janvier 2017 à Abomey-Calavi au Bénin. Mais ce qui a focalisé surtout l’attention des acteurs du secteur, c’est le forum sur le développement du marché de l’électricité en Afrique de l’Ouest organisé à Cotonou. Ses objectifs, apprêter les parties prenantes de la nouvelle phase d’exploitation des systèmes électriques et définir un agenda de mise en œuvre du marché de l’électricité.
Dans son message sur l’état de la nation devant les députés, le vendredi 22 décembre, le président de la République a rappelé qu’en plus des actions urgentes pour maîtriser le délestage, le gouvernement a lancé la construction d’une centrale bicombustible de 120 MW avec le soutien financier de la Banque islamique de développement (Bid). Aussi, le gouvernement vient-il tout juste d’autoriser la construction d’une nouvelle centrale de 120 MW par un opérateur privé dont les travaux démarreront dans les prochains mois. A cela s’ajoutent plusieurs centrales solaires dans les départements, dont la capacité cumulée atteint les 100 MW. C’est dans ce cadre qu’il a été signé, le 7 décembre 2017, avec l’Agence française de développement, la convention de financement du projet Defissol, d’un montant de 40 milliards de F Cfa, pour construire la plus grande centrale solaire du pays, d’une capacité de 25 MW.
Dans cette même dynamique, il convient de signaler la mise en œuvre du 2e Compact du Millennium Challenge Account consacré à l’énergie grâce aux efforts du gouvernement pour la satisfaction de toutes les conditions préalables?
Les conséquences du déguerpissement

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L’on redoutait un sérieux revers de l’opération de libération de l’espace public sur les activités économiques. Les conséquences ont été donc fâcheuses pour de nombreuses commerçantes et autres acteurs de l’informel. Ces derniers ont, pour la plupart, non seulement perdu leur clientèle, mais surtout n’ont plus retrouvé d’emplacements idoines pour relancer leurs activités. Sans surprise, le secteur de la microfinance a reçu le contrecoup de ralentissement du petit commerce avec des performances qui mettent les systèmes financiers décentralisés (Sfd) sur la braise.
Selon l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), le portefeuille à risque à 90 jours des Sfd s’est dégradé au deuxième trimestre de 2017, passant de 8,2 % au premier trimestre à 9,5 % au deuxième trimestre. « C’est un corollaire de l’opération de libération des espaces publics, selon les déclarations des dirigeants des Sfd », affirme clairement la structure qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances. De façon globale, le secteur de la microfinance a enregistré depuis le début de l’année une baisse d’activités qui va decrescendo. L’encours de crédits des Sfd estimé à 127,3 % milliards F Cfa au 30 juin 2017 est en baisse de 1,2 % par rapport au niveau attient au 31 mars, soit 128,8 milliards F Cfa. Sur les trois trimestres de l’année 2017, informe l’Anssfd, le portefeuille à risque à 90 jours est largement au-dessus de la norme maximale admise fixée à 3%.
Il faut rappeler également qu’au cours de l’année 2017, la lutte contre la vente des faux médicaments a permis de démanteler Adjégounlè, siège même de la vente des faux médicaments, dans le marché Dantokpa. Si cette opération a permis de protéger la santé des populations, elle a affecté les commerçantes et commerçants qui sont dans ce secteur.
B. S.