Bilan de l’an 1 de Talon 2 : la coproduction de la sécurité, l’arme contre l’insécurité 

Par Joel TOKPONOU,

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Alassane Séidou, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique

Si la sécurité règne sur le territoire national, c’est, entre autres, grâce à l’implication permanente de la population. Sur l’émission « Le gouvernement en action», vendredi 3 juin dernier, le ministre Alassane Séidou a expliqué les contours de cette nouvelle stratégie qu’est la coproduction de la sécurité.
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Même s’il se refuse tout triomphalisme, Alassane Séidou, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a bien des raisons de se réjouir. Douze mois après la formation du premier gouvernement du second mandat de Patrice Talon, il a à son actif un bilan élogieux avec comme pierre angulaire la coproduction de la sécurité.
En clair, grâce au dispositif déployé sur tout le territoire national, la sécurité est une réalité avec la collaboration entre les forces de sécurité et la population. Certes, ici comme ailleurs, l’insécurité zéro est irréalisable, mais la satisfaction provient du fait que les actes attentatoires à la quiétude des citoyens sont suffisamment réduits. Les braquages, cambriolages et rançonnements ne sont plus monnaie courante. C’est l’une des retombées de la réforme menée par le gouvernement, en l’occurrence la création de la Police républicaine avec la fusion de la Gendarmerie et de la Police nationales.
« Le gouvernement a initié la réforme parce qu’il pense qu’il faut une police réellement intégrée, au service de la population et communautaire. Il doit y avoir une complicité entre la population et la police », indique Alassane Séidou. Pour lui, la police traditionnelle n’avait plus aucune chance d’efficacité. La population doit jouer un rôle prééminent dans la production de la sécurité pour des résultats intéressants, surtout dans un contexte sécuritaire marqué par le terrorisme. « La réforme est venue à point nommé surtout avec le terrorisme où la partition des populations est très importante. C’est une guerre asymétrique, et si vous n’avez pas la complicité de la population, vous ne pouvez pas la gagner », martèle-t-il.
Pour le ministre, les résultats de cette option stratégique se laissent déjà constater. Il cite en exemple les difficultés des terroristes à s’installer en terre béninoise pour développer leurs activités malsaines. « Si les terroristes n’ont pas pu s’installer, c’est parce que nous avons l’information en temps réel. Ils sont en train de tester notre vulnérabilité. Leur intention est de s’installer dans le pays, car ils veulent créer des couloirs mais ils ne parviennent pas à le faire», se réjouit Alassane Séidou. Il énumère aussi d’autres actions du gouvernement pour renforcer la sécurité des personnes et des biens.
A partir de cette année, annonce le ministre, un effectif de 2 000 policiers sera recruté, formé et déployé sur quatre années. Une manière pour le gouvernement de marquer son attachement à la qualité des ressources humaines et au renforcement du maillage du territoire national.

Des actes forts

Le gouvernement déploie aussi une politique particulière d’implication des populations situées dans les zones frontalières dans la production de la sécurité. En dehors de la construction des commissariats, l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) développe plusieurs programmes avec les résidents de ces zones où des unités de surveillance des frontières ont été également créées et dotées de matériel roulant.
La création de la base fluviale de Karimama constitue aussi une innovation majeure pour enrayer l’insécurité aux frontières avec la collaboration des populations locales. Agents de la coproduction de la sécurité, autorités communales et populations saluent ce changement de paradigme et les résultats obtenus. « La peur du policier n’existe plus. Les populations collaborent bien avec la police », confirme Malick Séidou Gomina, maire de la commune de Djougou. Il est soutenu par son collègue Daouda Saka-Méré, maire de N’Dali, qui précise le rôle de la population. « Nous devons être vigilants et signaler les mouvements suspects à la police. C’est la meilleure manière pour contribuer à la sécurité », a-t-il insisté.
De leur côté, les forces de sécurité se disent toujours ouvertes à la collaboration. « Le ministre a donné des instructions. Nous allons nous unir davantage avec les populations pour un maillage du territoire national », a fait savoir le commissaire Jean-Gabin Gbèwa.  Les questions d’insécurité et de terrorisme n’étant pas propres à un pays, le ministre Alassane Séidou compte aussi sur la convergence des actions sur le plan régional. Allusion faite surtout à l’Initiative d’Accra qui permet à six pays de la sous-régionde fédérer leurs énergies. « On doit vaincre le terrorisme. Nous n’avons pas le choix », rassure le ministre.
La stratégie du gouvernement pour l’instauration de la paix et de la sécurité est bien appréciée sur le plan continental. Pour preuve, en 2019, le Bénin a reçu le prix de la sécurisation et de la fluidité des corridors.
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