Bilan du gouvernement Talon: Au pays des Saint Thomas

Par Kokouvi EKLOU,

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Le Président de la République Patrice TALON

En dépit des réalisations citées à son actif en guise de bilan en deux ans, le scepticisme des Béninois n’est pas pour améliorer l’image du gouvernement.

Jamais un chef d’Etat n’aura fait tant rêver les Béninois à son avènement au pouvoir. Huit mois après son investiture, Patrice Talon a su décliner en actions ce qui constitue sa vision pour le Bénin au titre du quinquennat 2016-2012 en révélant à ses compatriotes le Programme d’actions du gouvernement (Pag), le 16 décembre 2016. Aussi bien par son contenu que par l’orchestration de sa cérémonie de lancement, le document a tôt suscité émerveillement tant il nourrit l’espoir d’un Bénin meilleur avec des investissements massifs estimés à plus de 9 000 milliards de francs Cfa et des réformes structurelles. Quarante-cinq projets phares dans neuf secteurs stratégiques devraient acter sa réalisation au bonheur des populations aspirant à une bonne gouvernance. 

A l’évidence que les investissements annoncés à travers ce programme sont peu ou prou visibles, plus de deux ans après sa présentation, il n’en demeure pas moins que les réformes clamées tout au long de la campagne présidentielle par le locataire du palais de la Marina depuis avril 2016 aient tristement ravi la vedette à toute initiative de développement entreprise par le gouvernement. Affectées directement ou indirectement par les réformes notamment les opérations de déguerpissement, les populations accusent le coup, montrant tôt leur hostilité à voir s’opérer des changements qualitatifs et positifs dans l’intérêt du peuple tout entier.
Quoique le bien-fondé de ces opérations de déguerpissement ait été maintes fois justifié, les populations ont vite pris les pouvoirs publics pour cibles. Celui qu’ils ont plébiscité, quelques mois plus tôt, est devenu la cause de leurs malheurs. La morosité économique ambiante, à leur entendement, tirerait sa source dans l’incapacité du gouvernement à juguler les effets d’une crise financière sous-régionale, voire internationale marquée par la récession nigériane. Face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien et au fait que « l’argent ne circule pas », nombre de citoyens s’emmurent dans le doute, voire dans un total scepticisme. Des critiques nourries de toutes parts voient le jour et les dirigeants sont voués aux gémonies.
En dépit de l’appel du président de la République à avoir foi en lui et en la relance économique du pays sous le fait des réformes, l’impatience de ses concitoyens est grande et il est loin de les apaiser. La fronde sociale observée depuis lors témoigne des attentes.
Pour le commun des Béninois, rien de concret n’est fait, deux ans après l’investiture de Patrice Talon. Même si les membres du gouvernement défendent bec et ongle un bilan marqué par le démarrage des travaux de construction de nombreuses voies telles que celles de Porto-Novo – Akpro-Missérété, de Natitingou – Boukombé – Korontière, de Savalou –
Djougou, de l’aéroport international de Glo-Djigbé, de l’aménagement de la Route des pêches ou d’autres projets structurants dans le domaine du tourisme, leurs détracteurs se plaisent à égrener la liste des projets annoncés au tout début du mandat et non encore concrétisés. Surfant sur la fin des études de faisabilité desdits projets, le gouvernement rassure que le projet d’asphaltage des rues de Cotonou, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Lokossa, Parakou, Ouidah, Abomey, Bohicon et Natitingou démarrera sous peu et qu’il n’est pas question de remettre en cause les réalisations qui en découleraient.
S’agissant du volet social où l’on ressasse un moindre engagement du gouvernement de la Rupture, celui-ci montre patte blanche et se fait passer pour le bon samaritain de service. Mieux que par le passé, l’intérêt que manifeste le gouvernement pour les couches vulnérables et plus pauvres est brandi pour répondre à des critiques acerbes et peu cordiales à son endroit. Mais loin de ces répliques qui ne manquent pas de lever certaines équivoques, les dirigeants devront faire mieux pour qu’au terme du mandat en 2021, le peuple n’ait pas à regretter son choix. Il devra bien se nourrir des grandes réalisations marquantes du quinquennat et se donner des raisons d’y avoir cru au moment où certains incrédules, tels des St Thomas, juraient de l’échec de Patrice Talon. Se faire porter en triomphe par le peuple béninois passera aussi par la maestria avec laquelle l’on règlerait des problèmes cruciaux tels que la fronde sociale.