Bintou Chabi Adam Taro a/s Prochaine présidentielle: « Sans la colistière de Talon, la place du genre aurait été vide »

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La colistière de Patrice Talon est la seule femme provisoirement retenue par la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour représenter la gent féminine à la prochaine présidentielle. A l’instar des féministes qui s’en réjouissent, Bintou Chabi Adam Taro, ancienne ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, y voit aussi une chance pour rétablir le genre et un tremplin pour l’ascension des femmes à la magistrature suprême. Mais avant, elle insiste sur le leadership féminin, l’éducation des filles et la lutte contre les stéréotypes pour y arriver.

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La Nation : Elles étaient trois à rêver de la magistrature suprême au départ, dont deux candidatures titulaires. A l’arrivée, ces dernières ont été éliminées avant la compétition selon la liste provisoire de la Commission électorale nationale autonome (Cena). N’est-ce pas un échec pour la gent féminine ?

Bintou Chabi Adam Taro : Dans tous les pays du monde, toutes celles ou tous ceux qui aspirent à la magistrature suprême n’y parviennent pas toujours, étant donné qu’il y a des règles à respecter. Je n’y vois donc aucun échec pour la gent féminine. La dévolution ou l’accession au pouvoir est d’abord et avant tout une question de respect des règles établies. C’est heureux que pour les échéances à venir, plusieurs femmes aient eu le rêve et le courage de briguer le fauteuil présidentiel. Si certaines femmes ont été éliminées pour diverses raisons, je me réjouis du fait que des trois duos retenus provisoirement par la Commission électorale nationale autonome (Cena), se trouve une femme, en la personne de Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, colistière du candidat Patrice Talon. Je lui tire un grand coup de chapeau et salue sa présence sans laquelle la place du genre aurait été vide. C’est un honneur pour nous les femmes d’être représentées par elle.

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Faut-il incriminer le défaut de leadership des femmes au regard de la liste provisoire de la Cena ?

Je ne partage pas ce point de vue. Au contraire, il faut saluer le choix de la vice-présidente de l’Assemblée nationale dont les mérites ont été reconnus.
Mariam Chabi Talata Zimé
Yérima est un exemple de femme compétente, militante engagée avec un parcours très riche. Le leadership des femmes se révèle de plus en plus. Cette brave femme a fait déjà ses preuves avec un parcours assez élogieux.
N’est pas enseignante qui veut mais qui peut se maîtriser lui-même avant de maîtriser les enfants de tous horizons, de diverses éducations et réussir à les discipliner et leur inculquer le savoir. C’est une responsabilité énorme à laquelle la vice-présidente a fait face au cours de sa carrière professionnelle avec amour, conviction et abnégation. C’est une femme pieuse, sage et humble, une femme au foyer, une mère et une épouse exemplaire. Elle a su concilier tous ses rôles avec la politique dans le respect de sa personne et des autres.
Enseignante, inspectrice, éducatrice, élue communale, directrice technique, elle a su s’adapter très rapidement à son rôle de vice-présidente de l’Assemblée nationale. J’ai foi que le duo Talon-Talata fera mouche face à l’important travail à abattre dans notre pays. Je m’attends déjà à un quinquennat très riche, florissant et en parfaite symbiose.

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De votre position d’ancienne ministre, croyez-vous aux chances des femmes de diriger un jour ce pays ?

Oui, j’y crois fermement. C’est pourquoi, nous sommes infatigables et persévérantes. J’ai personnellement prié pour qu’une femme soit colistière du candidat Patrice Talon et ma prière a été exaucée comme par miracle.
En effet, à l’annonce de sa candidature par l’Union progressiste, j’ai organisé le 23 janvier dernier à Bassila une prière pour accompagner le candidat Patrice Talon et son colistier jusque-là inconnu.
C’est au cours de cette prière que les réseaux sociaux ont dévoilé le nom de Mariam Talata. J’en étais très émue. Il faut donc reconnaître que, depuis un moment, les femmes jouent de grands rôles au niveau de l’appareil étatique. Mais ne l’oublions pas, nous venons de très loin. Notre culture ne faisait pas trop de place aux femmes à des postes de responsabilité. Mais progressivement les choses évoluent. Donnons le temps au temps. Mon souhait le plus ardent est que, dans quelques mois, notre pays puisse enfin faire sa toute première expérience avec la vice-présidence de la République. Ce faisant, ce sera un pas de géant qui honore et encourage la gent féminine.
Par ailleurs, grâce aux réformes du système partisan, bientôt le Parlement, haut lieu décisionnel, connaîtra l’implication de beaucoup de femmes. Ainsi, les choses pourraient évoluer positivement en faveur de la femme, dans tous les secteurs.

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Quels leviers doivent-elles actionner pour briguer la magistrature suprême vu que tous les efforts, à ce jour, sont restés vains?

Loin d’être vains, les efforts commencent par porter des fruits. Des femmes, certes en nombre réduit, occupent déjà des postes de responsabilité élevée où elles tiennent vaillamment. Mais pour que les efforts soient véritablement couronnés de succès, il faut beaucoup de courage et de persévérance. Il faut surtout mettre un accent sur l’éducation et la formation des filles et faire en sorte que toutes les politiques en direction de cet idéal s’intensifient. Nous devons beaucoup encourager les femmes à militer dans les organisations associatives et surtout en politique.
Partout où elle se trouve, la femme doit donner le bon exemple, se respecter, respecter les autres et faire de la bonne gouvernance, son credo. Il faut également se départir des influences sociologiques qui freinent l’ascension des femmes. J’exhorte toutes les femmes à se mettre sans relâche au travail et à croire en leurs capacités de leader.