Blocage dans l’élection des maires: Les conseils communaux attendent un fil d’Ariane ?

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Plus rien ne bouge dans l’élection des maires. Après les 17 rendez-vous manqués de la semaine dernière, plusieurs reports et suspensions ont déjà été notés cette semaine. Tout indique que les conseils communaux ont du mal à se décider à pourvoir aux fonctions de maire et d’adjoints au maire.

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Dans toutes les communes, le scénario est pratiquement le même. Après l’installation du conseil, l’élection du maire se heurte à l’indécision et la mésentente des élus puis est simplement reportée. Soit il n’y a pas de candidats aux fonctions de maire et adjoints au maire, soit il y a plus de candidats qu’il n’en faut, ou le candidat de la liste majoritaire est désavoué par ses propres pairs en plénière. Et dans ces conditions, le préfet suspend la séance pour défaut d’entente. C’est ce à quoi l’on a eu droit dans les communes programmées du lundi 1er au mardi 2 juin pour l’installation du conseil et l’élection de bureau exécutif. C’est dire qu’il n’y a pas eu d’élection aboutie de maire et adjoints au maire cette semaine. A Cotonou, Calavi, Lokossa,
Sèmè-Podji, Bohicon…, l’installation des conseils a débouché sur le report des élections du bureau exécutif. Cela pose un problème de discipline et d’harmonie au sein des partis politiques qui, malgré leur majorité absolue, n’arrivent pas à s’entendre démocratiquement sur le choix de leurs représentants. Les partis politiques dans leur règlement intérieur devraient avoir prévu les modes d’élection à l’interne et devraient s’en tenir à cela. La démocratie commence à la base.
Etant donné que les partis majoritaires se sont montrés incapables de dégager en leur sein les candidats aux fonctions de maire et d’adjoints au maire, il a bien fallu revoir les textes. Les candidats proposés par les partis majoritaires n’ont pas l’adhésion de tous leurs pairs et ces derniers ne sont pas disposés à suivre la dynamique du groupe, tant qu’ils ne se reconnaitront pas dans les candidats proposés. L’en témoigne la déclaration de certains élus de Bohicon qui se sont désolidarisés de leurs pairs et ont déjà soumis au leader du parti, Abdoulaye Bio
Tchané, leurs propositions pour la constitution du bureau exécutif de Bohicon. Les dispositions du Code électoral, en la matière, n’arrangent visiblement pas les conseillers. La prérogative de la proposition du maire par le parti ayant la majorité absolue réduit la marge de manœuvre et ne répond pas au désir de tous. Certains élus se trouvant dans le parti minoritaire voient leur ambition court-circuitée par cette disposition alors même qu’ils auraient pu obtenir un vote majoritaire s’ils étaient proposés. Dans ces conditions, ne fallait-il pas revenir au mode classique de vote ? Autrement dit, faire fi de la prérogative accordée au parti majoritaire pour laisser place à un scrutin uninominal ouvert, à la majorité absolue avec autant de tours qu’il sera nécessaire. Auquel cas, il faudra modifier le Code électoral. Au regard de la fréquence de modification du Code électoral depuis l’ère démocratique, l’on se rend à l’évidence que le hic, ce sont moins les textes que les acteurs politiques trop attachés à leurs intérêts particuliers.

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